Sécurité des cartes bancaires : le chercheur qui a mis la faille au jour s'explique 

Le 21 janvier 2010 (16:23) - par Valery Marchive

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Rubriques : Sécurité Tags : securite - faille - fraude - carte-bancaire - cambridge - steven-murdoch - ross-anderson

Né outre-Manche, le buzz lié aux questionnements sur la sécurité des cartes bancaires à puce débarque en France. Une arrivée motivée par la diffusion attendue pour février des instructions permettant de réaliser un dispositif trompant les terminaux de paiement en leur faisant croire que le code d’identifiant personnel du porteur de la carte a bien été validé. Le fruit d’un travail de recherche de plusieurs années de l’équipe du Dr Ross Anderson, de l’Université de Cambridge, et en particulier de son acolyte, le Dr Steven J. Murdoch. Ce dernier s'explique dans nos colonnes.
Sécurité des cartes bancaires : le chercheur qui a mis la faille au jour s'explique

Repris en écho par nos confrères du Monde, le Figaro a lancé l’alerte ce jeudi 20 janvier : « Les banques françaises sont mobilisées face à une faille identifiée par un universitaire outre-Manche », une faille qui autoriserait des fraudes conséquentes avec ces cartes bancaires à puce prétendument hautement sécurisées. Branle-bas de combat généralisé ? Pas tant que ça, au grand dam du chercheur qui a révélé la faille aux autorités concernées, Steven J. Murdoch.

Joint par téléphone par LeMagIT, celui-ci explique : « l’attaque permet à un fraudeur d’utiliser une carte de paiement à puce volée pour régler un achat, via un terminal de paiement électronique non modifié, sans connaître le code PIN du porteur légitime de la carte bancaire. » Le plus grave, peut-être, étant selon lui que « le reçu indique que la transaction a été autorisée par code PIN », du moins était-ce le cas lors de ses tests au Royaume-Uni, pour des transactions de type offline comme online – à savoir avec ou sans communication avec les serveurs de contrôle des transactions.

"Il est probable que d’autres aient découvert la faille avant nous"

Du coup, il serait particulièrement difficile, pour le porteur de la carte dérobée, de faire la démonstration de sa bonne foi auprès de sa banque… Une déclaration de vol ou de perte ? Certes. Mais comment justifier du fait que les transactions ultérieures aient été autorisées par code PIN alors que ce code est strictement personnel et ne doit pas être communiqué à des tiers. Difficile dans ces conditions de dégager sa responsabilité face à son banquier. La question est d’autant plus importante aux yeux de Steven Murdoch que, modestement, il lui semble probable « que d’autres aient découvert la faille avant nous. » Et que celle-ci ait déjà fait des victimes qui s’ignorent.

Steven J. Murdoch est un vétéran de la sécurité des cartes à puce, un sujet auquel il consacre ses recherches, au sein de l’équipe du Dr Ross Anderson, depuis son arrivée à l’Université de Cambridge, il y a près de 6 ans. A l’automne, le chercheur est d’ailleurs intervenu sur le sujet pour la BBC dans l’émission Inside Out, pour dévoiler au grand public les fruits de ses travaux précédents : le piratage de terminaux de paiement électronique pour récupérer les données des cartes bancaires et leurs codes PIN associés… Le diaporama de sa dernière présentation publique sur le sujet, lors du 26ème congrès Chaos Communication, fin décembre dernier, est disponible depuis peu.

Sans surprise, le GIE Cartes Bancaires minimise

Du côté du GIE Cartes Bancaires, on se veut rassurant. Mais est-ce une surprise ? Pour la direction de la communication du groupement, la nouveauté, ici, c’est la publication attendue en février des indications qui permettront à des fraudeurs d’exploiter la faille découverte par Steven Murdoch. Une exploitation qui semble néanmoins difficile au GIE : « elle nécessite des équipements qui ne sont pas très discrets. » Certes. Mais ils peuvent probablement être miniaturisés. Dans un récent article de la revue de l'organisme de normalisation IEEE, Steven Murdoch se laisse d’ailleurs aller à imaginer une mise en œuvre de ce genre d’attaques par shim-in-the-middle, où l’équipement utilisé pour l’interception des communications entre terminal de paiement et carte à puce se réduit à une feuille. Toutefois, le GIE estime possible d’isoler les transactions frauduleuses, celles qui n’auraient pas vraiment été autorisées par code PIN malgré l’approbation du terminal. Sans préciser comment.

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Pertinence du commentaire : 4
Par paflechien
 Le 21/01/2010 à 17:32
Le GIE Minimise comme dans l'affaire Humpich, puis quand tu démontres, preuves à l'appui , tu te fais tout saisir + garde à vue + fouille rectale etc ..!

QUI SONT LES VRAIS ESCROCS ?
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Par rhinopierroce
 Le 21/01/2010 à 21:56
Exactement !
D'après mes souvenirs, c'était à cause des clés de chiffrement (128 ou 256 bit je crois) qui sont toujours dépassées depuis 20 ans, quand 1024 bit est satisfaisant aujourd'hui.
20 ans donc que rien (ou pas grand chose) n'a changé, mais nos banquiers font tout pour ne pas rembourser les fraudes subies par leur clients (fraude = obligation de remboursement)
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Par Gourmet
 Le 22/01/2010 à 10:07
@rhinopierroce
Suite à l'affaire Humpich (et aussi via l'impulsion d'EMV) la clé est passée à 300 puis à 768 bits.
Justement les 768 bits ont été factorisés la semaine dernière. Bon, les moyens pour factoriser ont été conséquents : calcul distribué sur des milliers de coeurs et cela a pris 2 ans et demi.
Voir http://www.itrmanager.com/articles/99383/inria-casse-cle-rsa-768-bits.html
Retrouver la clé privée utilisée par un réseau permet de générer des cartes (pas forcément associée à un compte il est vrai).
DE toutes les manières, avec ces lobbies ce n'est jamais grave.
Regardez le lobby du nucléaire en France. En 2003, un journaliste avait entrepris de comprendre pourquoi EDF arrosait l'enceinte extérieure de ses réacteurs nucléaires. Légitime non ? Après tout on les a tous payés ces réacteurs. Ben non, aucune communication. Il a eu l'info en Belgique où les réacteurs ont double enceinte tandis qu'en France il n'y a qu'une épaisseur d'où défaut d'isolement (tout comme les fenêtre : simple vitre ou double-vitre).
Dans ce cas, le GIE ne peut facilement poursuivre un étranger tout comme il a pu poursuivre le français Humpich.
En outre, dans ce cas, il n'y a pas eu fraude avérée.
db
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Par TheCyberSeb
 Le 22/01/2010 à 12:52
Il est clair que le GIE a toujours minimiser ce genre de découverte... Serge Humpich en a fait les frais il y a quelques années... Bref, ce sera pareil dans le cas présent, ils vont nous dire que c'est rien... !
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Par Etlavieprivee
 Le 27/01/2010 à 14:20
Cette attaque paraît en pratique assez théorique, il faut que le fraudeur puisse intervenir sur le terminal de paiement. Or l'insertion d'une carte "bricolée", et l'électronique nécessaire ne sont pas très discrètes.
Mais c'est vrai qu'on est tous de plus en plus dépendant de ces cartes dans nos vies quotidiennes. Toute faille peut alors avoir des impacts importants.

Mais en dehors de ce problème, j'ai l'impression que ces cartes deviennent aussi de vrais outils de flicage. J'ai récemment regardé le contenu de ma carte bancaire à l'aide d'un logiciel (logiciel appelé 'cardpeek') et c'est incroyable les quantités d'informations que l'on y trouve, et notamment des dizaines et des dizaines de traces de mes derniers achats et retraits !
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