Au-delà de la sortie de ces produits - qui pourraient passer pour un nouveau hype technologique pour une base installée qui peine à évoluer -, SAP a garanti que les grands comptes sous Business Suite (son ERP majeur actuel), mais aussi sous R/3 (jusqu'à la version 4.6) pourront tirer parti de In-Memory. Ces appliances accéléreront aussi les entrepôts BO et BW. Le tout sans rupture et sans risque, ont martelé les deux dirigeants. De facto, Hasso Plattner a détaillé un chemin de migration, permettant de passer de la base de données actuelle, suppléée par un entrepôt de données pour le décisionnel, à l'architecture cible de SAP, où ERP et outils de reporting viennent attaquer la même base.
Migration : la politique des petits pas
Démarrant par la mise en place de l'appliance répliquant la base de données en fonctionnement, en parallèle de l'architecture existante, pour aboutir à l'élimination du SGBDR actuel et de l'entrepôt de données, le projet de migration présenté par Hasso Plattner (ci-dessous) privilégie la politique des petits pas. "Les entreprises n'ont ni le temps, ni les ressources en termes de personnel, ni l'argent pour s'engager dans des projets de migration lourds. Et même si elles les avaient, elles ne souhaitent pas prendre de risque avec les systèmes en place", a-t-il justifié. D'où une mise en place par étape et la garantie que l'ERP en place, qu'il s'agisse de Business Suite ou de R/3, ne sera pas affecté par les changements sous-jacents. Reste toutefois à préciser la réelle équation économique de cette migration, même si SAP assure que chacune des 4 étapes détaillées par son co-fondateur amène des gains, même prise isolément.

Pour Hasso Plattner, In-Memory s'apparente à une innovation susceptible de changer les règles du jeu dans l'informatique d'entreprise. Non plus par les apports fonctionnels, mais bien par un bouleversement des architectures, comme l'avait fait R/3 en 1992. Un bouleversement qui remet en cause la place des principales bases relationnelles sur lesquelles reposent aujourd'hui les environnements SAP : IBM DB2, Microsoft SQL Server et surtout Oracle bien sûr. Un partenaire, mais surtout un rival, qui doit son succès notamment aux besoins de performances des grands ERP, donc largement à SAP. Aujourd'hui, Oracle voit ce dernier reprendre son destin en mains en proposant une alternative à ses moteurs de bases de données, qui ont des années durant servi l'expansion des ERP avant, du fait de la complexité des relations entre les deux environnements, d'en geler l'évolution. "Une fois le changement de base de données effectué, je n'arrive pas à penser à une modification qui puisse prendre plus d'une heure, a expliqué Hasso Plattner, faisant référence notamment à l'ajout d'attributs dans des tables. Ce n'est pas que nous voulions chasser les éditeurs de bases de données traditionnelles, mais, avec le temps, ces technologies sont devenues superflues."
En complément :
- SAP et le Saas : lancement de la dernière chance pour Business ByDesign
- SAP-Sybase : gardez In-Memory en mémoire
- In-Memory : comment SAP compte ringardiser les bases de données (et surtout marginaliser Oracle)
- Voir la vidéo de la conférence de Vishal Sikka et Hasso Plattner (vidéo SAP)








Par Jean-Michel Franco








