La virtualisation dope la consolidation de serveurs
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En permettant la consolidation des infrastructures informatiques et la réduction des coûts, la virtualisation a émergé comme l’une des technologies phares au sein des entreprises. A tel point qu’elle est aujourd’hui le chantier prioritaire de la plupart des DSI pour 2010. L’effort de virtualisation ne devrait d’ailleurs pas être limité à cette seule année et devrait être massif sur les trois prochains exercices. Ainsi Gartner estime qu’à la fin 2009, seules 16 % des instances systèmes (ou workload) opérées dans les datacenters étaient virtualisées.
Cette part devrait passer à 50 % d’ici la fin 2012. Le nombre d’instances effectivement virtualisées devrait donc être multiplié par plus de trois. Une étude menée par nos partenaires de TechTarget entre juillet et septembre 2009 auprès de 900 administrateurs dans le monde indique que dans 16 % des entreprises, la virtualisation des infrastructures reste à initier, tandis que 51 % des répondants indiquent qu’il s’agira avant tout pour eux d’étendre les déploiements existants, notamment pour amener un plus grand nombre d'applications critiques sous le parapluie de la virtualisation.
Une autre tendance devrait aussi se traduire par plus de virtualisation côté serveur : l’adoption croissante de la virtualisation des postes clients conduit à centraliser l'exécution des environnements utilisateurs sur des fermes de serveurs virtualisés au coeur du datacenter. Et le tout se fait à une échelle qui est parfois sans commune mesure avec celle de l’infrastructure serveur en place. Ainsi une entreprise qui voudrait virtualiser 10 000 postes utilisateurs, doit se préparer à opérer au moins 10 000 machines virtuelles supplémentaires (VM) dans son datacenter (à supposer que chaque utilisateur n’ait accès qu’à une VM et pas à plusieurs...).
Une tendance accrue à la consolidation
Aujourd’hui, 58 % des répondants de l'enquête TechTarget déploient moins de 10 VM par serveur, tandis que 32 % d'entre eux déploient entre 10 et 20 VM par serveur virtualisé. Pour 10 % seulement, le nombre moyen de VM par serveur se situe dans une fourchette allant de 20 à 30. Ces chiffres sont assez conformes avec les pratiques des grandes entreprises françaises qui se sont attaquées à la virtualisation et montrent que les pratiques sont assez homogènes à l’échelle mondiale. Mais le plus intéressant dans les réponses fournies est l’accroissement graduel du nombre de machines virtuelles par serveur, qui montre l’appétit des entreprises pour davantage de consolidation (un appétit qui a sans doute été alimenté par la réduction des budgets en 2009).

Ainsi, 16 % des administrateurs ayant répondu à l’étude avouent un accroissement supérieur à 100 % du nombre de machines virtuelles par serveur, tandis que 30 % notent une augmentation de 50 à 100 %. 29 % indiquent avoir vu le nombre de VM par serveur progresser de moins de 50 %. Seuls 24 % des entreprises sondées par TechTarget n’ont rien changé. Pour l’anecdote, 1 % des répondants notent un recul du nombre de VM par serveurs.
| Réduire les risques liés à la consolidation |
| Si l’accroissement du nombre de VM par serveur apporte des gains économiques perceptibles, il porte aussi son lot de risques et accroit notamment l’impact potentiel d’une panne de serveur sur le SI. La consolidation de serveur doit donc s’opérer avec discernement. Reste que les évolutions logicielles des hyperviseurs permettent aussi de limiter, sinon de palier ces risques. Tous les hyperviseurs modernes proposent ainsi un mode dit de haute disponibilité qui permet le redémarrage automatique sur un autre serveur des VM affectées par une panne du serveur sur lequel elles résidaient. Ce redémarrage s’effectue toutefois au prix d’une courte interruption de service (qui peut toutefois se prolonger si la panne d’un composant logiciel en a affecté d’autres en cascade). Un second mécanisme de protection est appelé à devenir plus courant, celui de la tolérance aux pannes. déjà, VMware propose un mode FT permettant à deux VM de fonctionner en mode «Lockstep» sur deux serveurs différents. en cas de panne du serveur principal, les machines protégées par le mode FT poursuivent leur exécution sans interruption de service sur le serveur secondaire. Un tel support de la tolérance au panne existait déjà chez Stratus (qui commercialise une version modifiée de Citrix XenServer) et devrait aussi apparaitre dans les prochaines moutures de XenServer. Les équipes de développement de l’hyperviseur libre Xen ont en effet dans leur trousse à outil plusieurs mécanismes de tolérance aux pannes. Restent que ces mécanismes de protection ont un impact sur les performances et apportent des contraintes supplémentaires d’homogénéité des serveurs physiques. |
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Cet accroissement n’est pas vraiment une surprise. Il va de pair avec l’amélioration des capacités des serveurs et notamment avec l’arrivée des puces quadri-coeurs Xeon 5500 « Nehalem » d’Intel et celle des hexa-coeurs Opteron « Istanbul » d’AMD. Deux familles de puces qui ont contribué à doper les performances des serveurs virtualisés. Comme nous le verrons plus loin, 2010 devrait encore apporter une vague impressionnante de nouveaux processeurs et de plates-formes optimisées pour la virtualisation. Ce qui ne devrait que renforcer la tendance à la consolidation.
Car la plupart des administrateurs déploient aujourd’hui des VM en respectant un ratio de machines virtuelle par coeurs. Ainsi 39 % des répondants à l’étude TechTarget indiquent déployer une à deux VM par coeur, tandis que 40 % en installent 3 à 4. 13 % d'entre eux montent à 5 ou 6 VM par coeur. Et 4 % des entreprises font fonctionner 7 à 8 VM par coeur. Si ces métriques restent stables, 2010 devrait marquer une accélération de la consolidation, simplement en raison de l'accroissement du nombre de cœurs par puce. Intel va en effet faire passer ses Xeon bi-socket de 4 à 6 coeurs avec l’arrivée des Xeon « Gulftown » en 32 nm - attendus fin mars- et ses Xeon quadri-socket de 6 à 8 coeurs. AMD, de son côté, offrira 8 à 12 coeurs physiques par processeur avec ses puces Opteron 6000 « Magny-Cours », contre 6 pour les actuels composants de génération « Istanbul ».
Consolider complique l’administration
Si les administrateurs s’accordent sur les bénéfices de la virtualisation en matière de réduction des coûts et de flexibilité du SI, la plupart reconnaissent aussi qu’elle complique l’administration et pose de nouveaux problèmes en matière de gestion des entrées/sorties, de gestion des capacités ou de gestion du stockage.
2010 devrait d’ailleurs être mis à profit par de nombreuses entreprises pour s’interroger sur leurs outils de management et pour adapter leur instrumentation actuelle aux besoins des environnements virtualisés. Les principales difficultés remontées par les administrateurs portent notamment sur la sauvegarde des environnements virtualisés, sur la gestion des capacités, sur les problèmes de performances en entrées/sorties, sur la supervision des environnements virtuels et sur la gestion du stockage (voir tableau ci-dessous).

A ces problèmes, les constructeurs répondent en mettant en avant de nouvelles architectures « convergées » visant à simplifier la mise en oeuvre et l’exploitation de la virtualisation. Aiguillonés par l’irruption de Cisco sur le marché des serveurs et par l’alliance noué par le géant des réseaux avec EMC et sa filiale VMware, HP, IBM et Dell ont passé l’essentiel du second semestre 2009 a fourbir leur réponse à l’architecture convergente élaborée par l’alliance VCE (VMware, Cisco, EMC).
HP a été le premier à dégainer tout d’abord avec le lancement de son offre BladeSystem Matrix, puis avec le rachat de 3Com. IBM, de son côté, a noué d’étroits partenariats avec des spécialistes du réseau dont Brocade, Juniper et Blade Network, tandis que Dell faisait de même tout en renforçant sa propre offre de stockage iSCSI. La promesse de tous : simplifier le déploiement et l’exploitation d’infrastructures virtualisées en fournissant des solutions ou des architectures prêtes à l’emploi. 2010 devrait dire si ces premières tentatives tiennent leurs promesses.











