Portes dérobées dans l’iPhone : des fournisseurs Cloud se font entendre

A l’occasion d’une table ronde lors de RSA Conference 2016, des prestataires de services Cloud majeurs tels que Google et Microsoft ont discuté du bras de fer judiciaire qui oppose Apple au FBI.

Quelques uns des principaux fournisseurs de services Cloud ont fait entendre leur voix dans le bras de fer qui oppose Apple au FBI, lors d’un débat organisé à l’occasion du Cloud Security Alliance (CSA) Summit, la veille de l’ouverture de l’édition 2016 de RSA Conference.

Apple vient de contester une décision de justice qui le contraindrait à développer une version spécifique d’iOS, assouplie, afin de permettre au FBI d’accéder aux données de l’iPhone de l’un des auteurs de la tuerie de San Bernardino. Les participants à cette table ronde du sommet de la CSA se sont montrés critiques à l’égard de cette décision de justice et des actions du FBI.

Daniel Clayton, directeur des opérations de sécurité client de Rackspace, a beau comprendre les efforts des autorités pour accéder à ces données et décider ce qui peut être ou ne pas être fait grâce à la technologie, il estime que ni le gouvernement américain ni aucun autre « ne s’est jusqu’ici montré responsable dans ce rôle. Dès lors, c’est à nous qu’il revient d’être sûrs que nous le sommes ».

De son côté, Rajan Kapoor, responsable confiance et sécurité chez Dropbox, se range du côté d’Apple, tout en soulignant que son opinion n’engage que lui. Au moment de sa prise de parole, le spécialiste du stockage en ligne n’avait pas encore pris position dans le débat. Depuis, il s’est affiché parmi les soutiens d’Apple.

Une législation obsolète

Tim Rains, directeur sécurité chez Microsoft, s’est, pour sa part, fait l’écho des récentes remarques de Brad Smith, président et directeur juridique de l’éditeur. Pour ce dernier, la décision de justice s’appuie sur le langage d’une loi écrite et votée en 1912 – le All Writs Act –, soulignant qu’une machine de pointe de l’époque n’était pas capable de plus que de faire des additions. « Pour paraphraser [Brad Smith], nous avons de lois du 21e siècle pour nous protéger au 21e siècle ».

Eran Feigenbaum, directeur sécurité de Google for Work, a proposé une approche nuancée. « Je suis content qu’Apple ait tracé une limite. [Mais] je ne sais pas si elle a été tracé au bon endroit. Je pense qu’ils sont peut-être allés un peu trop loin et qu’ils vont progressivement devoir aller au-delà ».

Et de critiquer toutefois le système judiciaire qui, à ses yeux, « essaie de construire une nouvelle loi » en en utilisant une autre d’une manière différente de celle pour laquelle elle a été initialement conçue : « j’espère vraiment que cela va revenir entre les mains du législateur ».

Adapté de l’anglais.

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