Les informaticiens français sont très pessimistes quant à l’évolution de leur rémunération. C’est en tout cas le résultat de notre enquête, à laquelle près de 200 de nos lecteurs ont répondu (voir leur profil en dernière page). Tout comme en 2008, près des deux-tiers des répondants (62 %) se disent pessimistes pour leur salaire dans les années à venir. Si ce sentiment devait être confirmé par les faits, c’est le pouvoir d’achat de toute une profession qui en prendrait un coup. Déjà 68 % des informaticiens interrogés déclarent n’avoir perçu aucune augmentation depuis plus d’un an. Les augmentations sont donc rares… et chiches. Pour près de 70 % des informaticiens, la dernière évolution enregistrée était inférieure à 5 %. Assez logique dans une période de crise qui a vu de nombreux acteurs mettre en place au mieux des politiques de modérations salariales et, plus souvent, un gel des salaires. Sans parler des tentatives de réduction des rémunérations, comme chez HP France.
Un salaire moyen qui stagne
Reste des disparités fortes (voir le graphique ci-dessous) dans le traitement et un salaire moyen qui, à 43 500 euros bruts annuel, stagne par rapport à 2008. A l’embauche, l’Apec estimait récemment qu’en SSII la rémunération proposée se montait à 35 000 €. Surtout, les émoluments du secteur sont loin d’atteindre ceux enregistrés aux Etats-Unis où la moyenne des rémunérations pour les informaticiens se monte à 77 429 dollars, dans un pays où le prix des biens de consommation courants est, lui, inférieur.
Pour progresser, le mérite mais surtout le changement d’entreprises
Même si les perspectives se sont réduites, les évolutions restent possibles selon les informaticiens interrogés. Elles ne passent pas par l’action collective, comme aurait pu le laisser présager les poussées de fièvre enregistrées lors de l’automne 2008, qui avaient vu différentes organisations syndicales de SSII descendre dans la rue, une première pour le secteur. Pour plus de la moitié des personnes interrogées, les négociations générales pour les salaires sont en panne et ne débouchent sur rien de consistant. Pire, 70 % des répondats estiment qu’aucun début de mobilisation n’existe sur la question salariale dans leur entreprise.
Les solutions individuelles et radicales sont donc privilégiées, à commencer par le changement d’entreprises. 70 % des informaticiens estiment qu’il s’agit de la meilleure manière de voir sa rémunération évoluer, même si nombreux sont ceux à croire à un système méritocratique. Ils sont même plus que l’an passé puisque, par rapport à 2008, les compétences reprennent le pas sur le réseau relationnel dans l'obtention des augmentations.
Bouger plus pour gagner plus
Cependant la mobilité demeure le chemin le plus court pour gagner plus. Et de plus en plus de salariés envisagent de quitter leur structure dans les 12 mois qui viennent (70 % contre 65 % en 2008), en dépit des difficultés croissantes sur le marché de l’emploi. Mais rien ne dit cependant que bouger suffise en raison du gel des salaires décrété dans nombre de sociétés.
Pas loin du quart des entreprises interrogées récemment par le cabinet Mercer affirme prévoir un gel des salaires pour l’année 2010. Un niveau élevé, même si 2009 aura sans doute été bien pire. A la même question fin 2008, les personnes interrogées étaient 47 % à prévoir une stagnation des rémunérations pour 2009.
La rémunération des informaticiens en 2009 (source LeMagIT)















