Enquête : quelles tendances pour l’emploi en 2012 

Le 30 janvier 2012 (17:32) - par Anne-Marie Rouzere

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Rubriques : Carrière - Recrutement - Formation Tags : ssii - emploi - recrutement - formation - chomage

Quelles sont les tendances en matière d’emplois et de formations IT en 2012 ? LeMagIT.fr a souhaité prendre le pouls, en ce début d'année, du marché de l’emploi informatique. En dépit d’annonces de recrutement toujours plus nombreuses, le niveau de chômage des informaticiens demeure élevé tandis que les SSII évoquent une pénurie de compétences. Nous avons donc enquêté afin de cartographier l’état du marché : les profils recherchés, ceux qui n’ont plus la cote, la politique RH d’une SSII d'envergure, les relations des étudiants-ingénieurs avec les entreprises, l’état des compétences en mainframe, sans oublier l’avis des recruteurs.
Enquête : quelles tendances pour l’emploi en 2012

Du côté du sourcing : des recruteurs à l'épreuve de la demande de flexibilité


S'il n'y a guère à ce jour de signe de ralentissement de la demande de compétences IT, au vu de l'activité des job boards et autres supports, le défi pour les recruteurs tient dans la réactivité dont ils doivent faire preuve. Le web aidant, certes. Et sur un secteur dont tout professionnel de la chasse sait qu'il fonctionne à flux tendu. Soumis à des soubresauts technologiques, des appels d'air liées à la montée d'une technologie.

Sommaire :

1 - Offre d'emplois IT : un secteur sous tension et en mutation 

2 - Atos France : 1000 embauches, 80% de juniors 

3 - Du côté du sourcing : des recruteurs à l'épreuve de la demande de flexibilité 

4 - Mainframe et moyens systèmes: un îlot de compétences raréfiées

5 -  Désaffection des jeunes pour les études? Pas pour la Miage, en tout cas

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Après la vague ERP, SAP puis Java/J2E, voici celle des techno web et autres joyeusetés de l'Open Source. « Le point bloquant, ce n'est pas le manque de projets, mais le manque de compétences », souligne Frédéric Hovart, pdg de Globalis, société prestataire d'expertises en technologies PHP. « Les grandes structures, avec leur approche massive de l'embauche, y sont sans doute moins sensibles que les PME », constate Aymeric Legrix de la Salle, pdg de Network RH, spécialiste du sourcing 100% web positionné notamment sur le créneau d'embauche des éditeurs et des opérateurs télécom.

Mais la situation se corse, dès lors que la conjoncture amène les entreprises à naviguer à vue. Et à  flécher plus encore la chasse aux profils. Sur le créneau des compétences web, «tout le monde cherche les bons développeurs », résume Stéphanie Delestre, fondatrice du site spécialisé Qapa.fr. « C'est aussi vrai, selon le pdg de Network RH, pour les consultants ERP en maîtrise d'oeuvre, en maîtrise d'ouvrage, les ingénieurs commerciaux confirmés. Avec un turnover soutenu en région parisienne ». Pas nouveau, dira-t-on ! Sauf que l'on a cru et croit encore que l'accélération du processus de sourcing des candidats, permise par Internet, en allègerait la difficulté.

Pas si simple ! Il y a ceux contraints de jeter l'éponge, « face à la débauche de moyens » à déployer pour trouver les spécialistes des technologies les plus demandées, comme le regrettait en décembre sur son blog Jacques Froissant,  autre grand promoteur du recrutement version web avec sa société Altaïde. Il y a ceux qui encaissent ces à-coups avec leurs clients, employeurs en quête de flexibilité dans leur gestion des ressources. Selon Alexandre Pham, pdg fondateur du réseau Lynx RH qui joue sur les deux tableaux, placement en CDD et CDI et missions d'intérim, après l'effet de reprise constaté en 2010 sur le secteur IT, avec deux-tiers de son activité sur le volet intérim et un tiers en recrutement classique, les deux modalités étaient revenues en 2011 à un équilibre 50/50, témoignant d'un certain retour à la confiance du secteur.

Remontée de l'intérim

« Depuis octobre dernier, on constate le retour du décalage, 2/3 intérim, 1/3 CDD-CDI », signale le patron de Lynx RH. Ce que confirme la montée en nombre des informaticiens freelance (comme  l'indique aussi le recensement de la fédération des auto-entrepreneurs). Pour partie, « autour de 20% » estime Alexandre Pham , « ce sont des professionnels qui font le choix d'une situation certes plus précaire, mais qu'ils s'estiment pouvoir se permettre car ils ont déjà un portefeuille d'expériences variées. Qu'ils sont passionnés. Prêts à se positionner sur des niches technologiques porteuses, comme la demande d'applicatifs smartphones, par exemple ».

Plus traditionnel, le souci d'efficacité (et d'économie) des donneurs d'ordre qui tend à réduire la durée des projets : six mois pour un chef de projet, deux mois pour un technicien réseau expert en système de stockage SAN, par exemple. «Sur des missions plus courtes, la logique veut que monte l'appétence pour des profils immédiatement opérationnels et expérimentés ». S'y ajoute une exigence de plus en plus fréquente : anglais opérationnel ; effet de la mondialisation et de la mutualisation des ressources et infrastructures (datacenters).

Dans leur rôle de « facilitateur du sourcing », comme le souligne Aymeric Legrix de la Salle, les recruteurs renouent avec l'exercice consistant à tempérer les exigences des employeurs. Quitte à proposer un candidat pas tout à fait ad-hoc, mais compatible avec le profil du poste, moyennant complément de formation ou un temps d'adaptation. Pour Frédéric Hovart, pdg de Globalis, cet effort d'adaptation réclame une certaine réciprocité. « Sur dix recrutés en 2011, on en a gardé cinq. Quand le marché est plus tendu, on prend plus de risque. On forme, mais sans être sûr que la personne sera au niveau », observe-t-il . « Mais on voit aussi trop souvent encore des débutants qui veulent être manager, chef de projet, avant d'avoir fait leurs armes ». On croyait ce temps révolu.
Même chose pour le turnover : « L'an dernier, on a eu une poussée de turnover inhabituel dans le milieu Open Source qui nous a amené à réagir avec une enquête de satisfaction, un suivi plus attentif au quotidien des personnes», raconte ce dernier.

Le tableau ne serait pas complet sans mentionner la résurgence de pratiques apparues au tournant du siècle (eh oui, déjà) dans une période plus faste : les speed dating, talent day, open day (ou bar), invitations au stade, concert, poker... en plus des traditionnels forums et amphi-retapes dans les écoles et universités. Dernier en date (20 janvier), la journée de speed recruiting organisée clé en mains par l'équipe Expectra de Grenoble pour Bull en quête de consultants, architectes, etc. Résultat : 45 candidats venus de la région et d'ailleurs. Prochain rendez-vous entre autres : une invitation pour trois jours de ski à Serre-Chevalier, pour 150 étudiants sélectionnés sur jeu-concours sur la page Facebook de la société d'ingénierie Akka. .

Tous chefs de projets ?

Le site d'emploi Qapa mise sur le matching des compétences recherchées et souhaits des candidats plus que sur le CV. De quoi cerner le décalage entre offre et demande sur le plan qualitatif. Au bilan de cinq mois d'activité du site, tant pour les postes proposés par les entreprises que pour les métiers demandés par les candidats, la catégorie chef de projet vient en tête de liste.

Mais là où près de 6000 postulants chefs de projet (informatique, web, multimedia) s'inscrivent, soit trois fois plus que des développeurs et concepteurs (sans parler des postes de technicien), les employeurs eux privilégient légèrement l'intitulé chef de projet pour leur recherche de renfort (environ 2500) sur celles de développeur, analyste, ingénieur ou technicien. Révélateur, du décalage persistant d'image dont pâtit l'informatique à la française, où l'on préfère être « manager » dans une armée mexicaine de chefs, plutôt que reconnu pour ses compétences techniques.

En revanche, la répartition géographique des candidats est plutôt fidèle à celle des postes offerts, avec une écrasante majorité en région parisienne, devant les régions du sud-est (Rhône-Alpes et Paca) et une presque équitable répartition vers les autres régions.

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Par Chuck
 Le 30/01/2012 à 23:18
C'est sur qu'en ayant des exigences de plus en plus fortes aussi bien au niveau des conséquences que du salaire n'aide pas à trouver des candidats "jeunes et dynamiques"... Les anciens sont exclus, les jeunes diplômés sont exclus de même ainsi que la plupart de ceux qui ont des prétentions de salaire plus élevées. Alors messieurs ne parlez pas de contention sur des profils mais juste vos prétentions sur les salariés à embaucher jeune et pas cher...
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Par PifPaf
 Le 25/04/2012 à 22:12
Il est certain que si les SSII veulent espérer attirer les talents, il va leur être incontournable de se remettre en question. Le seul argument de "flexibilité" ne suffit plus pour légitimer la facon dont leurs collaborateurs sont considérés.
L'image de "sac de viande" tellement de fois cité par les ingénieurs en place dans les SSII devrait pourtant permettre de mettre le doigt là où ca fait mal. Il y a tellement peu d'investissements donnés au collaborateur, tellement peu de perspectives ... La SSII est une jungle où seuls les mercenaires de la profession peuvent esperer tirer leur épingle du jeu.
SSII = boite d'interim pour informaticiens, la prime de précarité en moins.
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Par Jonathan Le Lous
 Le 06/05/2012 à 10:33
Bonjour,

Au sein d'Alter Way, SSII spécialisé dans les logiciels open source, nous avons justement mis en place un programme de formation interne: La Libre Académie afin de palier au besoin en recrutement.

http://www.alterway.fr/la-libre-academie

Notre crédo: Faîtes-vous plaisir travailler dans le libre !
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Par Olivier
 Le 07/05/2012 à 11:11
Les SSII proposent un interim sans risque pour les clients (disponibilité, compétence, fin de contrat facilitée, etc.)

Idéalement, le prix de vente d'un consultant devrait être au minimum le coût moyen d'un salarié de l'entreprise cliente et surtout pas moins car cela est nuisible :

- au salarié client (pourquoi l'augmenter, il y a moins cher à l'extérieur et plus flexible)
- à la SSII dont l'intérêt est de vendre de la compétence (et non pas des ressources "pas chères" en offshore ou importées) pour perdurer et faire de la croissance autrement qu'en vendant en masse du pas cher pour maintenir de la marge
- au consultant qui ne peut que progresser en ayant une société qui a les moyens de le former.

Les syndicats de la sncf disent qu'un interne coute 520 €. J'imagine qu'ils oublient de valoriser également quelques avantages. Cela rejoint d'autres missions de controlling où j'ai pu constater des coûts moyens, pour une ressource interne dans une grande société, compris entre 550 € et 600 €.

Lorsqu'un client qui a des salariés qui "coutent" 550 € / jour ouvrés achète une ressource externe à 380 € / jour, il y a nécessairement un déséquilibre pour tout le monde qui se met en place.

A notre nouveau président de protéger les salariés tout en favorisant la croissance des sociétés de conseils ! (il doit pouvoir faire ça pour nous au moins)
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