Convoqués une seconde fois, après l'ajournement de l'assemblée générale du 22 mai dans des conditions rocambolesques, les actionnaires d'Atos-Origin ont cette fois assisté à une réunion des plus calmes. Un changement d'ambiance attendue depuis la signature d'un accord entre d'un côté les fonds Centaurus et Pardus (23 % du capital de la SSII à eux deux) - fonds qui demandent depuis des mois leur entrée au conseil de surveillance de la SSII - et la direction du groupe. Au terme de cet accord, les deux parties s'étaient accordées sur la composition du futur conseil de surveillance, le directoire de la SSII sacrifiant au passage le président dudit conseil, Didier Cherpitel.
Ironiquement, c'est le même Didier Cherpitel qui a mené la séance, enregistrant les votes en faveur de toutes les résolutions présentées cette fois à la fois par les fonds activistes et par le directoire. Entrent donc au conseil de surveillance, René Abate (Boston Consulting Group), Behdad Alizadeh (Pardus), Benoît d'Angelin (Centaurus), Jean-François Cirelli (Gaz de France), Michel Combes (TDF) et Colette Neuville (Association de défense des actionnaires minoritaires). Deux administrateurs voient eux leur mandat renouvelé (Vernon Sankey et Michel Soublin).
En plus de la démission de Didier Cherpitel, trois autres administrateurs ont annoncé leur intention de quitter le conseil, soit en démissionnant, soit en renonçant à demander le renouvellement de leur mandat. Au terme de cette seconde AG, c'est donc un conseil de surveillance largement remanié, sous l'influence essentiellement des fonds Centurus et Pardus, qui encadrera l'actuelle direction, emmenée par Philippe Germond.
Direction sous haute surveillance
Car, si l'accord trouvé avec les fonds permet d'envoyer un signal positif au marché - qui s'ajoute à l'amélioration des résultats de la SSII et au récent contrat gagné avec EDF -, toutes les interrogations ne sont pas levées. Certes, dans l'accord du 28 mai, Pardus et Centaurus assurent "qu'ils n'ont aucune intention de démanteler la société et ont toute confiance dans les membres du directoire". Reste que ces derniers- Eric Guilhou et Wilbert Kieboom entourant Philippe Germond - se retrouvent sous le contrôle d'un conseil de surveillance où les fonds ont réussi à placer quatre des cinq administrateurs qu'ils proposaient lors de la première AG.
Dans le même temps, l'accord prévoit la mise en place d'un comité stratégique pour "examiner, en étroite collaboration avec le directoire, l'ensemble des opportunités d'investissements et options stratégiques de la société". Un organe de cinq membres où les deux fonds sont représentés en direct et où le président (Michel Combes) est un des ex administrateurs présentés par leurs soins lors de la première AG, en opposition avec le directoire donc.










