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Recrutements Open Source : les SSLL mettent le turbo

Anne-Marie Rouzeré

C'est finalement le 1er février qu'Alterway accueillera la première promo de sa Libre Académie. Soit huit jeunes diplômés et deux seniors en reconversion, recrutés pour être formés pendant quatre mois. Une deuxième promo devrait suivre en juin 2012. L'idée était dans l'air depuis le salon Linux de mai dernier. « Couvrir 25 à 30% des besoins de recrutement» via une formation sur mesure, en immersion dans des équipes de projet. S'il a fallu neuf mois à cette PME de 150 personnes pour la concrétiser, ce n'est pas faute de postulants. Près de deux cents candidatures reçues. Mais le niveau n'y est pas toujours, tant en compétence qu'en motivation.

C'est d'ailleurs une constante dans le milieu de passionnés de technique que sont les « pure players » de l'Open Source. Bien avant le diplôme, c'est la capacité à s'adapter qui compte. Capacité à s'intégrer dans un mode de fonctionnement d'entreprise apprenante (auto-formation, communauté de pratique, industrialisation des projets, etc). Et si les perspectives d'emploi de cette filière sont particulièrement prometteuses, jusqu'à s'attribuer 40% des emplois IT en 2020 (selon

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la roadmap de l'Open World Forum 2008), il reste encore à résoudre le déficit de formation à certaines technologies dont pâtit ce secteur.

Il y a là « un goulot d'étranglement qui perdure», comme le constate Philippe Montargés, pdg d'Alterway. Une tension qui s'ajoute pour les SSLL, généralement de taille modeste, au rouleau compresseur de la concurrence des grandes SSII positionnées sur le même créneau d'embauche. « Il nous faut exister à côté des Capgemini, Atos, Bull et autres grands acteurs», remarque Patrick Benichou, président d'Open Wide. Sans compter que le déficit de compétences caractéristiques de l'Open Source, régulièrement signalé aux autorités, reste manifeste chez les jeunes diplômés. Population cible pour une bonne moitié des postes ouverts à l'embauche.

L'éventail des technologies en cause est large, même si les environnements Java et PHP accaparent la majorité des embauches prévues dans le secteur (54%, selon la dernière étude emploi du Ploss, réseau francilien des entreprises du logiciel libre, éditeurs et services).  
 
Tension sur les profils expérimentés et l'environnement PHP

Alors, marché tendu ou pas ? Comment se profile 2012 ? « Par rapport à 2010-2011, on arrive à faire le distinguo entre le besoin en profils expérimentés et les postes nécessitant des compétences en développement plus largement diffusées, notamment Java, pour lequel le marché se détend», nuance Patrick Benichou. La réduction de voilure des secteurs gros consommateurs de sous-traitance (dont les banques-assurances) y est pour beaucoup. « On voit revenir vers les équipes des spécialistes Java, alors que dans le domaine du web, la demande ne faiblit pas », ajoute le dirigeant d'Open Wide. Et d'envisager autant d'embauches en 2012 qu'en 2011. Voire dix de plus (une trentaine de postes ouverts au total) selon l'évolution de la conjoncture.

Même constat chez Smile qui affiche 165 embauches au compteur de 2011 (pour un effectif total de 500 salariés en France) et en prévoit une centaine en 2012. Avec une attention particulière pour les profils adaptés au développement web (environnement PHP), tant il est vrai que les écoles et universités françaises n'ont guère intégré cet appel à compétences dans leur cursus. « Former à PHP, c'est encore considéré comme moins noble que porter l'étiquette Java », constate Sabrina Baouze, chargée de recrutement chez Smile.

Renforcement du dispositif de sourcing

Pas question pour autant, dans le contexte d'incertitude qui marque ce début d'année, d'invoquer une situation de pénurie de personnel qualifié. Malgré les tensions avérées sur certains profils. D'où l'insistance mise par ces structures de taille modeste sur le couplage embauche et formation. Moyennant la mise à contribution (c'est le cas de le dire, en milieu Open Source) des équipes en poste, et un renforcement du dispositif de sourcing.

A lire également
-Impact du logiciel libre en France (étude Opiiec, Observatoire paritaire des emplois et compétences en informatique, juin 2008).
-Le secteur du logiciel libre en France, créateur d'emplois (enquête 2011-2013) à télécharger sur le site du Ploss (réseau des entreprises du logiciel libre en Ile de France)
-Annuaire des professionnels du logiciel libre : sur le site linux-france.org et par régions sur le site lea-linux.org
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Chez Alterway, au delà des nouvelles recrues de sa Libre Académie (20 à 30 sur l'année 2012), l'on continue de miser sur les contrats d'apprentissage et l'accueil de stagiaires, pour atteindre l'objectif de doublement des effectifs en trois ans (250 salariés à fin 2013). Pour Smile, cela passe par la mobilisation de cinq personnes à la DRH, et par l'accueil de 80 stagiaires en 2011 (60% en région parisienne, 40% en régions) avec, au terme du stage de six mois, un taux de conversion en embauche proche de 80%. Deux parades  également mises en place chez Open Wide, avec deux chargés de recrutement en plus à la DRH et une porte plus largement ouverte aux stagiaires (une quinzaine actuellement).

Quant au sourcing des profils expérimentés, d'autant plus convoités que le turnover dans le milieu SSLL est moindre qu'en SSII classiques, il profite des pratiques propres à l'écosystème Open Source (communautés techniques, source de 68% des embauches selon l'enquête Ploss, mentionnée ci-dessus). « Avec le haut niveau de technicité, c'est notre force, y compris à l'égard des entreprises clientes, qui se disent sensibles au respect des règles de contribution», avance Patrick Benichou.

Zenika : l'attractivité de la technicité
Jusqu'à l'été 2011, Zenika, pure player open source, n'avait pas de commercial. De quoi cependant assurer une activité de conseil et d'ingénierie de haut niveau technique pour une soixantaine de consultants. De quoi aussi passer à la vitesse supérieure dès 2012, avec une quarantaine d'embauches prévues (et, cette fois, une équipe commerciale constituée). « Le marché le justifie », explique Carl Azoury, l'un des quatre fondateurs associés, confiant dans l'attractivité de la technicité, tant à l'égard du personnel en poste («zéro turnover depuis six ans ») que des candidats mais aussi des entreprises clientes. Ce qui lui permet d'avancer que « 90% de nos embauches se font sur profils et non sur missions », contrairement à la pratique courante des SSII qui recrutent en vue de décrocher des contrats. S'y ajoute le mode de management de l'entreprise, résolument axé sur le principe « employee first, customer second » prôné par Vineet Nayar (pdg de la SSII indienne HCL). Un mode qui, outre les pratiques de R&D « ouverte » propres à la sphère du logiciel libre, amène chaque ingénieur-consultant à se positionner aussi en formateur. D'où une certaine émulation intellectuelle, reconnue par ailleurs. En témoignent notamment les quelques 150 candidatures spontanées reçues en 2011. Dans la foulée des 28 embauches réalisées en 2011, l'année 2012 s'est ouverte avec l'arrivée de quatre nouvelles recrues.
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