Pour Intel et AMD, 2010 sera l'année des serveurs
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Après une année difficile qui a mis sous pression les budgets informatiques et contribué à geler certains projets d’infrastructure, l’année 2010 pourrait voir une reprise des investissement côté serveurs, une reprise que devrait doper l’arrivée d’une nouvelle génération de processeurs serveurs chez Intel et AMD. Entre les deux fabricants, la bataille s’annonce plus tendue que jamais. Intel et AMD devraient en effet présenter leurs derniers nés en mars avec, chez Intel, l’arrivée des Xeon Nehalem EX pour les serveurs x86 à quatre socket et celle des nouveaux Xeon 5600 « Gulftown » en 32 nm pour les serveurs bi-socket.
AMD de son côté devrait riposter avec ses nouveaux Opteron 6000 « Magny-cours » à 8 ou 12 coeurs physiques, des processeurs annoncés comme environ 60 % plus performants que les actuels Opteron « Istanbul » en utilisation réelle. Surtout le lancement des puces Magny-Cours devrait coïncider avec l’adoption par les constructeurs dans leurs serveurs des nouveaux chipset AMD. Disponibles depuis l’été 2009, ces composants apportent le support de la virtualisation d’entrées-sorties (IOV), une technologie déjà disponible sur les plates-formes Xeon « Nehalem » et supportée partiellement par VMware vSphere et Hyper-V (Citrix a aussi fait une démonstration d’une future version de XenServer avec support de SR-IOV lors du dernier Intel Developer Forum en septembre 2009). Nehalem EX, Gulftown comme Magny-Cours devraient encore doper significativement les performances des serveurs x86 et permettre d'atteindre des niveaux de consolidation encore inconnus sur plates-formes x86. Leurs performances devraient aussi permettre d'envisager la bascule sur architectures x86 de certaines applications jusqu'alors largement réservées à des serveurs Unix plus coûteux.
AMD espère regagner du terrain sur Intel
Dans la bataille entre Intel et AMD, le premier a largement pris l’ascendant sur le second en 2009, grâce au succès de ses Xeon à architecture Nehalem. Intel a ainsi réalisé 89,9 % des ventes de processeurs pour serveurs et stations de travail (soit un gain de 3,2 points) pour l’année écoulée, contre 10,1 % pour AMD. Pour ce dernier, 2009 aura été une année de rémission, une année où le fondeur a passé une bonne partie du premier semestre à regagner la confiance des constructeurs et des entreprises après le fiasco de ses premières puces quadri-coeurs Barcelona en 2008. Finalement, ce n’est qu’au second semestre 2009 avec l’arrivée de ses puces Opteron Istanbul dans les serveurs, qu’AMD a recommencé à regrignoter du terrain sur son concurrent. Reste que le lancement d’Istanbul n’a pas suffi pour permettre à AMD de concurrencer efficacement Intel sur le marché des serveurs bi-socket, qui représente plus de 80 % des livraisons de serveurs x86. Il lui a, en revanche, permis de conserver sa domination sur le marché des serveurs quadri-socket et plus, un marché lucratif où ses puces écrasent celles d’Intel.
Quadri-socket : Intel veut reprendre le leadership sur AMD
2010 se présente sous un nouveau jour. Sur le marché des serveurs quadri-socket et plus, Intel entend briser la domination d’AMD en lançant le Xeon 7500 « Nehalem EX », la première déclinaison de ses puces Xeon haut de gamme équipée d’un contrôleur mémoire intégré et du bus QuickPath (QPI). En amenant sur les grands serveurs x86 les technologies qui ont fait son succès en 2009 sur le marché des serveurs bi-socket, Intel devrait sensiblement doper les performances de ses serveurs. Reste qu’en face, AMD ne s’endort pas sur ses lauriers.
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| Bande passante mémoire comparée des puces serveurs (cliquer ici pour agrandir) |
Face aux Xeon 7500 à huit coeurs, le fondeur texan ripostera avec ses puces Opteron « Magny-Cours » à douze coeurs, des puces qui profiteront non seulement du nombre plus élevé de coeurs, mais surtout d’un bond considérable de la bande passante mémoire. Ainsi un système à quatre puces Opteron 61xx « Magny-cours » offrira une bande passante mémoire près de 2,5 fois supérieure à celle d’un système à quatre puces Opteron 84xx, mais aussi 25 % supérieure à celle d’un système à huit sockets Opteron 84xx. La bataille entre Intel et AMD devrait donc se poursuivre, et à couteaux tirés.
Bi-socket : AMD veut contrer les Xeon Nehalem
Sur le marché des serveurs bi-socket, l’affrontement entre les deux fondeurs devraient être encore plus saignant, AMD ayant l’ambition de renouer avec sa position d’il y a 4 ans, c’est à dire près de 20 % du marché. Sur le marché des serveurs d’entreprise, la bataille opposera les puces « Magny-Cours » à huit et douze coeurs physiques aux nouveaux Xeon GulfTown à quatre et six coeurs. AMD compte sur la bande passante accrue de ses processeurs et sur leur plus grand nombre de coeurs pour rivaliser en performance avec les systèmes Intel, notamment sur les environnements virtualisés, qui ont montré leur sensibilité à la performance mémoire et leur capacité à tirer parti des processeurs multi-coeurs.
AMD estime qu’un serveur bi-processeur Opteron 61xx devrait afficher une bande passante mémoire de 50 Go/s contre 32 à 37 Go/s pour les actuels Xeon 5500 (à titre de référence, un système bi-socket Opteron « Istanbul » actuel plafonne à 20 Go/s de bande passante mémoire). AMD s’attend à des gains de l’ordre de 60 % sur des applications traditionnelles et espère des gains encore supérieurs en environnements virtualisés. Rappelons que l’accroissement de la bande passante mémoire (3 à 3 fois et demi par rapport aux Xeon 5400) a largement contribué aux performances des Xeon 5500 « Nehalem ».
Consommation énergétique : un autre champ de bataille
Intel devrait donc perdre son principal avantage sur AMD, mais a encore quelques atouts dans sa manche. Le fondeur californien pourra notamment riposter sur deux axes. Grâce à la réduction de la gravure de ses puces à 32 nm, Intel pourrait enfin revenir à la hauteur d’AMD en matière de consommation énergétique. Si la consommation moyenne d’un Xeon 5540 est raisonnable - avec une enveloppe thermique ou TDP de 80W -, cette même puce poussée dans ses derniers retranchements peut allègrement consommer 130 W, soit environ 30 % de plus qu’un Opteron « équivalent ».
Intel aura aussi l’avantage de fréquences plus élevées ce qui pourrait payer pour certaines applications : AMD prévoit ainsi des puces cadencées entre 1,7 et 2,4 GHz, tandis qu’Intel envisage des fréquences entre 2,2 et 2,9 GHz pour ses puces hexa-coeurs. Sauf accident industriel chez l'un des deux fondeurs, les premiers systèmes équipés de ces nouvelles puces devraient faire leur apparition chez la plupart des grands constructeurs au début du printemps.












