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Chiffrement : le gouvernement américain relâche la pression

Pas question d’imposer des portes dérobées par la loi. Mais les discussions de gré-à-gré continuent. Peut-être ont elles déjà été suffisamment fructueuses ?

Le gouvernement américain semble avoir décidé de relâcher la pression sur le chiffrement. Nos confrères du Washington Post rapportent ainsi que le directeur du FBI, James Comey, a assuré, devant le Sénat, que « l’administration a décidé de ne pas chercher de remède législatif maintenant » à la question épineuse de l’accès aux échanges chiffrés.

Mais James Comey était plutôt connu, jusqu’ici, pour ses positions en faveur de portes dérobées, assurant notamment que les membres de l’Etat Islamique utilisaient des messageries chiffrées de bout en bout hermétiques à toute interception. Début juin, le salon Infosecurity Europe avait été l’occasion de nouvelles pressions sur le chiffrement, après celles déjà exprimées outre-Rhin et outre-Manche en janvier.

Les défenseurs des libertés individuelles et de la vie privée peuvent-ils souffler ? Pas sûr. De fait, James Comey semble s’être rallié aux positions d’Alan Woodward, expert en sécurité et consultant d’Europol : pour lui, la solution est à chercher dans une coopération de l’industrie IT avec les gouvernements, au travers de la création d’architectures permettant les interceptions légales. Une piste suivie notamment en France.

Ainsi, pour James Comey, « il est pertinent de continuer les conversations avec l’industrie ». D’autant plus que, selon lui, celles sont « de plus en plus productives ». En fait, si la voie législative n’apparaît plus nécessaire – pour le moment, du moins – c’est parce que, selon un « officiel sénior de l’administration [Obama] », cité sous couvert d’anonymat par nos confrères, la voie de la négociation semble bien finalement fonctionner : « nous nous sentons optimistes. Nous ne pensons pas à ce stade que ce soit une cause perdue ».

Alors que penser des messages rassurants des grands des technologies de l’information ? Peut-être qu’il cache plus de coopération qu’il n’y paru. Au sujet d’Apple, Guillaume Poupard, directeur général de l’Anssi, indiquait ainsi récemment qu’il « y a clairement des discussions qui sont en cours. Mon intuition, c’est que là où l’on va avoir des soucis, ce n’est pas avec eux ». 

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