Le CEA et Bull ont annoncé aujourd'hui avoir signé un contrat de collaboration pour la conception et l’acquisition d’un supercalculateur pétaflopique. Le contrat, noué entre la Direction des applications militaires du CEA (CEA-DAM) et le constructeur français porte sur la réalisation de Tera 100, la troisième génération de supercalculateur Tera destiné au Programme de simulation français (après Tera1 et Tera 10).
Tera 100 devrait être assemblé d'ici à l'été 2010 et entrera officiellement en production à la fin 2010. D'ici la, Bull et les ingénieurs du CEA vont collaborer au sein d'un laboratoire commun pour développer les technologies nécessaires à la construction du supercalculateur. Cette phase de R&D, une première du genre en Europe, verra le CEA et Bull partager la propriété intellectuelle produite lors du programme. Cette clause est d'ailleurs vraisemblablement l'une des raisons qui a poussé certains constructeurs américains à ne pas participer à l'appel à candidatures. Plusieurs centaines d’ingénieurs et de chercheurs de très haut niveau devraient être mobilisés pour ce projet.
Dans leur communiqué les deux partenaires indiquent que les technologies pétaflopiques sont un enjeu majeur aussi bien pour la recherche universitaire que pour l’industrie et pour l’emploi. "La simulation numérique Haute Performance est devenu incontournable pour la modélisation et la simulation, notamment dans l’aéronautique, l’énergie, la climatologie, les sciences de la vie, la finance, le traitement de l’information, et également pour le développement durable et les économies d’énergie. Le Calcul Haute Performance est devenu un moyen d’investigation et de simulation indispensable, un atout majeur pour la compétitivité de la recherche et de l’industrie, enfin un élément fondamental de la souveraineté des Etats" explique ainsi le communiqué.
C'est aussi l'avis du MagIT mais avec une petite pincée de sel. Si un tel investissement est aussi précieux pour toutes ces industries, on aurait aimé que le premier supercalculateur de ce type ne soit pas cantonné aux seuls usages militaires. Les chercheurs "civils" pourraient toutefois avoir rapidement de quoi se consoler : Tera 100 pourrait être rapidement suivi d'un autre supercalculateur de classe Petaflops dans le cadre du programme européen Prace (Partnership for Advanced Computing in Europe).
Plus de 100 000 cœurs x64, 300 To de mémoire et 20 petaoctets de stockage
En principe la machine Tera 100 se présentera sous la forme d'un cluster composé de près de 100 000 cœurs processeurs. Chacune de ces puces devrait intégrer 6 cœurs processeurs. Tirant les leçons de son expérience en matière de calculateur, le CEA s'est fixé pour contrainte de limiter le nombre de nœuds dans le cluster. Dans le cadre de Tera 100, le nombre de nœuds serveurs devrait être d'environ 3000, ce qui suppose que nombre de nœuds intégreront 8 processeurs. Au total, la machine disposera de 300 To de mémoire et s'appuiera sur la technologie Infiniband pour les interconnexion(dans une architecture fat tree amaigrie).
Les entrées/sorties ne devraient pas être en reste au vu des volumes de données à traiter par le supercalculateur. 60 des 3000 serveurs du cluster seront ainsi dédiés à la gestion des seules entrées/sorties. Au total le supercalculateur disposera de 20 Petaoctets de stockage (géré par Lustre). 5 Po seront réservés au seul usage de la machine (stockage privé) tandis que 15 Po seront aussi accessibles par les utilisateurs. Le débit spécifié par le CEA entre le supercalculateur et sa composante stockage est de 300 Go/s, un débt qui devrait nécessiter la mise en service en parallèle de près de 10 000 disques durs.
La composante stockage du cluster devrait ainsi mobiliser pas moins de 162 nœuds de services, dont 6 noeud d'administration, 6 nœud de metadonnées, 100 noeud pour les objects data server et 50 pour les routeurs. Ce qui veut dire que 5% de la puissance du cluster sera mobilisé pour le seul stockage.
Le supercalculateur devrait occuper 600 à 700 m2 dans l'ancien bâtiment de Tera 1. Il devrait consommer environ 5 MW (infrastructure de refroidissement comprise). Les différents nœuds seront enfermés dans des racks refroidis par eau.














