Crédit Agricole, EDF, FT, Natixis, etc. : quand les grands comptes font sortir de terre de nouveaux datacenters "verts" 

Le 04 janvier 2010 (17:30) - par La rédaction

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Rubriques : Datacenter - Green Datacenters Tags : datacenter - france-telecom - green - cea - datacenters - petaflops - edf - green it - credit-agricole - natixis

Alors que leurs vieilles installations arrivent à saturation et ne sont plus à même de faire face aux besoins des architectures modernes, les grandes entreprises françaises investissent massivement dans une nouvelle génération de datacenters plus verts. Situés hors de Paris, où le manque de puissance électrique et le coût du m2 rendent la construction de nouveaux équipements impossible, ces nouveaux grands datacenters sont l'œuvre de sociétés comme Crédit Agricole, EDF, France Télécom ou Natixis. Sans compter bien sûr le datacenter du CEA destiné à héberger le supercalculateur pétaflopique Tera100.

Après l'éclosion en France des premiers "eco-datacenters" en 2009, avec notamment la mise en service de nouveaux centres chez HP (à l'Isle d'Abeau) ou IBM (à Montpellier), 2010 et 2011 devraient voir entrer en service une nouvelle génération de grands datacenters mâtinés de préoccupations vertes chez plusieurs grands comptes français parmi lesquels France Télécom, EDF, Crédit Agricole et Natixis.

Dans tous les cas, ces nouveaux centres informatiques ont pour mission de faire face aux impératifs des nouvelles architectures informatiques. Ils doivent notamment répondre aux besoins électriques nés de la densification des équipements (on parle de puissances de l'ordre de 2 à 2,5 KW par m2 en moyenne - ce qui laisse de la marge pour des îlots à très forte densité). Dans tous les cas, la redondance est de mise avec des bâtiments classifiés Tier 4, soit le plus haut niveau de disponibilité pour un datacenter (ou "Tier 3+", puisqu'il est difficile en France d'avoir plusieurs fournisseurs d'électricité différents…). Ainsi, dans la plupart des cas, l'ensemble des chemins d'alimentation sont redondés, que ce soit pour l'alimentation entrante du bâtiment ou pour la desserte électrique des racks. Le refroidissement des salles est lui aussi systématiquement doublé de même que la connectique réseau avec des chemins de câbles passant par des salles de brassages disjointes... Bref de quoi obtenir une disponibilité des services supérieure à 99,995 %.

22 MW/h pour chacun des deux centres de France Télécom

Si toutes les techniques récentes sont mise en œuvre pour minimiser l'impact environnemental de ces nouveaux datacenters, la voracité énergétique des petits derniers est tout simplement phénoménale avec des consommations pouvant excéder 22 MW/h pour les plus importants, comme les deux centres jumeaux qu'entend mettre en service France Télécom à Val de Reuil, au Sud-Est de Rouen. Soit deux fois quelque 4 % de la puissance d'un réacteur nucléaire moyen.

Il faut dire que l'on ne parle pas de petits centres, mais bien d'investissements de grande ampleur. Ainsi, le premier des deux nouveaux datacenters HQE (haute qualité environnementale) que Natixis a mis en service dans l'Est parisien a une surface au sol de 11 000 m2, tandis que celui qu'achève actuellement EDF à Val de Reuil (également) aura une surface de 16 000 m2, un vrai géant par rapport au datacenter voisin d'Altitude Telecom (mis en service en 2009), qui aura tout de même coûté la modique somme de 10 M€ pour 3 000 m2 de surface. Le datacenter d'EDF aura pour mission d'héberger les infrastructure de calcul de consommation de l'électricien et son coût global, équipements informatiques compris, devrait friser les 50 M€. Natixis et EDF ont confié l'architecture de ces bâtiments au cabinet ENIA Architectes.

Val de Reuil ou le nouveau "datacenter land"

EDF ne devrait toutefois pas rester longtemps le plus gros pourvoyeur de datacenters de Val de Reuil (une ville nouvelle créée au début des années 70) puisque France Télécom prévoit la mise en service début 2011 du premier des quatre bâtiments informatiques occupant chacun près de 10 000 m2. Ces nouveaux datacenters doivent, selon l'opérateur, répondre à des critères de haute qualité environnementale. Il n'empêche : une fois l'ensemble des infrastructures en service, la consommation des datacenters locaux de l'opérateur devrait atteindre 2 x 22 MWh.

Notons enfin que Crédit Agricole Immobilier devrait prendre livraison en septembre 2010 de deux centres de production informatique pour le groupe, tous deux situés en banlieue de Chartres, à Mainvilliers et à Fontaine-La-Guyon. Ces deux sites, de près de  13 000 m2 chacun, pourront à terme être ouverts à des clients externes. Le seul site de Mainvilliers représente, selon l'agglomération de Chartres, un investissement de près de 25 M€ pour la banque verte.

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Par Fred Bordage
 Le 06/01/2010 à 09:07
Votre article n'aborde pas les aspects "verts" (comme indiqué dans votre titre) de ces nouveaux centres informatiques. Quel sera par exemple leur PUE respectif ?
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Pertinence du commentaire : 3
Par La rédaction
 Le 06/01/2010 à 11:57
Bonjour Frédéric,

Sans entrer dans les détails car nous y reviendrons dans un dossier plus complet, les grands datacenters qui entrent en service en 2010, visent tous un PUE (Power Usage Effectiveness - une mesure d'efficacité énergétique des datacenters-) de l'ordre de 1,3 à 1,45. Des chiffres qui ne tiennent pas compte pour certains des éventuels gains que peut générer la réutilisation d'une partie de la chaleur dégagée au sein du datacenter à des fins de chauffage public ou de chauffage de bâtiments de bureau.

Reste que l'obsession pour le seul PUE n'est pas très saine. Le PUE n'est après tout qu'un indicateur de la performance du bâtiment et notamment de ses composantes électriques et refroidissement (bref du bon travail effectué par les électriciens et climaticiens. Il n'est en aucun cas un indicateur de la performance globale du datacenter, au sens service informatique rendu à l'entreprise.
Ainsi un datacenter moderne avec un excellent PUE, peut n'héberger que des serveurs dont le taux d'utilisation est assez faible (disons environ 30%). Le résultat ne sera guère satisfaisant en matière de "rendement informatique". A l'inverse, un datacenter un peu plus ancien, avec un moins bon PUE, et hébergeant des serveurs chargés à 70% rendra un bien meilleur service informatique à l'entreprise.
En fait, il manque à l'industrie un ratio d'efficacité de type MIPS rendu par Watt consommé, qui serait sans doute bien plus pertinent que le seul PUE.
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Par Val
 Le 11/01/2010 à 22:52
44 MW/h, cela fait tout de même 4 tonnes de CO2 à l'heure soit près de 350.000 tonnes de CO2 par an!
Je pense que la question de l'efficacité énergétique se pose clairement: si pour refroidir ces 44MWh, il faut 17MWh supplémentaire (PUE de 1.4), cela alourdit d'autant plus la facture environmentale! Je suis d'accord pour dire que le PUE n'est pas la seule métrique Green et que l'on pourrait parler de W par "MIPS" mais une bonne ingénieurie du DC pour utiliser par exemple le "Free Cooling" est indispensable.
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Par La rédaction
 Le 12/01/2010 à 01:46
On parle ici de 44 MW de puissance électrique en entrée du datacenter, donc cela comprend le refroidissement. Par ailleurs 85% de l'électricité hexagonale étant nucléaire, il faut aussi tirer une croix sur les 350 000 t de CO2 (ce qui n'élimine pas les éventuelles questions de sécurité, pas plus que les problèmes de production, de recyclage et de retraitement du combustible, ou de démantèlement des réacteurs, mais c'est un tout autre débat...).

Si nous sommes d'accord avec vous sur le fait qu'une bonne ingénierie du datacenter doit viser le PUE le plus bas possible, ce ne sera pas toujours l'intérêt immédiat d'une DSI. Sur le plan des émissions de CO2 et de la consommation d'énergie, il sera parfois plus efficace pour elle d'opter pour plus de consolidation, plus de virtualisation ou plus d'investissement dans de nouveaux serveurs, que dans la rénovation du datacenter afin de gagner quelques points de PUE.
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Par Val
 Le 12/01/2010 à 10:59
je suis d'accord sur le fait que les 44MWh englobe toutes les consomations y compris le cooling

Cependant pour le CO2, le calcul est fait sur la base des chiffres EDF en France: 1KWh = 90g de CO2 généré
A titre de comparaison, aux USA, la moyenne est de 600g de CO2 par KWH. C'est tout le bénéfice pour la France d'avoir une énergie à 80% nucléaire et 17% hydro-électrique. source: http://www.developpement-durable.gouv.fr/energie/renou/textes/se_bilan.htm
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Par brp
 Le 15/01/2010 à 15:18
La vraie question qu'on peut se poser, c'est pourquoi dépenser ces investissements alors qu'on reste très loin des PUE des datacenters de Amazon et de Google ?
On fait paraitre comme une avancée quelque chose qui reste encore très en retard par rapport à l'état de l'art.
Pourquoi ne pas dire très clairement que le sujet de l'externalisation de data centers chez des industriels est ressenti par nos entreprises comme une atteinte stratégique ? (stratégie dont la rationnalité reste à prouver d'ailleurs; la plupart des dirigeants font venir leur stratégie de leurs tripes plutot que de leur raisonnement, cf l'autobiographie de l'ex PDG d'IBM)
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Par Edouard Breton
 Le 28/01/2010 à 13:37
Bonjour,

Tout d'abord, quelques précisions : dans l'article, à chaque fois que l'on parle de consommation, il faut s'exprimer en MWh et indiquer la durée sur laquelle cette consommation s'est effectuée. Sinon, il faut parler en puissance et l'exprimer en MW. Le datacenter de 4 x 10 000 m2 de FT, d'une puissance totale de 44 MW, consommerait donc à terme 44MW x 8760h/an soit 385 GWh d'énergie consommée par an (au maximum si la courbe de charge est constante, ce qui n'est pas le cas).

Deuxième point, à EDF, le cout direct en emission de CO2 est de 38,1 g/kWh. A cela, il faut ajouter le coûts du transport (+8%) et rajouter tous les autres coûts liés au cycle de vie des centrales. Pour 2008, le coût total est donc de 42g x 1,08 soit environ 46g / kWh livré chez le client (source www.edf.com).

Sur une année, le DC de 44 MW rejette donc indirectement 17 730 t de gaz à effet de serre équivalent CO2 par an, soit 2t/h (44MW x 8760h x 46 t/ GWh).

A cela, il est également important de rajouter les fuites de gaz frigo, inévitables sur les groupes froid des systèmes de climatisation, et qui ont un pouvoir 1300 fois supérieur à celui du CO2.

Merci donc de corriger l'article en conséquence pour tout ce qui est des unités.

Sinon, l'article est interessant. Félicitations et vivement le dossier complet.
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