Fiscalité : Obama fait souffler un vent de panique sur l’industrie IT 

Le 19 mai 2009 (12:15) - par Valery Marchive

Imprimer Envoyer par e-mail

Rubriques : Offshore - Législation - Business Tags : ssii - inde - obama - industrie - fiscalite

Comme si la crise économique ne suffisait pas. L’industrie IT se sent aujourd’hui menacée par la politique de l’administration Obama. Alors que, fin mars, on ne parlait que d’inquiétudes, c’est bien aujourd’hui un vent de panique qui semble souffler sur les entreprises IT, aux Etats-Unis mais aussi en Inde.

Inutile d’aborder le sujet avec Suresh Vaswani, le co-PDG de Wipro : il ne commentera pas les questions de fiscalité ou de politique d’immigration contrôlée américaine. Non, comme ses pairs, il laisse le soin d’aborder ces sujets brûlants au Nasscom, la chambre syndicale du patronat des SSII indiennes. C’est la proposition de l’administration Obama, il y a quelques semaines, de modifier la fiscalité sur le chiffre d’affaires généré à l’étranger par des entreprises américaines qui a mis le feu aux poudres. IBM, Microsoft ou encore Coca-Cola ont été mis à l’index pour, selon la nouvelle administration gouvernementale des Etats-Unis, (trop) profiter de failles dans la législation fiscale. Fustigeant au passage des multinationales délocalisant dans des pays à bas coût de main d’œuvre, Barack Obama a estimé à 210 Md$ les montant récupérables sur les dix prochaines années en réformant la fiscalité américaine. Selon une analyse de nos confrères d’Associated Press, HP, IBM, Cisco, Microsoft et Google auraient économisé 7,4 Md$ d’impôts au cours de leur dernier exercice fiscal en profitant de ces failles. Selon Carl Guardino, président de l’association Silicon Valley Leadership Group, une révision de la politique fiscale américaine « serait comme séisme pour l’industrie High Tech […] Sur une échelle de Richter de 1 à 10, ce serait un 12. » Et si ces réflexions font débat outre-Atlantique, la situation n’est pas pour autant sereine en Inde.

Confiance de façade

Pour Hari Bhartia, vice-président de la Confédération de l’Industrie Indienne, il ne s’agit que d’une « affaire interne » aux Etats-Unis, une posture « populiste » dont la seule conséquence devrait être de réduire la compétitivité des entreprises IT américaines. Même son de cloche au Nasscom, la chambre syndicale de l’industrie IT indienne. Selon son président, Som Mittal, « cela n’a rien à voir avec l’Inde. » Aucun rapport non plus avec l’offshore ou l’externalisation. Mais, dans les colonnes de The Hindu, le même Som Mittal a lâché une petite phrase qui en dit long sur le réel état d’esprit de l’industrie IT indienne : « les changements proposés affecteront bien plus Shanghai que Bangalore. » Dans celles de DNA India, il concède même que « si cela a un impact sur nous, nous ferons le nécessaire, lorsque le projet de loi sera rédigé. » Mais c’est après avoir souligné que « notre industrie est en fait une partie de la solution dont a besoin l’Amérique pour devenir plus compétitive. » N’empêche, l’affaire semble suffisamment sérieuse pour que le premier ministre de l’état indien du Karnataka – dont dépend Bangalore – ait décidé de rencontrer les patrons de l’industrie IT locale afin de discuter des implications des réflexions de l’administration Obama. Et, dans les rangs de certaines entreprises IT américaines installées en Inde, le nouveau discours officiel est loin de faire l’unanimité : sur place, un analyste qualité travaillant pour une entreprise américaine, estime ainsi que « la décision d’Obama va poser de nouveaux problèmes. »

L’inde, toujours menacée par le protectionnisme

Menacée par le retour du protectionnisme – ou du moins de discours habillés de formule en relevant clairement –, l’industrie IT indienne doit en plus faire face aux mesures annoncées de limitations des octrois de visas travail (H1-B) outre-Atlantique. Selon Infosys, ces restrictions devraient avoir un impact négatif sur l’activité de la SSII dans certains secteurs, notamment « avec les administrations » américaines. Pour le Nasscom, ces mesures « restreignent la capacité des SSII indiennes à être compétitives sur le marché américain. » Et la chambre syndicale de vouloir demander à l’administration Obama d’instaurer un nouveau type de visa, dit de "service", taillé sur mesure pour les besoins des SSII indiennes : il permettrait à leurs collaborateurs de venir travailler sur le sol américain, pour un client, pour une durée déterminée. Rien de neuf, en somme, mais un changement rhétorique destiné à remiser - et contourner - le chiffon rouge que constitue le sujet des visas H1-B outre Atlantique, selon le PDG d’une société de conseil en recrutement installée à Bangalore et interrogé par nos confrères du Business Standard

livres blancs avec LesSourcesIT.fr

Guide en 10 étapes pour l’achat d’une solution CRM adaptée

Le processus d'acquisition d'une solution CRM est différent de la procédure classique suivie pour les achats informati…


Démystifier les mythes sur le 10Gigabit Ethernet

Alors que le 10Gigabit Ethernet (GbE) est largement disponible depuis plusieurs, la technologie et encore nouvelle pour …

vues 1611 lectures commentaire 2 commentaire(s) recommandation notez cet article
3

Réagissez à cet article

Votre Pseudo

Commentaire

Pertinence du commentaire : 0
Par Yvan
 Le 21/05/2009 à 00:43
A quand une décision similaire en France? Pour le reste, l'Inde a certainement bien plus à souffir que la Chine d'un strict point de vue compétance: Eux au moins sont compétants grace a une formation de base plus généraliste qui leur permet de mieux aborder les métiers adjacents, condition sin-equa-non d'une autonomie dans le travail.

Les Indiens ont un pb fondamental: Les études coutent cher et on va donc à l'essentiel afin de pouvoir travailler rapidement. D'ou ce manque de vision généraliste qui pose d'énormes problèmes.

Le seul truc pour lequel ils sont très forts, c'est pour se dédouaner quand le cahier des charges (forçément hyper détaillé, conséquence de ce que je vies de dire) a laissé la moindre possibilité d'erreur. Pas dit qu'en temps de crise ça continue à amuser longtemps les entreprises ayant cru à ce mirage!
Noter ce commentaire
Pertinence du commentaire : 0
Par jack
 Le 24/11/2010 à 12:35
Enfin un américain qui semble comprendre que les multinationales (par définition) n'enrichissent en fait aucun pays, aucune population, n'enrichissent qu'elles même au détriment des peuples et des nations dont elles sont des parasites dangereux. Les multinationales et la grande finance qui est derrière provoquent des crises, des faillites, des guerres, une misère mondiale, en nous faisant croire à une compétition économique dont ils sont les vrais instigateurs et les seuls gagnants, nous avons tous le même ennemi !
Noter ce commentaire
Toute l'actualité
Aujourd'hui rss Sur le même
sujet
Du même
auteur
publicité
publicité
Les dossiers du MagIT

Justifier la sécurité informatique - Gérer les risques et garantir la sécurité de votre réseau


L'objectif d'un programme de sécurité est de choisir et de déployer des contre-mesures performantes pour atténuer les vulnérabilités qui risquent très probablement de causer…

Security Connected : Optimisez votre entreprise - Les dix grands thèmes de la sécurité que doit maîtriser tout dirigeant d'entreprise


Les entreprises sont en perpétuelle évolution. Selon une étude récente de Gartner, le rôle des directeurs informatiques évolue lui aussi : jusque-là gestionnaires des ressou…
livres blancs avec LesSourcesIT.fr
Recevez les newsletters du MagIT
L'essentiel IT : L'actu IT au quotidien
événements

Etat du monde IT 2011

1 2 3 4 5   
Click Here