Six semaines ; une éternité dans la vie d’une entreprise, notamment quand il s'agit d'un groupe international de vente de détail. C’est pourtant le temps qu’il faudrait aujourd’hui au groupe Casino pour remettre intégralement en production ses applications critiques. La démarche de reprise d’activité après sinistre majeur a toutefois sérieusement démarré en 2007, année au cours de laquelle le groupe a déployé des solutions NetVault pour sauvegarder quotidiennement ses bases de données Teradata. Christophe Chevalier, directeur de l’innovation pour le SI du groupe Casino, précise les volumes de données en jeu : environ 4,4 To de données brutes (hors index des tables, NDLR) par jour pour les sept applications les plus critiques du groupe – statistiques des marges, scoring des fournisseurs, gestion des achats et de la chaîne d’approvisionnement, gestion comptable et marketing client, notamment.
Saisir une opportunité
Si l’idée de l’élaboration d’un plan de reprise de l’activité (PRA) n’est pas récente au sein du groupe Casino – elle remonte au début de la décennie –, ce n’est donc qu’en 2009 que ce PRA sera pleinement opérationnel avec un délai de reprise de 24 heures. Pourquoi une telle attente ? En lui-même, le PRA est opérationnel depuis 2005 – sauf pour les systèmes Teradata, question qui n'a donc été réglée qu’en 2007. Mais, la reprise complète d’activité n'est malgré tout possible que sous un délai de six semaines. Christophe Chevalier semble donc avoir saisi l’opportunité d’une évolution majeure de l’architecture de production de ses applications critiques. En particulier, toute trace de logiciels Oracle doit disparaître au profit des solutions Teradata pour supporter l’intégralité du système décisionnel du groupe, du domaine opérationnel au domaine financier (avec SAP BW). Une aubaine, comme Christophe Chevalier l’explique lui-même : c’est l’ancien système de production qui servira de doublure de secours au nouveau.
De fait, les données des applications critiques seront sauvegardées sur les systèmes NetVault quotidiennement, puis dupliquées vers les systèmes NetVault de l’environnement redondant ; la copie issue de la duplication étant restaurée sur les anciens systèmes de production. A la clé, la possibilité de reprendre, en cas de sinistre majeur, l’activité en moins d'une journée avec, au pire, des données intègres à J-2, ou J-1 au mieux. Un progrès énorme. La solution doit être testée mi-novembre. Une interrogation loin d’être négligeable devra alors trouver une réponse : « comment revenir de l’environnement de secours à l’environnement de production ? »
Plus qu’une dépense
Comme pour montrer qu’assurer la continuité de l’activité n’est pas qu’un poste de dépense, mais peut aussi contribuer à produire de la richesse pour l’entreprise, Christophe Chevalier souligne que la mise en œuvre de ce programme de reprise d’activité doit permettre de développer au moins une nouvelle application liée à la fidélisation de la clientèle. Baptisée MC2, cette dernière vise à offrir aux clients adhérents aux programmes de fidélité du groupe une liste de courses pré-configurée en fonction de leurs achats antérieurs – liste modifiable sur le Web, mais aussi accessible via un terminal mobile. En magasin, après identification, un scanner de codes barres intelligent pourra les guider dans les rayons en fonction de ladite liste de courses. Une application qui, selon Christophe Chevalier, n’aurait pas été possible sans garantie de haute disponibilité sur les applications critiques de gestion de la relation clientèle. MC2 doit être lancée début 2010.
| Uniquement le système décisionnel |
| Lors d'un entretien sur la conférence partenaires de Teradata, qui se déroule actuellement à Washington, aux Etat-Unis, Christophe Chevalier a tenu à souligner que le délai de remise en production évoqué ici ne concerne que les applications du système décisionnel du groupe Casino, et à fortiori les sept identifiées comme critiques par ses utilisateurs. Le système d'information opérationnel du groupe est également couvert par un PRA, mais Christophe Chevalier n'a pas souhaité en détailler les caractéristiques. |















