Une subtilité législative locale « bride » le syndicat dans son développement : les cadres peuvent adhérer à une association, pas à un syndicat. Mais elle n’explique pas tout : « mes adhérents chez HSBC ont été menacés ; ils ont quitté le syndicat. » Chez Axa, « on nous a expliqué que discuter avec les syndicats était une perte de temps. »
Des conditions contractuelles discutables
Mais Karthik Shekkar s’élève surtout contre les clauses de « fidélité » que certaines SSII font signer, en Inde, à leurs recrues, et notamment celles qu’elles détachent, sur site, à l’étranger. Ces clauses, en avenant au contrat initial, sont globalement simples : l’employé s’y engage à revenir en Inde à l’issue de sa mission et à rester un certain temps dans l’entreprise. Faute de quoi il devra la dédommager financièrement : « initialement, tout allait bien. Ces addenda au contrat de base ne concernaient que l’employeur et l’employé. Mais maintenant ces avenants doivent être garantis par les parents. » Pour Karthik Shekkar, « c’est un sujet de contentieux. […] Nous luttons contre ce genre de situations chez Infosys ».
Extraits des actions conduites par le syndicat indien Unites
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Le syndicaliste s’élève aussi contre le non paiement des heures supplémentaires, un sujet qui ne semblait pas trop préoccuper l’un de ces salariés que nous avons pu interroger : « le salarié dispose-t-il vraiment, sur son temps de travail officiel, du temps nécessaire pour accomplir sa mission ? C’est une question très inconfortable. » Pour Karthik Shekkar, « les salariés travaillent en réalité inévitablement deux à trois heures de plus que les 8 heures quotidiennes officielles, du temps pour lequel ils ne sont pas payés. »
Une lutte balbutiante contre le harcèlement sexuel
Pour Karthik Shekkar, « il y a aussi beaucoup de harcèlement sexuel, des faveurs demandées par des supérieurs ; des cas sur lesquels les entreprises préfèrent rester aveugles ». Quitte à inciter les victimes à la démission. Et pourtant, selon la législation, « chaque entreprise doit disposer d’une cellule interne de sensibilisation et de lutte contre le harcèlement sexuel. Mais aucune ne prend le sujet au sérieux. »
Comme nous l’expliquait Lavanya Sankaran en juillet dernier, la sexualité reste un sujet sensible en Inde. Mais le problème a dû prendre suffisamment d’ampleur, et les mentalités de maturité, pour que le Nascomm décide, mi-octobre, de lancer une première campagne de lutte contre le harcèlement sexuel dans les entreprises IT.
L’IT continue d’attirer
Quoiqu’il en soit, l’industrie IT continue d’être un débouché très attractif pour les étudiants indiens – quand bien même les jeunes salariés de cette industrie deviendraient de moins bons partis du fait de la crise économique mondiale. Partho Ganguli avance une explication : « c’est quelque chose de construit depuis l’enfance ». Lavanya Sankaran complète : « après toutes ces générations qui ont porté au pinacle les mathématiques et la science ; voilà que le monde a enfin besoin de nos compétences. Nous sommes prêts ! » Le succès de l’industrie IT indienne, c’est comme une grande fête nationale qui dure depuis des années.
La technologie ? C'est dans l'ADN de l'Inde
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Plus prosaïquement, l’attraction se construit aussi sur la base de promesses de meilleure voiture, meilleure maison, voire d’expatriation, le gros lot de la loterie de l’embauche. A tel point que, chez Logica, à Bangalore, on revendique quatre à cinq mille candidats pour une opération portes ouvertes de quatre heures.















