Tout à sa stratégie de développement sur un marché qu'il juge stratégique, celui du HPC, le dernier constructeur informatique européen indépendant, Bull, a annoncé hier le lancement de Bullx, "une nouvelle famille de supercalculateurs éco-efficaces, ultra denses et ultra performants". Que ceux qui s'imaginent que le constructeur français a construit une nouvelle architecture de calcul type Cray se rassurent, le constructeur s'est montré bien plus pragmatique.
Le cœur de l'offre Bullx n'est en effet rien d'autre qu'un nouveau châssis pour serveurs lames dont les caractéristiques ont été optimisées pour répondre aux besoins de densité et de performance des architectures de calcul – Bull revend par ailleurs les châssis BladeCenter d'IBM sous la marque Bull Blade Chassis. Cette offre matérielle est épaulée par une gamme complète de logiciels d'administration et de gestion de cluster, développé au fil des années par le constructeur sur la base de composants Open Source.
Optimisé pour les architectures de calcul
Connu à l'origine sous le nom de code Inca, Bullx est un châssis compact (7U) capable d'accueillir 18 lames demi-hauteur ainsi que l'ensemble des composants nécessaires à leur fonctionnement (module de ventilation, alimentations électriques, commutateurs Ethernet et Infiniband, module de supervision). Pragmatique, Bull a fait en sorte que son châssis puisse s'installer dans n'importe quel rack 19 pouces standard. Un rack pleinement configuré peut ainsi accueillir jusqu'à 216 puces Xeon 5500 (864 cœurs physiques) et tous les éléments nécessaires à les interconnecter. Dans une configuration optimale, chaque châssis consomme un maximum de 8,2 KW et pèse 126 Kg, soit près de 50 KW par rack et un total de plus de 750 Kg d'électronique par rack 42U, pour une puissance de l'ordre de 10 Tflops par rack (en architecture CPU traditionnelle).
Une consommation et un refroidissement optimisés
Pour faire face aux besoins de refroidissement d'une telle architecture, Bull a conçu sa propre porte réfrigérée, une porte qui permet de réduire de près de 3/4 la consommation nécessaire au refroidissement d'un rack. La porte incorpore 12 turbines et s'installe en remplacement d'une porte arrière de rack. La vitesse des turbines s'adapte dynamiquement en fonction de la température et de la pression d'air dans les différentes zones du rack, de façon à minimiser le risque d'apparition de points chauds.
Bull a aussi bien fait les choses en matière de protection électrique avec l'insertion possible dans chaque châssis d'un module bourré de condensateurs, permettant non seulement d'améliorer l'efficacité de distribution de l'énergie (en éliminant le besoin d'UPS) tout en protégeant les lames contre les micro-coupures électriques (jusqu'à 250 ms). Signalons aussi des détails d'importance comme l'architecture de commutation Infiniband non bloquante avec 18 ports pour connexions internes et 18 ports vers l'externe. Cette architecture est intégrée au châssis.
Des lames Xeon classiques et des lames hybrides alliant Xeon et Nvidia Tesla
Du côté des lames, Bull a opté pour la simplicité avec une lame demi-hauteur bi-socket à base de Xeon 5500, la Bullx B500, et une lame hybride pleine hauteur couplant 2 CPU Intel Xeon 5500 et 2 GPU Nvidia Tesla T10.














