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Sécurité des sites web en France : le bilan chiffré

Les sites Web sont omniprésents dans notre quotidien, qu’ils soient professionnels ou privés. Mais ils sont fréquemment vulnérables. Wavestone a tenté de quantifier le phénomène à partir de 128 audits de sécurité.

Yann Filliat, Wavestone

Les sites Web sont omniprésents dans notre quotidien, qu’ils soient professionnels ou privés : portail bancaire, site institutionnel, extranet, application Web métier, etc. Les impacts en cas d’exploitation de failles de sécurité sont nombreux : fuite d’information, impact sur l’image, fraude, etc. Si l’actualité nous prouve régulièrement les conséquences de telles failles, l’ampleur du phénomène est difficilement quantifiable. Ce benchmark, alimenté par 128 audits de sécurité réalisés entre juin 2015 et juin 2016, est l’occasion de chiffrer la palette des failles affectant ces sites Web.

Les premiers chiffres : 3 constats marquants

En étudiant ces résultats, un premier constat est ressorti nettement : 100% de sites étaient vulnérables à au moins une faille de sécurité ! Ces failles pouvant avoir des impacts différents, nous les avons donc catégorisées en fonction du risque qu’elles pouvaient engendrer : majeur, important ou mineur.

Nous avons alors observé que 60% des sites se trouvent vulnérables à des risques majeurs, permettant d’accéder à l'ensemble du contenu et/ou de compromettre le serveur. Cette situation est vraie pour 50% des sites exposés sur Internet et pour 75% des sites internes. Nous avions déjà l’intuition que la situation n’était pas bonne, et ce, quel que soit le secteur d’activité. Notre sentiment est désormais conforté par ces chiffres.

Les 4 zones à risques à surveiller

En zoomant sur les failles spécifiques, 3 zones particulièrement sensibles ont été découvertes. Tout d’abord, le contrôle d’accès, défaillant dans 44% des cas, montre que les accès et privilèges des utilisateurs sont trop peu vérifiés. Le dépôt de fichier représente également un vecteur d’attaque : dans 37% des cas, il a rapidement permis de compromettre le serveur applicatif. De plus, la possibilité de rejouer des requêtes à l’insu d’un utilisateur (XSRF ou CSRF) touche 2 tiers des sites : l’exploitation de cette faille peut, par exemple, autoriser un site tiers à remplacer à l’insu de l’utilisateur son adresse email de contact (l’attaquant pouvant dès lors utiliser la fonction de réattribution d’un mot de passe par email). 

Enfin, le langage de développement utilisé s’avère également être un facteur de risque. En effet, 75% des sites développés en PHP sont sujets à au moins une faille grave, contre 40% pour ceux développés en Java. Cependant, le nombre total de failles reste en moyenne identique, quelque que soit le langage.

Quelles solutions ?

La gestion actuelle des projets ne laisse pas beaucoup de place à la sécurité : mise en production urgente, projet dont on apprend l’existence à sa sortie, etc. L’intégration de la sécurité dès le début du projet est l’une des clés à maîtriser pour améliorer ce chiffre.

Cependant le rythme ne cesse de s’accélérer avec l’essor des méthodes agiles, DevOps… Pourrait-on réaliser un test tous les 15 jours alors qu’il n’est pas possible aujourd’hui d’en faire un seul avant la mise en production ? Ces nouvelles méthodologies sont pourtant une opportunité d’appliquer ce qui n’a jamais été possible : intégrer la sécurité en continu dans le processus de développement en rapprochant les contrôles des développeurs.

Car la réponse ne viendra pas uniquement d’investissements sur des nouveaux composants de sécurité, de contrôles a posteriori, etc. Il est plus que jamais nécessaire d’investir dans les compétences des équipes, en particulier des développeurs, pour que la sécurité soit bien plus qu’une étape dans des processus peu suivis, mais bien une réalité de chaque instant.

Méthodologie et périmètre

Les équipes de Wavestone réalisent chaque année plus de 300 audits de sécurité sur des périmètres variés. Avec une expérience de 10 ans en la matière, nous avons cadré la démarche de tests sur des sites Web en 47 points de contrôle. Nous avons consolidé les résultats de 128 sites Web, testés entre Juin 2015 et Juin 2016, auprès de 82 structures appartenant au Top 200 des entreprises françaises, issus de 8 secteurs d’activités différents : Banque/Assurance, Médical, Énergie, Services, Telecom, Transport, Institutions Publiques.

Ces 128 sites, répartis en 85 sites exposés sur Internet et 43 exposés en interne, étaient dans près de 90% des cas réalisés sur des applications en fonctionnement (hors version beta/en développement). Dans le respect de nos engagements en matière de confidentialité, les données de ce benchmark ont été rendues anonymes : la collecte est uniquement statistique.

Yann Filliat est manager au sein de la practice Cybersécurité et Confiance numérique de Wavestone. Il pilote conjointement l’équipe des auditeurs de sécurité qui regroupe plus de 40 personnes. Il participe en particulier depuis plus de 8 ans à des missions de tests d’intrusion permettant d’alimenter ces résultats.

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