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Olivier Marcoux, DSI du centre hospitalier de Saint-Dizier : « nous sommes en train de reconditionner nos vieux PC » 

Par La rédaction Le 17 juin 2010 (13:25)

Rubriques : Poste de travail - PC, portables et périphériques - Virtualisation du poste de travail - Packaging d'applications - Clients légers - Administration des postes de travail Tags : virtualisation - hp - ibm - citrix - vmware - hopital - xendesktop - esx

Au centre hospitalier de Saint-Dizier, la virtualisation des postes de travail s’est littéralement imposée comme seule perspective réaliste face aux évolutions organisationnelles induites par les nouveaux locaux. Au passage, elle a apporté un regain de souplesse pour la mobilité interne des médecins et permet d’offrir une seconde vie aux anciens postes de travail de l’institution.

Tout a commencé par le déménagement de l’hôpital de Saint-Dizier sur un nouveau site, en décembre dernier. Olivier Marcoux, DSI du centre hospitalier, se souvient : « avant, sur l’ancien site, nous avions des postes de travail conventionnels. Certes, nous nous posions la question du passage au client léger, mais nous n’avions pas de projet précis. » L’élément déclencheur, c’est l’organisation du travail sur le nouveau site : « toutes les consultations sont centralisées sur un même plateau, quelle que soit la spécialité des médecins », explique Olivier Marcoux. « Dès lors, le risque de multiplication des postes de travail est devenu très marqué. Il nous fallait une solution souple - notamment pour assurer la maintenance logicielle - car la DSI ne compte que quatre personnes. » Une analyse qui s’est avérée juste : le parc de postes de travail est passé, à l’occasion du déménagement, de 300 à 400 unités - dont 75 virtualisés. Une croissance rapide et significative à laquelle s’est ajoutée la préparation du déploiement du dossier patient informatique, induisant une multiplication des applications. 

Un poste de travail totalement virtualisé pour garantir la compatibilité applicative

La DSI de l’hôpital a opté pour XenDesktop, de Citrix, et décidé de virtualiser intégralement les postes de travail : « nous ne voulions pas courir le risque de rencontrer des incompatibilités avec les applications dans le cadre de leur seule virtualisation avec un XenApp, par exemple. En outre, nous voulions que chaque utilisateur ait son propre bureau - du Windows XP - plutôt qu’un bureau partagé, afin de préserver l’expérience utilisateur. » Le tout est servi sur des clients légers HP sous Windows XPE - « afin d’assurer la compatibilité avec les cartes à puce d’authentification, les cartes CPS », précise Olivier Marcoux.

[Téléchargez notre dossier sur la virtualisation des postes de travail]

Pour l'heure, seuls les postes fixes ont été ainsi virtualisés, mais « nous commençons les tests des clients légers mobiles pour les unités de soin, notamment dans la perspective du déploiement du dossier patient informatique. » Par ailleurs, plutôt que d’acheter quelques centaines de clients légers, le centre hospitalier de Saint-Dizier commence le reconditionnement des vieux PC. « Il nous faudra surtout changer les écrans (cathodiques, NDLR) pour rationaliser l’espace occupé sur les bureaux. Au final, le nombre de PC ainsi réutilisés dépendra du nombre de licences que l’on pourra acheter à Citrix. Nous avons déjà 10 PC ainsi placés en exploitation dans les salles de formation : la mise à jour est plus rapide ; les postes sont nettoyés après chaque formation, à partir d’un master unique. »

Une infrastructure taillée pour les postes de travail virtuels

Le changement de site a été l’occasion, pour le centre hospitalier, de se doter d’une infrastructure bien adaptée à la virtualisation des postes de travail : « LAN, réseau sans fil, tout à été revu. Avant, nous n’avions que 100 Mbps en cœur de réseau. Là, nous sommes passés à du Gigabit Ethernet avec un backbone 10 Gbps. » Le stockage, qui s’appuyait historiquement sur les disques internes des serveurs - associés à des unités de sauvegarde - a été consolidé sur un double SAN en réplication pour les applications métiers et les bases de données (sur des baies EMC Celera NX4, dotées de fonctions de déduplication et de Thin Provisionning), ainsi que des NAS pour le partage des fichiers bureautiques. Les serveurs, justement, s’ils sont loin d’être totalement virtualisés - un projet qui doit s’achever début 2011 -, commencent à être consolidés sur des BladeCenter HS-21 d’IBM embarquant ESX, de VMware (huit coeurs par lame pour 16 Go de Ram et 45 machines virtuelles).

Côté gestion des utilisateurs et de leurs profils, Olivier Marcoux se contente des fonctionnalités offertes par les outils Microsoft, notamment Active Directory.

Limiter le changement vécu par l’utilisateur

Si les postes de travail utilisent toujours Windows XP, c’est pour deux raisons : « nous n’avons pas besoin de plus que ce qu’offre XP aujourd’hui ; nos applications y fonctionnent bien. Surtout, il n’était pas question de déclencher une révolution dans l’établissement. » C’est donc un ensemble associant coût et conduite du changement qui a dicté ce choix. Quelques soucis ont tout de même été remontés au début du déploiement : « certains utilisateurs avaient du mal à ouvrir leur session; le temps de démarrage du poste virtuel pouvait être très long. Notre réseau avait besoin de réglages. Aujourd’hui, tout est rentré dans l’ordre ; les médecins ont d’ailleurs pris conscience de l’intérêt du poste de travail virtuel lorsqu'ils sont en situation de mobilité interne. »

[Téléchargez notre dossier sur la virtualisation des postes de travail]

La DSI de l’hôpital de Saint-Dizier se contente d’un unique master pour ses 75 postes virtualisés : « du coup, la gestion des évolutions des applications est relativement simple. Mais la mise à jour du master pourrait être améliorée ; elle n’est pas encore transparente pour l’utilisateur qui doit se déconnecter et se reconnecter. Hors, certains n’y pensent pas - nous avons des sessions ouvertes depuis 34 jours ! » Reste aussi la question de certains postes connectés à des équipements biomédicaux - sondes, appareils d’imagerie, etc. « Là, nous avons dû, pour le moment, rester au client lourd. » Mais la virtualisation des postes de travail a également permis « de proposer l’accès au SI depuis l’extérieur de l’établissement, à certains utilisateurs internes ou à des prestataires, sur VPN SSL. » Le principal bémol de l’aventure, à ce stade ? « Les clients légers qui, côté prix, ne sont pas vraiment légers. Ca a été la mauvaise surprise ; nous nous attendions à ce que ce soit moins cher. » Une motivation supplémentaire pour donner une nouvelle jeunesse aux anciens PC.

En complément :

- Pour le DSI du Pays Voironnais, pas de virtualisation du poste de travail sans gestion avancée des environnements utilisateurs

- L’expérience du SDIS de l’Eure illustre les contraintes du passage au client léger

- A Orléans, la Setao entame la virtualisation de ses postes de travail