La montée du Saas pousse les développeurs à changer leurs pratiques 

Le 19 janvier 2009 (09:42) - par Cyrille Chausson

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Rubriques : SaaS - Web 2.0 - Outils de développement - Cloud et Grid Computing Tags : saas - web2-0 - developpement

La montée en puissance des applications Saas dans les entreprises, soulignée dans la dernière étude d'Evans Data, entraîne une mutation des cycles de production de développement. Maintenance et mise à jour transparente, coût allégé, rentabilité immédiate des développements, déploiement centralisé forment aujourd'hui les principaux avantages de développer des applications en mode Saas.

Dans une contexte propice aux réductions de budgets et au traditionnel « faire plus avec moins » (voire faire autant avec encore moins), les entreprises lorgnent sur les modèles d'applications hébergées Saas (Software As a service) qui leur permettent de presser leurs coûts jusqu'au dernier jus. Conséquence directe de cette nouvelle orientation, les carnets de commande des éditeurs s'étoffent de projets Saas; les développeurs se préparent de leur côté à une mutation des pratiques traditionnelles, mutation tenant compte des cycles de production propres aux applications Saas.

C'est l'un des bilans que l'on pourrait tirer de la dernière étude du cabinet Evans Data, lequel a sondé quelque 1 300 développeurs mondiaux. Selon les résultats de cette même étude, plus de la moitié des développeurs mondiaux (51,9%) se prépareraient à développer des applications en mode hébergé (Saas) dans les 12 prochains mois. Délaissant petit à petit le modèle d'application lourde classique qui ne convient plus forcément au mode de consommation logicielle des entreprises. 

Avec 30 % de chantiers Saas déjà existants, les développeurs d'Amérique du Nord sont actuellement les plus en avance dans l'adoption du modèle. Devant les développeurs européens qui promettent, pour 53% d'entre eux, de basculer vers le Saas d'ici un an.

Une preuve que le Saas gagne en popularité dans les entreprises, commente John Andrews, Pdg d' Evans Data, qui réaffirme que le modèle Saas tend à remplacer le modèle plus traditionnel reposant sur les licences logicielles. Attirées par la rapidité du déploiement, par la transparence de la maintenance – transférée dans les mains de l'éditeur -, et  par « un retour immédiat des fonctionnalités définies dans le cahier des charges », ajoute Guillaume Louvel, gérant fondateur de la jeune société Akelio (localisé au Mans), qui développe Accolab, une plateforme collaborative hébergée. Tout en expliquant que chez les PME – qui constituent la cible n°1 d'Akelia -, le manque de compétence informatique en interne pousse aussi vers l'usage du Saas. Bref un ROI plus rapide et un allégement des contraintes techniques.

Le développement de fonctionnalités privilégié

Derrière, chez les développeurs, on est presque soulagé. Tant le modèle Saas place « l'utile » immédiatement sur le devant de la scène. C'est que qu'explique Guillaume Louvel, qui place en avantage n°1 du développement Saas, la capacité du modèle à inverser le cycle de production. A l'inverse d'un modèle reposant sur le client lourd « où on passe 80% de son temps à débugger et 20 % sur l'enrichissement de la plateforme », le Saas permet de se concentrer en permanence sur l'ajout de nouvelles fonctionnalités. Les opérations de maintenance et de debugging ayant lieu sur une unique plateforme et non plus en direct chez les clients. Une seule version à gérer, des processus de mises à jour allégés, pas d'installation chez le client, des corrections de bogues linéaire et centralisées... Bref, les temps de maintenance sont réduits grâce à l'aspect centralisé de l'infrastructure, explique-t-il en substance. Un bénéfice redoutable lorsqu'on aborde la dimension des coûts de production, qui se voient alors réduits.

Des économies multiples

Là où le lourd modèle classique de développement met l'accent sur la maintenance, le modèle Saas propose, lui, de se focaliser sur l'utile pour en faire bénéficier, en retour, le client (on parle aussi d'abonné) en direct. Face à des coûts de production amoindris, c'est la facture du client qui fond également. Un bienfait surtout «  en temps de crise où les budgets sont serrés et où il faut aller vite en permanence », commente Guillaume Louvel.

Reste que c'est bien par l'usage que le Saas devrait continuer sa progression. Et pas uniquement parce que le contexte de crise rend propice toutes réflexions liées à la rationalisation des coûts, et ainsi au Saas. Car une fois le mode adopté, et la consommation à la carte entrée dans les lignes budgétaires, les entreprises pourront-elles revenir à l'ancien modèle ?

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