Reportage : Hitachi entend s'appuyer sur HDS pour son développement international 

Le 29 juillet 2010 (15:33) - par La rédaction

Imprimer Envoyer par e-mail

Rubriques : x86 - Unix (Risc et Itanium) - Mainframes - SAN et NAS - Archivage - Virtualisation de serveurs - Constructeurs - Stockage - Serveurs Tags : serveurs - stockage - hds - japon - hitachi

A Tokyo, Hitachi a profité de sa conférence uValue qui réunissait l'ensemble des activités de l'entreprise et près de 50 000 clients pour présenter l'ensemble de ses savoir-faire. L'occasion pour LeMagIT de faire le point avec les responsables de la marque sur l'activité IT du géant japonais et notamment sur son activité dans le stockage et ses projets dans les serveurs et les offres de convergence.
 oeda
Takashi Oeda, lors d'une présentation à Tokyo

Mais comment Hitachi concilie-t-il les demandes exprimées par HDS avec les développements menés au Japon et qui a la décision finale en cas de désaccord ? La question fait sourire Takashi Oeda, en charge de la planification produit des baies de disques d’Hitachi et Michael Hay, tous deux réunis autour d’une table lors d’un entretien avec LeMagIT au sein du centre de recherche stockage de la firme à Odawara, dans la banlieue de Tokyo. «Les ingénieurs des deux côtés ont de francs débats et chacun exprime ses vues» explique Oeda San, «au final nous parvenons toujours à nous entendre».  Visiblement, les deux responsables semblent s’entendre cordialement et doivent avoir l’habitude de désamorcer les désaccords entre ingénieurs de deux cultures différentes.

Les efforts menés par Hitachi semblent peu à peu payer. La seule vente de baies de disques et des logiciels et services associés est une activité qui a généré près de 3,3 milliards de dollars de chiffre d’affaires pour Hitachi en 2009, un chiffre auquel il convient d’ajouter les 4,8 Md$ de CA réalisés par Hitachi GST, la division en charge de la fabrication des disques durs et SSD. Bref au total c’est pas moins de 8,1 Md$ de CA qu’Hitachi a réalisé dans le stockage en 2009. Petit bémol, avec la reprise de l’activité économique, le couple Hitachi/HDS a certes vue son activité rebondir au cours du dernier trimestre 2009 et du premier trimestre 2010, mais il est désormais devancé par Dell et Netapp sur le marché du stockage (selon les chiffres en dollars de Gartner - NDLR : il faut toutefois noter que les chiffres d'Hitachi sont pénalisés par la chute du Yen) . Ces deux constructeurs ont bien mieux profité de la reprise notamment du fait de leur dynamisme en entrée/milieu de gamme, un secteur qui n’est pas le point fort d’HDS. Le constructeur est toutefois conscient de ce point et indique travailler sur des offres adaptées. Une première illustration est la baie AMS2010 conçue spécialement pour Acer/Gateway.

Une offre de stockage qui mise sur la virtualisation

 robot
EMIEW, le robot sur roues d'Hitachi est un
condensé du savoir-faire technologique
de la fime japonaise.

Le fer de lance de l’offre du Japonais reste toutefois son offre de baie haut de gamme, l’USP-V, dont les fonctions de virtualisation avancées n’ont à ce jour qu’un véritable concurrent, le SAN Volume Controller (SVC) d’IBM. Selon Hitachi, les ventes de contrôleurs virtualisés USP-V sont toutefois bien supérieures à celle d’IBM et à des années lumière devant celles d’EMC, dont l’appliance de virtualisation Invista a été un large échec commercial. Pourquoi Hitachi a-t-il choisi cette voie de la virtualisation ? «Nous avons annoncé la virtualisation du stockage en 2004» explique Shinjiro Iwata, le patron de la division IT d’Hitachi, qui a présidé aux destinées d’HDS au début des années 2000. «Ce n’était pas un concept unique, mais à la différence d’autres, nous avons réussi à le faire marcher. Nous avions la bonne personne («we had a good Guy»)» ajoute Iwata, sans toutefois préciser le nom de celui qui a rédigé les quelque 10000 lignes de code, qui font le coeur du moteur de virtualisation de l’USP-V.

Le résultat est un contrôleur de stockage embarqué dans la baie qui non seulement virtualise la capacité de la baie USP-V, mais sait aussi virtualiser les capacités exposées par des baies tierces pour les présenter aux différents serveurs. Une fois la déconnexion opérées entre les serveurs physiques et le stockage physique, il devient simplissime de déplacer des volumes d’une baie à une autre (et par exemple d’un datacenter à un autre), mais aussi d’appliquer de nouvelles fonctions comme le Thin provisionning, sans que les serveurs ne soient impactés. Gageons qu’à l’avenir d’autres fonction devrait s’ajouter à la boite à outils du constructeu,  telles que la gestion avancée des classes de service ou la déduplication.

Alors qu’il ne fait guère de doute qu’Hitachi devrait prochainement renouveler son offre de baie haut de gamme, Iwata explique que l’USP-V « est toujours en avance sur la concurrence d’un point de vue technique». «Bien sûr quelqu’un pourrait arriver sur le marché et faire mieux que nous» explique-t-il. Mais Iwata ne semble guère craindre IBM et EMC. Sa seule vraie inquiétude serait une innovation vraiment disruptive : il pourrait dans le stockage y avoir l’équivalent de l’invention du CD pour la musique, indique Iwata, ajoutant qu’Hitachi pourrait se retrouver alors dans la position des fabricants d’aiguilles des platines disques, qui ont vu leur marché disparaitre. Mais comme il l’explique, il est impossible de voir venir de telle disruptions.

Iwata évite au passage de mentionner la rivalité avec EMC et avec IBM qui ont tous deux refondus leurs offres haut de gamme. Si les autres responsables d’Hitachi et d’HDS avec lesquels nous avons pu discuter semblent accorder quelque crédit aux baies XIV de Big Blue, il n’en va pas de même des récents Symmetrix V-Max d’EMC. En cause, des performances qui ne serait pas si stellaires que cela et une absence persistante de fonctions de virtualisation. C'est de toute façon peu dire qu'il n'y a guère d'amour entre ces deux là qui se livrent une bataille à couteaux tirés sur le haut de gamme.

L'affrontement s'intensifie aussi sur le milieu de gamme où Hitachi se développe aussi peu à peu avec sa ligne de baies AMS - directement concurrente des Clariion CX4. Selon le constructeur, les ventes de cette ligne progressent régulièrement (ce qui semble vrai en France, les ventes mid-range d’HDS ayant bondi de 25% entre le premier trimestre 2008 et le premier trimestre 2009, puis progressé de 23% entre le premier trimestre 2009 et le premier trimestre 2010). Hitachi utilise les AMS en complément de ses contrôleurs USP-V pour fournir un tiers de stockage économique. Il les vend aussi de façon autonome aux PME, mais dans ce cas, sans le parapluie de virtualisation que fournit l’USP-V. Certes une grosse PME pourrait virtualiser de multiples AMS avec un contrôleur USP-VM (basiquement un USP-V sans disques), mais la facture reste encore relativement hors de portée d’entreprises de taille moyenne. En revanche, les AMS sont des compléments parfaits pour l’offre de contrôleurs NAS de la marque (HNAS, une offre OEMisée de BlueARC) et pour la solution d’archivage de contenus HCP (Hitachi Content Platform).


HDS va commercialiser l’offre serveur x86 d’Hitachi à l’international

 bladesymphony
Le châssis lâmes BladeSymphony d'Hitachi

Les prochains mois pourraient aussi marquer un retour aux sources pour HDS, qui s'est vu confier la commercialisation à l’international des serveurs d’Hitachi. Objectif : fournir une alternative aux offres de convergence proposées par HP ou Cisco. D’ici le printemps 2011, HDS devrait ainsi débuter la commercialisation en Europe et aux Etats-Unis de l’offre de serveurs lames BladeSymphony d’Hitachi, une offre qui se compose notamment de deux châssis l’un pour des serveurs ultradenses et un autre pour des lames plus traditionnelles.

Ces châssis offrent plusieurs caractéristiques séduisantes et notamment la technologie de partitionnement Virtage embarquée dans le firmware. Virtage permet de partitionner logiquement les ressources d’un serveur mais aussi d’agréger plusieurs lames au sein d’un ensemble unique. Selon Michael Hay, la technologie n’a pas pour but de concurrencer les hyperviseurs traditionnels, mais elle est complémentaire. Hay a également confirmé qu’Hitachi devrait avoir un partenaire sur la partie commutation réseau pour son offre de convergence, mais le nom de ce dernier reste pour l’instant un secret.

 hay
Michael Hay, le directeur de
la stratégie d'HDS à Tokyo

Dans une discussion avec LeMagIT à Tokyo, le patron de la stratégie d’Hitachi, a indiqué que la firme devrait être prudente dans son approche du marché des serveurs. «L’objectif n’est pas d’attaquer HP et IBM de front» explique-t-il. Hitachi devrait en fait utiliser sa pile d’infrastructure intégrée pour pousser des offres logicielle prêtes à l’emploi et à même de tirer parti des caractéristiques des futures baies de la marque. L’une des indications données par Hitachi est que les futures baies disposeront d’un système de profils permettant d’offrir un stockage dont la qualité de service  sera adaptée en fonction du type d’application.

On peut ainsi imaginer un profil pour Exchange, un autre pour Sharepoint, un troisième pour le stockage de fichiers... Et en parallèle, on peut imaginer des packages serveurs préconfigurés avec les applications requises afin d’accélérer les temps de déploiements. Naturellement, les applications développées par Hitachi, et notamment la plate-forme de gestion de contenu et de stockage objet HCP, sont des candidates naturelles pour être installées sur les serveurs de la marque. Avec l’avantage additionnel que les clients HCP n’auront plus qu’un contact pour le support logiciel, serveur et stockage.

livres blancs avec LesSourcesIT.fr

Guide en 10 étapes pour l’achat d’une solution CRM adaptée

Le processus d'acquisition d'une solution CRM est différent de la procédure classique suivie pour les achats informati…


Démystifier les mythes sur le 10Gigabit Ethernet

Alors que le 10Gigabit Ethernet (GbE) est largement disponible depuis plusieurs, la technologie et encore nouvelle pour …

vues 945 lectures commentaire 0 commentaire(s) recommandation notez cet article
3

Réagissez à cet article

Votre Pseudo

Commentaire

publicité
publicité
Les dossiers du MagIT

Justifier la sécurité informatique - Gérer les risques et garantir la sécurité de votre réseau


L'objectif d'un programme de sécurité est de choisir et de déployer des contre-mesures performantes pour atténuer les vulnérabilités qui risquent très probablement de causer…

Security Connected : Optimisez votre entreprise - Les dix grands thèmes de la sécurité que doit maîtriser tout dirigeant d'entreprise


Les entreprises sont en perpétuelle évolution. Selon une étude récente de Gartner, le rôle des directeurs informatiques évolue lui aussi : jusque-là gestionnaires des ressou…
livres blancs avec LesSourcesIT.fr
Recevez les newsletters du MagIT
L'essentiel IT : L'actu IT au quotidien
événements

Etat du monde IT 2011

1 2 3 4 5   
Click Here