C’est l’une des principales nouvelles menaces recensées par le Président de la République dans le cadre de son discours sur la réorganisation de la défense nationale : les attaques informatiques. La probabilité d’en voir une survenir est jugée forte. Jusqu’à présent plutôt agitée dans le cadre du développement industriel, commercial ou culturel, la crainte de voir les systèmes d’information attaqués, manipulés ou piratés intègre donc officiellement la doctrine de défense nationale.
Dans un premier temps il s’agira, selon la proposition du livre blanc, d’organiser la défense informatique via une Agence de la sécurité des systèmes d’information, énième « machin » dont la France est coutumière, placée sous la tutelle du
secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale. Actuellement, les Cert (Computer Emergency Response Team) sont les organismes de prévention des risques les plus visibles. Reste que ces centres d'alerte et de réaction aux attaques informatiques ont une vocation par trop transparente pour assumer des missions de défense nationale.
Se défendre... mais aussi attaquer
Au niveau opérationnel, seuls les objectifs généraux ont été dessinés dans le cadre du livre blanc : se défendre donc… mais également attaquer. Selon Nicolas Sarkozy, face aux menaces informatiques, la France sera ainsi doté pour la première fois « de capacités défensives et offensives qui concerneront aussi bien toutes les administrations que les services spécialisés et les armées ». Le livre blanc préconise des « services spécialisés » dépendant de l’état-major des armées qui seront chargés d’envisager l’informatique comme une arme.
Du neuf pour la France donc, mais déjà du retard sur un certain nombre d’organisations militaires. Dans un livre blanc similaire datant de 2006, l’état chinois évoquait une guerre informationelle. On a vu depuis que celle-ci était d’abord menée sur le territoire national. En novembre de la même année, les chefs d’état membres de l’Otan, l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord, s’engageaient à développer la « capacité de protéger des cyberattaques les systèmes d’information qui revêtent une importance capitale pour l’Alliance ».
Développer les écoutes
Selon Nicolas Sarkozy l’accent doit être mis « sur le renseignement notamment d’origine spatiale ». On devrait donc voir pousser plus de « grandes oreilles ». A l’image d’Echelon – le controversé système d’écoute opéré à travers le monde par Les Etats-Unis et quelques uns des ses alliés – la France prévoit de développer un arsenal plus puissant de satellites d'observation, et d’appareils d'écoute électromagnétique.
Il y a quelques mois, Johnny Ryan, chercheur en chef à l’Institute of International and European Affairs, publiait une analyse de ce qu’il nomme l’infoguerre dans le cadre de la revue de l’Otan. Selon lui "l’infoguerre est appelée à proliférer rapidement et peut être menée par quiconque dispose d’une connexion Internet et est capable de suivre des instructions simplifiées en ligne. (…) L’impact pourrait être énorme et les membres de l’Otan n’ont que peu de temps pour envisager une réaction efficace".
Page suivante, le passage du dossier de presse très détaillé concernant le livre blanc sur la défense et la sécurité nationale qui sera en vente en librairie à compter du 18 juin 2008.















