La carte mondiale de l'offshore selon AT Kearney : l'Europe de l'Est plombée par les coûts 

Le 26 mai 2009 (15:41) - par Reynald Fléchaux

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Rubriques : Externalisation - Offshore - BPO - Relation fournisseurs et SSII - Optimisation des coûts - SSII - Recrutement - Inde Tags : ssii - offshore - inde - logica - services - maroc - bpo

Inde, Chine et Malaisie. Le podium des destinations les plus favorables à l'offshore (BPO et IT), établi par AT Kearney, n'a pas changé en 2009. Mais, vu de l'Hexagone, la hausse des coûts dans les pays d'Europe centrale, première destination de l'offshore français, remodèle les priorités des donneurs d'ordre.

Comme chaque année depuis 2004, le cabinet de conseil AT Kearney dévoile son classement des meilleures destinations offshore pour les activités de services (Global Services Location index). Un classement dont le trio de tête - Inde, Chine et Malaisie - reste inchangé par rapport à 2008, mais qui recèle tout de même une tendance de fond très importante pour les donneurs d'ordre européens : la perte de vitesse des pays d'Europe de l'Est. "Il y a peu, l'Europe centrale et de l'Est émergeait comme un des premiers hubs mondiaux de l'offshore, particulièrement pour les clients d'Europe de l'Ouest. Cette année cependant, les leaders établis, comme la Pologne, la République Tchèque ou la Hongrie, ont reculé du fait de coûts en hausse qui érodent leur compétitivité", explique le cabinet.

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Si l'Inde domine toujours outrageusement, notamment du fait du poids des entreprises américaines dans la dépense offshore (70 % du total), la croissance de la demande est aujourd'hui plus forte chez les donneurs d'ordre européens. Résultat : un regain d'intérêt pour les destinations où l'anglais n'est pas la langue dominante, comme l'Europe de l'Est, le Moyen-Orient ou l'Afrique du Nord.

Bulgarie et Roumanie tirent leur épingle du jeu

Inde, la fin de l'âge d'or ?
Alors que AT Kearney relève les "vulnérabilités" de l'Inde (fluctuations rapides de la roupie, terrorisme et interrogations suite au scandale Satyam),  le sous-continent perd également une place dans le World Competitiveness Yearbook (WCY). Ce classement, établi par l'école de management suisse IMD (Institute for Management Development), vise à évaluer la compétitivité d'une soixantaine d'économies dans le monde. Classée 30ème, l'Inde apparaît en déclin après avoir atteint la 27ème place en 2007. Le recul du sous-continent est notamment dû à des facteurs comme l'efficacité de son administration ou les infrastructures disponibles. Par contre, l'Inde se classe 13ème au "stress test" d'IMD, censé mesurer la capacité d'une économie à encaisser la crise économique actuelle.
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Des destinations dites nearshore où, justement, la hiérarchie se voit en partie bousculée. Notamment du fait du recul des pays d'Europe de l'Est, plombés par l'inflation des salaires et l'appréciation de leur monnaie face au dollar. La République Tchèque était 4ème de l'index AT Kearney en 2004. Elle se classe désormais 32ème. La Hongrie, la Slovaquie et la Pologne ont connu des "reculs similaires", ajoute le cabinet. "Tous ces marchés ont crû très vite sur les services informatiques et le BPO, commente Frédéric Giron, directeur des études au cabinet Pierre Audoin Consultants (PAC). Mais la demande intérieure a elle aussi progressé rapidement. Alors que les ressources sont limitées et que l'outil de formation n'est pas prêt à fournir de grands volumes. Bref, ces pays connaissent une vraie pénurie de compétences du fait de cette double demande".

Au sein du continent, ce glissement des quatre pays profite à leurs voisins bulgares (13ème de l'index) et roumains (19ème), qualifiés de "nouvelles stars de l'offshore en Europe" par AT Kearney. Une réalité que conteste toutefois Frédéric Giron, pour qui la Roumanie est également saturée : "nous avons récemment conseillé un client qui voulait recruter 30 personnes sur place pour développer son implantation. C'était tout simplement impossible". Selon lui, les vrais gagnants de ces tensions en Europe centrale seront des pays comme l'Ukraine : "Logica vient de déplacer dans ce pays un centre auparavant situé en République Tchèque", illustre-t-il. AT Kearney signale également l'émergence des pays baltes comme alternative à l'Europe centrale. La Lituanie se hisse ainsi en 21ème position, en se positionnant notamment sur les centres d'appel.

La montée en puissance de l'Afrique du Nord

atk2Surtout, pour les grands comptes hexagonaux, ce recul de l'attractivité de ce qui reste leur première destination offshore (les pays de l'Est représentent 35 % environ du marché de l'offshore en France estimé par Pierre Audouin Consultants à 1,2 milliards d'euros, soit 5 % du marché des services informatiques) pourrait profiter à d'autres destinations. Notamment en Afrique du Nord (entre 10 et 15 % des prestations délocalisées depuis la France aujourd'hui), où les donneurs d'ordre trouvent des compétences francophones fournies essentiellement par leurs interlocuteurs habituels, les SSII bien implantées dans l'Hexagone.

"La zone a le potentiel pour redessiner la carte mondiale de l'offshore", estime AT Kearney. En 2004, le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord ne classaient que deux pays dans l'index (Israël et la Turquie). Ils sont désormais cinq, emmenés par l'Egypte qui se hisse au 6ème rang. Pour les donneurs d'ordre francophones, deux autres pays - la Tunisie (17ème) et le Maroc (30ème) - poursuivent eux aussi leur progression. Selon AT Kearney, le Maroc, première destination de l'offshore francophone par la taille, compte déjà 25 000 personnes travaillant dans le secteur (ci-dessous une photo de Rabat Technopolis, une des zones dédiées à l'offshore mises en place par le gouvernement du Royaume).

Maroc : juste une étape sur la route de l'Inde ?

techno2Mais, pour Frédéric Giron, le phénomène ne pourrait être que transitoire : "le Maroc pourrait n'être qu'une étape vers l'externalisation en Inde, qui reste le hub mondial. L'objectif des SSII est avant tout d'améliorer le taux d'utilisation de leurs centres indiens, d'autant que les salaires au Maroc ne sont plus très loin des équivalents français sur les profils expérimentés. En parallèle, les grands comptes hexagonaux montent eux  en compétences sur la gestion de l'offshore, rendant le déplacement des activités en Inde envisageable". Selon lui, du fait des freins structurels en Europe de l'Est et en Afrique du Nord, la zone Asie-Pacifique risque de devenir la première destination de l'offshore en France dans les années qui viennent.

Signalons d'ailleurs, dans le classement d'AT Kearney, le bon positionnement d'un autre pays asiatique, le Vietnam (10ème), qui dispose de compétences francophones. Ce dernier vient de gagner 10 places au classement, du fait de la montée en puissance de son industrie de l'offshore, particulièrement sur les services IT. Et se classe même 3ème en matière de coûts.

En complément, lire nos articles sur le Maroc de l'offshore, fruit d'une semaine de reportage sur place :

- Casanearshore et Rabat Technopolis : les vitrines de l'offshore à la marocaine

- Le BPO francophone, l'eldorado dont rêve l'offshore marocain

- Ahmed Reda Chami, ministre marocain : "le Maroc s'est positionné sur la carte mondiale de l'offshore"

- Bilan d’une semaine au coeur de l’IT au Maroc (1/2) : les atouts du pays

- Bilan d’une semaine au coeur de l’IT au Maroc (2/2) : les pesanteurs

En savoir plus : l'intégralité du Global Services Location index d'AT Kearney

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Par sénéca
 Le 27/05/2009 à 08:16
Malheureusement, avec la nouvelle tendance néfaste à développer les marchés intérieurs des pays-cibles et à payer donc des salaires un tout petit peu décents à leurs employés, avec un minimum de garanties sociales, il est de plus en plus difficile pour les multinationales étrangères et leurs investisseurs d'engranger des bénéfices record en licenciant des salariés français et en les remplaçant par des demi-esclaves dans les pays "émergeants".

Dans ces pays, démocratie rime avec coûts élevés. Nos dirigeants politiques devraient cesser de mettre à l'index les dirigeants non-démocratiques de ces pays et au contraire, leur offrir une main secourable, car ce sont les seuls capables de contenir les revendications sociales de leurs citoyens.
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Par fred
 Le 30/05/2009 à 13:42
@Sénéca : désolé mais je ne partage pas votre analyse... mais c'est bien normal vu ma position. An contraire, dans tous ces pays, l'offshore a permis de former une population performante et bien mieux payée que ce qui se pratiquait avant. Quand je suis arrivé en Europe de l'Est, le ratio salarial était de 7. Il est maintenant de 2,3 environ. Mais la productivité est désormais quasi identique à la France ou l'Allemagne.
Effectivement, quand ces pays "emergent" suffisament, il s'y crée alors un marché local. A ces entreprises de savoir en profiter. Nous nous le faisons en Roumanie. Nous y "exportons" même des missions de conseil, produites par des salariés français, et de pilotage de heut niveau pour les nouveaux grands acteurs de l'économie. Le cercle est vertueux. Nos marges sont d'ailleurs supérieures sur le marché intérieur.

deuxième point, sur le fond de l'article. Ce que dit le Frédéric Giron doit être précisé. Dans la même période, nous avons recruté 130 personnes en Roumanie. Dont un groupe de développeurs couches basses télécom (introuvable partout)... de 40 personnes !

Je voudrai donc savoir de quelles compétences rarissimes il parle car depuis plus d'un an le marché RH du dev nouvelles technos java, .net) est beaucoup plus facile qu'il l'a été dans les années précédentes.

Pourrait-on avoir la précision ? Il est parfaitement possible de recruter 30 développeur J2EE en un mois en Ro pour une boîte bien organisée pour ça.

Enfin, je rédige ce commentaire depuis Hanoi, et je suis extrêmement satisfait de voir ce pays que nous adorons et que nous avons choisi faire de tels progrès dans le classement.

Notre unité compte maintenant 25 personnes (création 31/12/2008) et donne de bons résultats. Cet effectif compte 40% de francophones à ce jour.
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Par fred
 Le 30/05/2009 à 13:43
sorry pour le 1 mois pour recruter 30 personnes.. j'ai voulu dire 2 mois.
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Par Frank
 Le 16/09/2011 à 11:06
RETORUNEZ A L'ECOLE... VOUS CONFONDEZ L"OFFSHORE AVEC LES DELOCALISATION MULTINATIONALES, ... UNE OFFSHORE N'A PAS D'ACTIVITE COMMERCIALE DANS LE PAYS ET N'EMPLOI PAS DE LA MAIN D'OEUVRE DE CES PAYS DONT ELLE A IMPLANTE SON SIEGE SOCIAL... ALORS ARETEZ DE PARLER DE MAIN D'OEUVRE ET OFFSHORE... cette derniere n'est la que poru defiscaliser
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