Hasso Plattner précise : "la base sera le système SAP on demand ByDesign". Le futur ERP pour PME en mode Saas de l'éditeur sert donc de laboratoire à une technologie manifestement promise à s'étendre au fleuron de la marque, la Business Suite. "Dans la réécriture des applications existantes, nous pensons réduire le volume de code de plus de 30 % (dans des applications plus formelles de 40 à 50 %). De nombreuses parties peuvent être totalement restructurées en utilisant l'indexation totale offerte par le stockage en colonne", écrit Hasso Plattner.
En option pour Oracle 11g
Reste que la perspective reste encore lointaine et les résultats incertains. "Même s'il ne serait pas surprenant de voir SAP procéder à un rachat dans ce domaine, cet éditeur a toutes les capacités pour développer de nouvelles approches seul", explique François Guérin, responsable avant-vente de Sybase en France. "L'interrogation porte essentiellement sur le temps que mettra SAP à sortir cette technologie et surtout à l'amener à un niveau de maturité suffisant". Pour Ray Wang, associé au sein du cabinet Altimeter Group et spécialiste du marché des ERP, la date de sortie des premières applications reconfigurées pour In-Memory devrait se situer aux environs de 2013 ou 2014.
Car si l'utilisation en production du stockage en mémoire est déjà une réalité, elle reste limitée à des applications très particulières. Le décisionnel donc, où des acteurs comme Sybase (avec IQ) mais aussi SAP (avec BI Accelerator pour BW et aujourd'hui Explorer) l'exploitent. Mais aussi dans des applications pour les salles de marché ou les opérateurs télécoms, par exemple. Tant Oracle que IBM (pour DB2) proposent d'ailleurs des solutions de stockage des données en mémoire venant se positionner au-dessus de leur SGBD traditionnel. TimesTen, l'option d'Oracle, fonctionne ainsi comme "une surcouche de 11g, avec des transmissions asynchrones entre les deux et des systèmes de logs permettant de tracer les actions", explique Jean-François Castella, responsable du département logiciel d'Infotel, SSII spécialiste des bases de données.
Le casse-tête de la migration de la base installée
Ce dernier reste pourtant dubitatif quant aux annonces (ou déclarations d'intention ?) de SAP. "Pour l'instant, il n'y a pas de calendrier de sortie (ou roadmap). Mettre en place une infrastructure avec 1 To de mémoire implique de dépenser environ un million de dollars. Il faut vraiment que le retour sur investissement se justifie ! Aujourd'hui, cela me paraît démesuré sur des applicatifs SAP. Dans le futur, peut-être ce choix se justifiera-t-il du fait de la baisse constante du prix des mémoires".
Et le responsable d'Infotel de pointer une autre difficulté, savamment éludée par SAP pour l'instant : la transition de la base installée, un facteur qui freine d'ailleurs très largement l'innovation dans les ERP. "C'est le plus gros problème, car les applications SAP sont très proches du SGBD qu'il s'agisse d'Oracle ou de DB2. Et vont utiliser des éléments non standards, ce qui complexifie les migrations, explique Jean-François Castella. Avec l'option TimesTen, cela ne marche plus. Le travail sur la connectivité s'annonce donc important. SAP peut certes produire des démos, mais faire tourner cette technologie sur des installations actuelles semble bien plus compliqué."
En complément :
- Télécharger le livre blanc de Hasso Plattner sur In-Memory
- Innovation : SAP mise sur BO pour faire patienter les utilisateurs (octobre 2009)







Par Simone







