Circulaire Guéant : les informaticiens étrangers au bon vouloir des préfets 

Le 06 janvier 2012 (11:52) - par Anne-Marie Rouzere

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Rubriques : Carrière - Recrutement Tags : ssii - emploi - recrutement - france - informaticiens - legislation - immigration - ingénieurs - Université - Ecole

En réponse aux situations ubuesques générées par la circulaire Guéant du 31 mai 2011, un nouveau texte ministériel adressé aux préfets est censé assouplir l'attribution des permis de travail aux étrangers fraîchement diplômés. Qu'en pensent les DRH?

Pour le gouvernement, il s'agit de « dissiper tout malentendu », concernant « l'accès des diplômés étrangers hautement qualifiés au marché du travail français », comme l'affiche la communication officielle des ministres Claude Guéant, Laurent Wauquiez (enseignement supérieur) et Xavier Bertrand (travail et emploi). Dès la seconde semaine de janvier, les préfectures disposeront de nouvelles consignes pour régler la situation des diplômés « de niveau au moins égal à master 2 ». L'annonce ne présage pas d'un contrôle allégé des demandes de permis de travail. Mais bien d'un amendement en complément de la circulaire du 31 mai 2011 contestée tant par les employeurs et les étudiants concernés que par les académiques. À l’issue de la concertation inter-ministérielle qui les a impliqués, ce mercredi 4 janvier, ces derniers (présidents d'université, conférence des grandes écoles) se disaient globalement satisfaits.

En prélude à la publication du nouveau texte, le trio ministériel a cependant tenu à rappeler que le recrutement d'un ressortissant étranger « ne doit pas viser à servir des salaires inférieurs au niveau du marché ». Il s'agit, a contrario, de «permettre aux entreprises exposées à la concurrence internationale de recruter des cadres performants quelle que soit leur nationalité ».

Un amendement qui s'oppose au « dumping social »

Qu'attendent les employeurs et salariés du secteur IT, concernés au premier chef par l'assouplissement annoncé puisque ciblé sur les diplômés bac+5 et plus ? Jusqu'à mi-2011, les étudiants en informatique étrangers avaient d'autant moins de mal à passer du statut de stagiaire à celui de salarié, avec permis de travail, que le secteur IT figurait en bonne place parmi les métiers « en tension ». Les ingénieurs d'études et autres informaticiens experts accaparaient la majorité (70% pour l'ensemble du secteur IT) des autorisations d'immigration attribuées à des non-européens. Depuis l'été dernier (arrêté du 11 août), la liste des métiers ouverts à l'immigration a été resserrée (pour l'informatique, au seul poste d'ingénieur de production et d'exploitation des systèmes d'information).

Face au recadrage de ce début d'année, déjà, le Munci (association professionnelle d'informaticiens) n'a guère hésité à approuver l'orientation prise puisque ouvertement opposée au « dumping social ». Du côté des DRH, c'est plutôt la perspective de moins de tracas administratif qui prime. «Encore faut-il qu'on le voit appliquer rapidement », réagit Eric Decalf, pdg d'Additeam qui dit avoir essuyé depuis cet été trois rejets de dossiers pourtant dûment justifiés. « Nous travaillons pour des grandes entreprises présentes dans le monde entier. Quand on nous confie l'adaptation d'un SIRH pour la Chine, par exemple, n'est-il pas normal que nous souhaitions embaucher un étudiant chinois qui a fait son stage de fin d'étude chez nous », argumente-t-il. Ironie du calendrier, au moment même de l'annonce de l'assouplissement des règles, « je viens tout juste de recevoir un refus d'immatriculation de la préfecture du Nord pour un dossier que je compte bien représenter», relate-t-il, en espérant que cela ne prendra pas deux mois de plus de démarche.

Des procédures différentes selon les préfectures

« Cela devrait au moins déstresser les préfectures », présume Nathalie Choux, DRH de Micropole. Et peut-être homogénéiser les procédures. Sur 37 candidats étrangers et autant de dossiers présentés aux services d'immigration, douze ont été embauchés depuis l'été dernier par cette SSII. Moyennant un effort considérable d'adaptation au zèle diversifié des administrations. « A Nanterre et à Antony, les procédures et les documents à fournir ne sont pas les mêmes », commente cette DRH. Autre exemple de complication avec laquelle il a fallu composer : «on nous a refusé deux régularisations d'informaticiens algériens pour des postes d'ingénieurs de production et d'exploitation, figurant pourtant parmi les métiers non visés par les restrictions de la circulaire Guéant, au motif que cet intitulé n'était pas couvert par des accords franco-algériens de 1968 ».

Même espoir d'une certaine détente évoqué chez Linagora qui compte neuf diplômés étrangers de plus cette année parmi ses 130 salariés. «Avant la directive de mai dernier, le passage du statut d'étudiant stagiaire à salarié passait par un simple formulaire. Il nous a fallu motiver beaucoup plus notre démarche, passer du temps et se plier aux contraintes administratives», commente le pdg Alexandre Zapolsky. « Le problème, c'est que le marteau utilisé par l'Etat pour contrer les dérives de l'immigration avait une tête un peu trop large », conclut-il, tout en affirmant n'avoir pas eu de problème à justifier les demandes de régularisation. Jusque-là, « on s'est débrouillé », confie Nathalie Choux. Sous-entendu : la balle est maintenant dans le camp des préfets.

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Par Samir
 Le 06/01/2012 à 18:59
Bonjour Il faut appeler appeler un chat un chat
Personnellement j'appelle cela du vol de la matière grise
des pays émergents car on n'assouplit pas la procédure pour
un balayeur mais pour un bac+5 et plus svp.
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Par MichelFugain
 Le 07/01/2012 à 13:15
C'est n'importe quoi !

Il y a aussi des informaticiens de nationalité française au chômage. Ne serait-il pas plus logique de les embaucher, plutôt que d'embaucher des informaticiens étrangers en France ?

Au minimum j'attends de la France qu'elle donne la priorité aux travailleurs européens et qu'elle durcisse l'accès au marché du travail français pour les autres.
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Par Jeane d'Arc au Ricard
 Le 09/01/2012 à 08:15
@michelfugain ! Votre réponse est stupide ! Oui, il y a bien des informaticiens au chômage mais il y a autant de sortes d'informaticiens que de corps de métiers dans le bâtiment !
Vous embaucheriez un plâtrier pour rénover la plomberie de votre salle de bain ? Si Linagora s'exprime sur ce sujet , c'est qu'ils ont plusieurs dizaines de postes non pourvus et qu'ils ne vont certainement pas embaucher un bricoleurs Windows du Dimanche qui se déclare informaticien pour faire la maintenance de code java ou de scripts Linux !
En attendant, allez exercer vos talents d'économiste en Hongrie et on en reparlera !
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Par Chuck
 Le 09/01/2012 à 11:06
@Jeane d'Arc au Ricard

C'est comme l'histoire des médecins... Pourquoi former des gens en France hein ??? Allons les chercher ailleurs. Belle mentalité...
Quant à votre exemple lamentable sur Windows et Linux, on en parlera même pas... 500 millions de personnes en Europe et on ne serait pas foutu de trouver quelqu'un pour remplir un poste vacant ??? Allons donc!!! Si aujourd'hui les employeurs s’inquiétaient de cette restriction c'est uniquement car les employés nord africains en particulier sont malléables et moins chers (car ils veulent rester en France bien sur). Ne vous trompez pas d'objectifs de la part des employeurs mis à part cas exceptionnel comme Linagora qui a besoin de certains profils spécifiques sur certains produits ou outils
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Par Lucius
 Le 09/01/2012 à 12:05
Bonjour
Embaucher des étrangers au sein d'une entreprise, accélère son développement commercial à l'international. Il faudrait au contraire inciter les entreprises à embaucher des ressortissants de pays à fort potentiel informatique. Cordialement. Lucius
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Par Jojob
 Le 09/01/2012 à 15:26
Voir mes commentaires à cette adresse: http://www.altaide.com/blog/la-penurie-de-developpeurs-va-til-amener-les-cabinets-de-recrutement-a-jeter-leponge/
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Par geek
 Le 10/01/2012 à 21:31
Ne vous méprenez pas sur les intentions de Linagora: ce n'est pas par solidarité que cette société agit ainsi, mais par opportunisme. Le fait est qu'elle ne parvient pas à retenir ses employés de nationalité Française et qu'ils n'ont trouvé que ce stratagème pour retenir les troupes! La menace et la peur font désormais partie de leur méthode de management... En plus, ça fait du buzz, la preuve!
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Par MichelFugain
 Le 10/01/2012 à 23:15
Oui et il n'y a pas que Linagora.

On met en concurrence des informaticiens du Maghreb et des informaticiens français, pour faire pression sur ces derniers et faire baisser les salaires, pas par amour pour les étrangers.
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Par Chacha
 Le 11/01/2012 à 11:38
Bonjour, je travaille chez le plus gros telco de Belgique et des indiens ont pris la place de plusieurs centaines de belges.
Beaucoup de belges au chomage ont la capacité de faire ce job.
Effectivement, les indiens ont une qualité que nous autres européens n'auront jamais: ils sont moins chers. Messieurs les employeurs, continuez comme cela mais je ne sais pas au final où vous irez encore chercher vos clients. Le dumping social ne mène à rien de bon.
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