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Témoignage crise en Tunisie : Genitech met ses serveurs en télétravail

Cyrille Chausson

Le télétravail et Skype pour passer la crise tunisienne. C’est ainsi que Genitech et sa filiale implantée à Tunis ont pu braver les difficiles conditions politiques en Tunisie de janvier dernier. Spécialisé dans le développement de moteurs de règles notamment, Genitech (140 employés pour 11 millions d’euros de chiffres d’affaires) a implanté sa filiale Genitech Tunisie dans le pôle technologique Elgazala (en photo), dans la banlieue de Tunis. Une filiale dont la vingtaine d’employés (un unique responsable français, associé à des responsables tunisiens) prennent en charge les opérations de développement d’application (principalement Java et C #) et de processus ainsi que de maintenance. Cette unité en Tunisie travaille uniquement pour des clients français et n’adresse pas le marché local. Un vrai produit du nearshore, en somme.

A l’époque du conflit, mi-janvier, des grèves générales et des scènes de pillages, les grosses entreprises technologiques qui, à l’image

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d’Orange, SFR ou encore HP plaçaient dans le pays une partie de leurs centres d’appels pour orchestrer le support vers la France, commencent à rerouter leurs services délocalisés vers d’autres sites, ou encore à activer des procédures d’urgence. Des opérations d’envergure qui n’entrent pas forcément dans  les procédures en place dans de plus petites entreprises comme Genitech.

Didier Plas, Pdg du groupe, explique qu’un des points clé des opérations pour maintenir les activités de sa société sur place a été de récupérer les serveurs qui synchronisaient les activités de développements de la filiale tunisienne avec les serveurs localisés à Paris. Et là a été l’urgence confie-t-il, tout en ajoutant que le technopôle  Elgazala a toujours été protégé par l’armée - un pôle qui comprend quelque 80 % d’entreprises étrangères, et n’a donc pas été touché par les pillages. “Dès les premiers affrontements à Tunis [le conflit ayant démarré dans le Sud, NDLR] et l’instauration d’un couvre-feu, nous avons demandé aux équipes de stopper les activités et demandé de ne pas prendre de risques”, souligne-t-il.
La procédure d’urgence a donc été de récupérer les serveurs et de les réinstaller rapidement, explique-t-il. Pour cela, pas de plan de continuité à proprement dit, mais bien de l’huile de coude et un soutien des équipes locales qui après avoir “bravé les barrages citoyens” et récupéré les deux serveurs, ont réinstallé les marchines à leur domicile pour relancer les activités pendant le week-end - les premières échaufourées ayant démarré le vendredi . La seconde étape a également de connecter tout les employés via Skype pour rétablir la communication entre les membres de l’équipe, alors disséminés, et le centre parisien.

Renforcer les communications


“Sur Paris, nous avons ensuite renforcé l’équipement en place”, continue Didier Plas, qui affirme que les processus de la société impliquaient déjà un stockage du code sur les serveurs parisiens. “De plus, ajoute-t-il, tous les applicatifs sont localisés à Paris”. Pas de grosses modifications donc concernant les processus, “il fallait juste s’assurer que les bonnes versions de code étaient stockées à Paris”. En revanche, Genitech a dû adapter ses outils de communications pour contre-balancer les différences de trafic occasionnées par l’utilisation des connexions internet domestiques de l’équipe locale (l’ADSL n’est pas généralisé en Tunisie).

“Nous avons augmenté notre capacité de communication pour offrir à nos équipes une bande passante plus importante et ainsi palier le manque de débit en local”, raconte-t-il.  Résultat, entre 24 et 48 heures d’interruption seulement. “Le temps de récupérer et de réinstaller les serveurs.” Et Didier Plas d’ajouter que les activités de maintenance et de support ne s’en sont pas ressenties.

Si aujourd’hui la situation reste difficile et ce,  sans doute pour les 6 prochains mois - “tant qu’on ne saura qui prendra la tête du pays et succèdera à Ben Ali”, Didier Plas demeure confiant face à la question que tout le monde se pose. La crise tunisienne a-t-elle terni l’image du pays comme un havre du nearshore ? Optimiste - “c’est bien une machine qui marche”- , il souligne toutefois que “ceux qui n’y sont pas encore passés, risquent probablement d’être refroidis” après le conflit. Mais quoiqu’il en soit, les investissements étrangers resteront “un vecteur de développement pour le pays et le prochain gouvernement sera tourné vers le commerce international et le nearshore”, prédit-il.

Dans son classement 2011 des destinations offshore (le Global Services Index), le cabinet A.T Kearney classait la Tunisie au 23e rang, en perte de 5 places. Il est vrai que le même cabinet, plus obsédé semble-t-il par les coûts que par la stabilité géopolitique ou le respect des droits de l'Homme, positionnait aussi la Chine au 2e rang, l'Egypte au 4e rang (en hausse de 2 places) et le Vietnam au 8e rang. Par chance pour A.T. Kearney, la Libye et le Bahrein ne figurent pas sur son classement. Mais la Jordanie et le Pakistan sont respectivement 22e et 28e. Côté grands pays européen, le Royaume-Uni est 16e (un tropisme anglo-saxon d'A.T Kearney ?), tandis que l'Allemagne est 26e, bien loin devant l'Espagne (42e) et la France, classée au 44e rang. 


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