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Orange passera en 2020 de dix datacenters à seulement trois

Sur le modèle de Normandie 1, l’opérateur va construire deux nouveaux bâtiments plus économes en énergie et plus denses. Bien qu’ils soient très efficaces, OBS ne compte pas s’en servir pour concurrencer les loueurs de salles informatiques.

D’ici à l’année prochaine, Orange aura remplacé ses dix datacenters français historiques par trois bien plus modernes. Il s’agira des bâtiments Normandie 1, en service depuis 2012, Normandie 2, dont la première pierre a été posée cette semaine sur le campus de Val-de-Reuil en présence de Stéphane Richard et d’un autre à Chartres, qui n’a pas encore de nom et dont le chantier doit bientôt être lancé.

Ces datacenters seront dédiés pour une moitié aux besoins internes de l’opérateur télécom et pour l’autre aux clients d’Orange Business Services (OBS).

Chacun d’eux offrira six salles informatiques de 900 m2 qui présentent la particularité d’être refroidis à 92 % du temps par l’air ambiant, ce qui revient à une économie d’énergie d’environ 50 % par rapport à une salle climatisée. Ces espaces sont par ailleurs optimisés pour accueillir des serveurs plus denses, afin de réduire l’espace occupé au sol.

Ce projet à 100 millions d’euros vise à réduire la facture qu’Orange paie d’ordinaire pour héberger ses infrastructures. L’opérateur dément en revanche vouloir s’en servir pour concurrencer les acteurs immobiliers des datacenters.

Pas question de commercialiser des mètres-carrés

« Ces datacenters présentent des avantages dont nous pourrions faire la publicité auprès des clients d’OBS soumis à certaines contraintes réglementaires : ils respectent l’environnement, puisqu’ils n’utilisent que 8 % du temps des systèmes de climatisation, ils sont fiables puisque situés à la croisée de plusieurs lignes EDF et construits en zones non inondables », dit au MagIT Cédric Prévost, le directeur marketing Services Managés et Sécurité du département Orange Cloud for Business.

Rappelons que parmi ses activités de services, OBS commercialise notamment une offre de cloud IaaS public, Flexible Engine. A date, elle correspond à 120.000 VMs, pour 3500 clients, qui s’exécutent depuis 70 datacenters partenaires et dans lesquels Orange doit louer l’espace qu’il occupe. Le nouveau parc de bâtiments permettrait à OBS d’héberger ces machines virtuelles au meilleur prix.

« Cependant, nous ne voulons pas nous positionner comme un Microsoft Azure qui met en avant la qualité de son infrastructure. Notre valeur est d’être agnostiques et de nous focaliser sur le service. Ces datacenters ne serviront pas à commercialiser des mètres-carrés », s'empresse d'ajouter Cédric Prévost.  

« OBS est avant tout une ESN. Nous proposons effectivement de gérer les infrastructures de nos clients, mais la priorité reste de le faire le plus intelligemment possible : c’est-à-dire dans les bâtiments d’un Equinix s’il y a déjà des clouds privés auxquels ils doivent se connecter, ou chez Azure, AWS et autres Google s’ils utilisent déjà leurs services. Si rien de précis ne conditionne un emplacement ou un autre, alors nous les hébergerons dans nos propres Datacenters, où nous pouvons réaliser une économie d’échelle », poursuit-il.

Il précise qu’OBS conserve bien une activité immobilière d’hébergement d’infrastructures physiques laissées en infogérance. « Cela dit, cette activité historique est devenue minoritaire. La tendance chez nos 26.000 clients est de ne plus posséder de serveurs, même pas de machines virtuelles en IaaS. La plupart d’entre eux désirent juste que nous mettions à leur disposition des services pour exécuter leurs applications et bases de données », dit-il, en laissant entendre que le modèle économique du Serverless bat son plein parmi les clients d’OBS.

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