La virtualisation du poste de travail étale ses promesses... faute de mieux 

Le 16 mai 2008 (16:40) - par Valery Marchive

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Rubriques : Poste de travail - Virtualisation du poste de travail - Architectures VDI Tags : virtualisation - poste-travail - gartner

Sécurité, flexibilité, réduction des coûts… La virtualisation du poste de travail promet beaucoup. Certaines de ces promesses sont déjà tenues, d'autres perspectives laissent en revanche dubitatif. Pour certains, les projets sont lancés. Mais la question des licences mérite encore d’être éclaircie.

Gartner la place à la seconde position de sa liste des dix technologies les plus susceptibles de marquer fortement de leur empreinte les systèmes d’information des entreprises, à court et moyen terme. Certes, ce n’est pour l’instant qu’une goutte d’eau : le cabinet estime à quelque dix millions le nombre de postes de travail virtualisés dans le monde. Ce n’en est pas moins une réalité, et une vraie source de satisfaction, tout du moins pour Said Al-Shidhani, DSI de Petroleum Development à Oman, qui a déjà virtualisé les postes de travail de son entreprise.

Industrialiser l’administration du poste de travail

dsc 2337Lisbeth Gdalia, directeur senior en charge de la transformation des processus métiers des laboratoires Merial, explique pourquoi elle suit de près ce sujet : « on a commencé à en parler il y a deux ans. Nous n’avons par encore de pilote mais déjà un intérêt bien réel car le support du poste de travail coûte cher. » Comment ça ? Selon son expérience, « les gens s’approprient le poste de travail, au sens physique, et cela pose parfois quelques problèmes. » Le détail est bien connu : installation de logiciels, personnalisation excessive, contournement des restrictions, etc.

Brian Gammage, de Gartner, ne contredira pas Lisbeth Gdalia : « dans un environnement modérément administré, les coûts indirects d’exploitation du poste de travail peuvent représenter jusqu’à 50 % de la facture. » L’intérêt de la virtualisation ? « tracer une ligne pour délimiter les responsabilités de chacun, entre l’entreprise et la collaborateur. » L’analyste pousse même la réflexion plus loin : il va jusqu’à imaginer que l’entreprise cesse de fournir son ordinateur professionnel au collaborateur, le laissant à sa charge, pour ne plus lui offrir que son environnement de travail, virtualisé. Mais là, Lisbeth Gdalia ne suit plus, ni même Axel Haentjens, vice président marketing d’Orange Business Services, pour qui cette perspective semble, pour l’heure, incongrue.

Sécuriser les données et les applications

dsc 2271L'industriel Ibiden prévoit de virtualiser des postes de travail dans le monde entier, à moyen terme. Mais c’est l’impératif de sécurité qui anime cette entreprise. Pour Neil MacDonald, analyste du cabinet Gartner, l’idée est excellente. Et d’expliquer que la virtualisation permet de créer des « conteneurs » avec lesquels soit protéger un contenu d’un environnement potentiellement hostile, soit confiner des contenus malicieux dans un environnement sain : « en créant une couche d’abstraction, la virtualisation crée, au passage, une couche d’isolation. »

Reste à connaître le niveau de perméabilité de cette couche. Neil MacDonald estime que les solutions les plus sûres s’appuient sur des hyperviseurs, par opposition à une machine virtuelle hébergée dans le système d’exploitation du poste de travail : « l’hyperviseur offre une surface potentiellement vulnérable aux attaques bien plus réduite. » Et de fustiguer l’hyperviseur Hyper-V de Microsoft, « qui repose sur Windows Server 2008 et offre donc une surface d’attaque bien trop large », comparé à d’autres solutions plus légères. Plus loin, Neil MacDonald appelle au développement rapide d’hyperviseurs qui s’appuient sur les composants de sureté intégrés à certaines plateformes, à l’instar des puces TPM (Trusted Platform Module).

L’offre est prête, pas le marché

Pour Jean-François Jamet, directeur marketing d’IBM Software pour la France et l’Afrique du Nord-Ouest, « l’offre est là, mais il reste à faire un important travail d’éducation du marché. » Lisbeth Gdalia évoque là un déficit de compétences et des réticences face à ce qui ne relève finalement que d’un nouveau processus d’industrialisation : « les techniciens préfèrent prendre du temps pour trouver ce qui ne va pas » ; avec la virtualisation, au niveau du poste de travail, il n’en est plus question.

Brian Gammage, de Gartner, n’est pas loin de l’entendre de cette oreille sauf que, pour lui, le point de blocage touche essentiellement aux licences des logiciels : « typiquement, une licence Windows est liée au matériel, au poste de travail physique, pas à l’utilisateur ; ça va évoluer, mais lentement. Il faudra peut-être attendre Windows 7. »

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