Eviter les mouvements d'humeur de la « démocratie actionnariale ». En publiant en fin de semaine dernière deux copieux rapports sur l'affaire Kerviel, la Société Générale, banque victime d'une fraude de près de 5 milliards en janvier dernier, espère éviter les questions par trop embarrassantes lors de son assemblée générale du 27 mai. Illusoire certainement, au vu de la morgue qu'affichent certains petits porteurs lors de ces réunions.
Ces rapports, fruits des travaux diligentés par le comité spécial, créé le 30 janvier et qui vient de s'auto-dissoudre, suit un premier document d'étape émanant de l'audit interne de la banque et qui détaillait les contrôles auxquels était parvenu à échapper Jérôme Kerviel.
Les deux documents mis en ligne dernièrement relatent d'une part les conclusions définitives de l'inspection interne ainsi que celles d'une seconde mission, confiée à PricewaterhouseCoopers (PwC) Audit, visant à « établir un diagnostic sur les faiblesses du dispositif de contrôle interne ayant rendu possible la fraude » et « analyser la cohérence et la pertinence des plans d’action décidés par la banque pour remédier aux faiblesses identifiées ».
Une informatique qui ne suivait pas
Dans la lignée du premier rapport, les conclusions du comité spécial soulignent l'habileté du trader à dissimuler ses positions, mais aussi les défaillances des contrôles et, une première, de la hiérarchie directe de Jérôme Kerviel. Pour la première fois encore, l'audit interne relève que le trader bénéficiait d'une complicité en interne, celle d'un assistant trader qui aurait enregistré « près de 15 % des transactions fictives » de Jérôme Kerviel. A cette nuance près, la thèse de la banque reste inchangée : le trader a agi seul (enfin presque...) à l'insu de sa hiérarchie et de ses collègues. Une vision que contestent les défenseurs de Kerviel et sur le fond de laquelle devra se prononcer la justice.














