Aller vite pour mettre en place un ensemble couvrant chômage partiel
avec formation et suivi individuel dans la filière des entreprises
de service du secteur automobile. C’était le souhait des syndicats dans leur discussions avec Syntec. Contacté par téléphone, Ivan
Béraud, secrétaire national de la F3C (Fédération Communication, Conseil, Culture) CFDT, explique : « nous voulions une négociation rapide
limitée aux prestataires de service de la filière automobile car, là, on a
localisé et identifié une situation très grave ». Pour lui, négocier un
accord ciblé aurait permis « d’évacuer les débats sur la définition des
intercontrats, du chômage partiel, des entreprises en difficulté, etc... ». Mais
les débats ont tourné court. Le communiqué commun de la CGT et de la CFDT
explique ainsi que « après trois interruptions de séance, les
organisations syndicales ont décidé de quitter la séance. Les négociations sont
donc rompues. » Et de condamner la position de Syntec. Selon les deux syndicats, « pour masquer ses divisions, le patronat a préféré demander
une ouverture à tout va du dispositif à l’ensemble de la branche et avait une
logique de mise en œuvre excessive du chômage partiel (cadres au forfait heure
ou jours en dehors d’une fermeture totale d’établissement). »
Situation complexe dans les SSII
Ces divisions, Ivan Béraud les entrevoit principalement chez les SSII. « Certaines voient dans le chômage partiel le moyen de mettre sur la touche des ingénieurs en intercontrat et d’améliorer de manière purement technique leurs résultats. » Récemment, nous révélions précisément dans nos colonnes les efforts de lobbying du Syntec Informatique auprès des pouvoirs publics pour autoriser les SSII à accéder au dispositif de chômage partiel. Et Yvan Béraud de relever que les négociations de ce jeudi 23 avril - qui logiquement auraient du être menées par des représentants de Syntec Ingénierie, NDLR -, étaient directement conduites par la direction d’Atos Origin, « et Cap Gemini en sous main - Bref, par les SSII, NDLR - ». Avec la rupture du dialogue, le syndicaliste fait état « d’un sentiment amer. Le dindon de la farce, ce sont les prestataires de services de l’automobile. Le patronat s’est montré irresponsable. » Et de souligner qu'aujourd’hui, dans la filière automobile, ce sont « 4000 salariés concernés dans un secteur qui en emploie vingt à trente mille. »
Anticiper au-delà des filières
Mais, de son côté, le Syntec réfute les accusations de divisions et dénonce un manque « d’ouverture » des syndicats. Dans un courrier adressé ce vendredi 24 avril aux syndicats, l’organisation patronale défend son approche élargie : « la notion de filière ne permet pas d’être en anticipation pour des entreprises de services intervenant dans de multiples secteurs. Si nous souhaitons anticiper les effets de la crise, il est d’ores et déjà nécessaire de ne pas cantonner le périmètre à une seule filière mais de l’élargir à tous les secteurs de la branche qui seraient impactés par la crise. »
Le Syntec se dit prêt à « reprendre immédiatement les discussions. » De son côté, la CFDT déplore l’absence de calendrier et s’interroge sur la réalité de la volonté du Syntec de négocier : « certains patrons se sont clairement opposés au recours au chômage partiel. »




Par Kristof










