Tendance #10 : L’information à la Demande (Information as a Service) : décloisonner l’information des applications de gestion.
L’enjeu : Connaissez-vous la loi Chatel ? Dans l’assurance, par exemple, elle protège l’assuré pour éviter qu’il ne se retrouve sans assurance en phase de renouvellement de son contrat. Mais, dans le même temps, elle oblige l’assureur à mieux informer l’assuré pour qu’il connaisse la date limite de résiliation du contrat au cas où il ne souhaite pas le ré-engager par tacite reconduction. Cette loi a été à l’origine de bien des contrariétés dans les directions informatiques, car elle obligeait à faire apparaitre sur les factures des informations apparant sur les contrats. Or, chez beaucoup d’assureurs, l’information était bien sur disponible dans leurs systèmes d’information mais il n’avait pas été initialement prévu de l’exposer au client dans le cadre du processus de facturation. Dans l’assurance ou ailleurs, bien des informations sont ainsi prisonnières de leur contexte d’utilisation, et la caution qu’il faut payer pour les en libérer ne fait que croitre avec le temps.
Pourtant, de nouvelles sources de valeur peuvent être mises en évidence quand l’information est utilisée sous une forme innovante, dans un contexte différent de celui qui a permis de la capter. La possibilité d’accéder l’information indépendamment de toute enveloppe ouvre de nouvelles perspectives en termes d’analyse, pour une utilisation par des personnes. Mais elle procure aussi, comme dans l’exemple de la loi Chatel, un moyen pour résoudre les lourdeurs liées aux interfaces inter-applications. Dans ce dernier cas, l’information à la demande devient alors un service d’une architecture orientée services, ou SOA.
L’Internet nous illustre tous les jours la puissance de ce concept. Les comparateurs de prix sont un exemple connu de tous. Plus récemment, on a vu apparaitre des applications combinant des services de type pages jaunes, de fonctions de géo-localisation et les technologies du GPS pour ouvrir de nouveaux horizons au commerce de proximité. De leur côté, des sites comme Webmii ou 123people nous étonne, nous font réfléchir ou frémir sur notre identité numérique publique, au moment même ou de grands acteurs comme Google ou Microsoft s’intéressent de très près à la gestion du dossier médical personnel.
Quelles sont les technologies sous jacentes à ces évolution ? Beaucoup on été évoquées précédemment au fil des autres tendances émergentes. Il convient d’y ajouter les solutions dites de méta-data management, qui permettent de décrire l’information et donc de la rendre exploitable indépendamment d’autres contextes applicatifs. On pense aussi aux solutions de fédération de données qui permettent de faire comme si les données étaient consolidées dans une base de données centralisée alors qu’en réalité elles sont réparties en plusieurs lieux dans l’entreprise ou ailleurs.
Un exemple concret de mise en application de cette tendance : promouvoir la collectivité territoriale, communiquer sur les actions politiques et rendre compte de manière transparente de leurs résultats est un enjeu pour les communes, départements, ou régions. Leur mission de service public est donc aussi de mettre à disposition des entreprises ou des citoyens installés dans la région, ou qui envisagent de s’y installer, les informations dont ils ont besoin sur la santé, l’éducation, les transports, le développement durable….
C’est pourquoi, cette région a mis en place en place un observatoire économique et social. Celui-ci fédère les informations jusque là collectées par une vingtaine d’observatoires régionaux, eux-mêmes alimentés par une cinquantaine de fournisseurs de données différents aussi variés que l’Ademe, les Assedic, le rectorat, les offices de tourismes, etc. Réalisé principalement au moyen de solutions open source, l’application met en commun les sources d’informations hétérogènes, gère leur qualité et leur rafraîchissement régulier, et les met à disposition sous différentes formes : tableaux, graphiques et analyse géographiques. Les données, librement accessibles sous la forme d’un portail sur Internet, sont également exportables et les représentations cartographiques éditables, à condition bien évidement de respecter les règles d’utilisation des données mentionnées sur le site.














