Mais la mariée n’est pas parfaite : Axon Group n’a pas de bureaux en Europe continentale. Du coup, ce qui pourrait intéresser Infosys, au-delà de la SSII britannique, c’est son réseau de consultants SAP indépendants, Axon International. Parmi les membres de ce réseau, on relève notamment la présence de GFI Informatique. Interrogée sur ces intentions vis-à-vis du réseau Axon International, la direction d’Infosys s’est refusée à tout commentaire, avant la conclusion de l’acquisition.
Pour Dominique Raviart, analyste chez Nelson Hall, le réseau Axon International peut intéresser Infosys « pour réaliser des ventes supplémentaires en Europe. » Mais il n’anticipe pas de menace directe pour un GFI Informatique : « l’impact serait trop important pour la marge opérationnelle. » Et d’indiquer s’attendre toujours « à des rachats ciblés en France. »
Se renforcer sur le conseil SAP
Mais il n’y a pas que l’enjeu européen. Avec Axon Group, Infosys cherche aussi à développer ses activités à forte valeur ajoutée, afin de réduire la part du développement logiciel dans son chiffre d’affaires ; une activité sur laquelle la pression d’autres pays d’Asie commence à se faire sentir.
Sid Pai, analyste au sein du cabinet TPI (spécialisé dans le choix de prestataires), en Inde, relève qu’Infosys « dispose déjà d’une expertise SAP et dans le développement logiciel ; Axon lui apporte une expertise complémentaire dans le déploiement en réponse aux besoins de nombreuses industries verticales. » Dominique Raviart relève surtout que, « dans le domaine des PGI, on peut faire les développements en offshore mais le conseil doit se faire sur site. » Justement, Axon Group apporte à Infosys les effectifs nécessaires en Europe.
La SSII indienne revendique déjà une centaine de clients sur des projets SAP, dans plus de 20 pays, et plus de 2 100 collaborateurs spécialisés, le tout avec un chiffre d’affaires en progression de plus de 65 % en moyenne au cours des trois dernières années. Mais, globalement, le conseil et les solutions d’entreprise ne représentent que 24 % du chiffre d’affaires d’Infosys. Chez Axon, le conseil ne représente que 20 % de l’activité, mais l’implémentation des solutions d’entreprise compte pour 68 % du chiffre d’affaires.
Une bonne opportunité financière
Enfin, le rachat d’Axon permet à Infosys de trouver un usage pertinent à ses liquidités. Pour réaliser cette acquisition à plus de 500 M€, la SSII va en effet piocher dans son cash immédiatement disponible évalué à plus de 1,7 Md$ à la fin du second trimestre 2008.
Et d’apporter ainsi une réponse aux critiques qui reprochaient à Infosys de laisser dormir cet argent. Pour ne rien gâcher, Axon Group se porte plutôt bien : son bénéfice net avant impôts est passé de 4 M£ en 2003 à près de 30 M£ en 2007, tandis que son chiffre d’affaires progressait de 49 à 204 M£. Reste un défi pour Infosys : ramener la marge opérationnelle d’Axon Group à un niveau cohérent avec sa tradition, à savoir proche de 30 %. Pour l’heure, elle n’est que de 15 %. Mais l’espoir semble largement permis : la marge opérationnelle d’Axon Group n’était que 7 % en 2003.
L’acquisition doit être effective d’ici la fin du mois de novembre.
















