Middleware RFID, un poumon qui souffre d'une intégration au SI trop artisanale
Un marché fragmenté
Aujourd'hui, le marché des middlewares RFID reste très atomisé, confirme Jean-Philippe Leclercq, responsable partenariat du Pôle Traçabilité, pôle de compétitivité localisé à Valence, spécialisé dans la thématique de la traçabilité . Avec d'un côté, les ténors des applications d'entreprises (base de données ou ERP), comme Oracle, Microsoft et SAP, et de l'autre, des spécialistes dont une des particularités est de se positionner sur des marchés verticaux.
« Pratiquement tous les éditeurs de d'infrastructures que ce soit Oracle, Sybase ou Progress Software, ont une offre adaptée RFID », commente Salem m'Zebla, consultant indépendant.
L'offre logicielle est donc majoritairement entre les mains des ténors du secteur. Reste encore à les différencier en comparant « l' aptitude des middlewares à intégrer l'ensemble des composants matériels. » Car une des contraintes premières du logiciel est de pouvoir gérer, à l'autre bout de la chaîne, une grande diversité de portiques et lecteurs, dont le marché fourmille. Un simple coup d'oeil dans les allées du salon RFID 2008 démontrait que le segment de la lecture de tag RFID est en plein effervescence.
« La difficulté du RFID est qu'il s'agit d'un marché extrêmement fragmenté. Du fondeur de silicium aux constructeurs qui intègrent la puce dans un smart label (étiquette imprimée comportant un transpondeur), on a un large spectre d'intervenants. Puis viennent ceux qui font les lecteurs. Et même chose pour les middlewares. Pour les clients, la difficulté est ainsi de savoir quelle est l'offre la plus adaptée. […] On reste dans des logiques de captation de marché, où les ténors de l'ERP tiennent le haut du pavé », explique Salem m'Zebla.
L'intégration par l'exemple
En dépit des standards EPCIS et ALE définis par EPC Global (voir encadré), l'intégration des middlewares RFID dans un système d'entreprise reste une démarche très artisanale. Pas assez de retours d'expérience, des pilotes à rallonge, des environnements complexes et parfois trop propriétaires, les recommandations des analystes invitent à la prudence. Et surtout à cumuler les tests pour s'assurer d'un fonctionnement adéquat.
C'est l'avis de Laurent Gonzalez : « Vous pouvez modéliser un système, mais rien ne donnera un meilleur retour d'expérience que de tester la solution dans votre environnement. C'est le seul moyen de gérer les imprévus, comme les problèmes d'interférences. Il s'agit de profiter du retour d'expérience qui commence à être réel chez les intégrateurs. » En clair, une démarche d'intégration RFID démarre nécessairement par une approche fonctionnelle, reposant sur des tests en conditions réelles.
Reste qu'aujourd'hui, c'est bien là que le bât blesse. Lorsqu'il s'agit d'aborder l'intégration de middleware RFID dans le SI, « on est plutôt dans une approche empirique que dans une approche systémique », insiste Salem M'Zebla. « Nous n'avons pas de recul suffisant pour pouvoir analyser suffisamment les pilotes dans chaque métier. Les projets ne sont pour l'heure pas finalisés. On en est encore au stade de l'EPCIS qui constitue ainsi, pour l'heure, la seule passerelle formalisée pour l'intégration d'un middleware RFID au plus près des processus d'une entreprise ».
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Par PGAUTIER



