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OpenText se dirige vers le cloud (mais avec une philosophie hybride)

Les éditions cloud des applications sur site d'OpenText arrivent. Elles concerneront les services de contenu, AppWorks, la sécurité et les applications d'entreprise. Même si les clients historiques ne sont pas si demandeurs que cela.

L'adaptation cloud de l'offre d'OpenText, baptisée OpenText CE (pour Cloud Editions), est en route.

Ces versions « CE » pourront être déployées à partir d'avril 2020 aussi bien sur le cloud privé de l'éditeur que dans des clouds publics - comme Google Cloud Platform (partenaire privilégié d'OpenText), Microsoft Azure ou AWS.

Les outils EIM « cloudifiés » comprennent les services de contenu, la plate-forme AppWorks, l'intelligence artificielle et les applications d'entreprise.

Il s'agit d'un tournant majeur dans la philosophie de développement de l'éditeur.

« Nous ne sommes pas nés dans le cloud, mais nous sommes en train de renaître dans le cloud », a ainsi déclaré Mark Barrenechea, PDG et CTO d'OpenText, dans son intervention à la conférence utilisateurs OpenText Enterprise World. « Nous ne sommes pas en compétition avec Amazon ou Azure... nous voulons nous concentrer sur les DSI et travailler en partenariat avec les départements IT internes, parce que nous pouvons gérer un déploiement OpenText mieux que vous, avec des coûts divisés de moitié. Nous le savons, nous l'écrivons noir sur blanc ».

Les précédentes versions d'OpenText EIM Suite (EP5 et EP6) sont déjà conteneurisées et certifiées pour fonctionner sur Google, AWS et Microsoft, assure pour sa part Muhi Majzoub, VP exécutif de l'ingénierie et des services cloud chez OpenText.

OpenText CE sera continuellement mis à jour selon un calendrier trimestriel - beaucoup plus fréquent que les cycles précédents. Des outils de déploiement devraient également aider les clients sur site à suivre ces mises à jour.

Hybride pour suivre les besoins des clients

OpenText va de la gestion des contenus d'entreprise, à la gestion des contenus Web (CMS) en passant par la sécurisation des terminaux des utilisateurs finaux (EDR), l'intelligence artificielle et la collaboration autour de documents, sans oublier des déclinaisons clefs en main pour des verticaux spécifiques comme les services financiers et juridiques, la santé et les sciences de la vie.

Nombre de ces clients historiques souhaitent néanmoins rester sur site - par exemple pour des raisons de conformité - ou se dirigent vers une architecture hybride avec un hébergement de leurs contenus partagé entre le cloud et le sur site.

« La marché nous en dira plus dans les cinq à dix années à venir. Quoiqu'il en soit nous travaillerons pour accompagner nos clients », explique Muhi Majzoub. « J'ai la conviction que nous resterons hybrides encore un certain temps ».

Patrick Chiu, directeur du contenu numérique à la Banque Royale du Canada, (basée à Toronto où se tient par ailleurs la conférence), confirme que l'EIM de son organisation restera sur site pendant encore quelques années. Il peut en effet s'écouler jusqu'à trois mois avant que l'équipe de sécurité de la banque ne certifie un nouveau logiciel, ce qui rend problématique la gestion des mises à niveau continues imposées par le cloud. Une migration n'est pas exclue, au contraire (« Cela se fera un jour - c'est le plan », concède Patrick Chiu), mais elle pourrait prendre deux ans ou plus.

Un peu tard... ou un peu tôt ?

La stratégie « tout feu tout cloud » affichée par OpenText arrive un peu tard si on la compare à l'avènement du SaaS. D'un autre point de vue, comme son portefeuille clients comprend de grandes entités gouvernementales et des grands comptes (comme UPS), qui gardent leur EIM derrière leurs murs, la stratégie peut aussi être vue comme en avance de phase. Nestlé, par exemple, garde tous ses contenus d'entreprise dans ses locaux, dans des « repositories » sur site sous OpenText Documentum, « et il est très peu probable qu'ils mettent tout cela dans le cloud dans un avenir proche », avance Muhi Majzoub.

Les agences gouvernementales sont également contraintes par des déploiements sur site, liées à la réglementation sectorielle et même à la loi dans certains cas.

« Cela va évoluer, mais il faut du temps aux entités gouvernementales pour changer d'avis sur une question aussi importante que la souveraineté des données », confirme Mike Donison, chef d'équipe des opérations de la fonction publique de l'Ontario - dont le respository de documents est entièrement sur site. Aujourd'hui, l'agence utilise une quinzaine d'applications OpenText et explore les possibilités de migration vers le cloud, mais le projet pourrait ne voir le jour que dans plusieurs années, confirme Mike Donison en écho à la Royal Bank of Canada.

Au final, le cloud ne serait pas aussi critique que cela pour OpenText. C'est l'avis de Lane Severson, analyste Gartner, qui n'entend pas beaucoup de ses clients poser des questions sur la conteneurisation des applications de l'éditeur.

Pour lui, OpenText CE aidera surtout l'éditeur face à des concurrents plus petits et plus agiles, comme Alfresco. Et surtout « ils ne veulent pas que leur marque soit réduite à "la vieille solution existante" [qu'il faut moderniser ou avec laquelle il faut conclure] », termine Lane Severson.

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