Supercalculateurs : dominateurs, les Américains fêtent le premier cluster Petaflop mondial

La publication du dernier Top500 des supercalculateurs mondiaux confirme la suprématie des Etats-Unis. Avec près de 60% de la puissance du classement, le pays continue de dominer outrageusement le monde du calcul scientifique et financier. Même si les grandes capitales européennes ont pris la mesure du problème, elles peinent à réagir. Ainsi le plus rapide des clusters français, celui de l'Idris, n'a franchi la barre des 100 Tflops que cette année... avec trois ans de retard sur BlueGene/L.

La liste des supercalculateurs les plus puissants de la planète a été publiée aujourd'hui par le site Top500.org, à l'occasion de l'ouverture officielle de la conférence ISC 2008 sur le supercomputing qui se tient à Dresde. Cette publication officialise le franchissement de la barrière du petaflops (un million de milliards d'opérations à virgule flottante par seconde) par le cluster Roadrunner installé par le département de l'énergie américain (l'équivalent de notre CEA) au laboratoire national de Los Alamos (LANL). Roadrunner est un cluster hybride qui allie puces x86 Opteron et puces Cell. Assemblé par IBM, il affiche pour l'instant une puissance Rmax (performance maximale au test Linpack) de 1026 Tflops et une performance théorique de 1375,78 Tflops.

Les n° 2 et 3 du classement sont aussi des clusters assemblés par IBM pour des laboratoires gouvernementaux américains, à savoir les Lawrence Livermore National Labs du Département de l'énergie et l'Argonne National Laboratory. Le premier, BlueGene/L, a une puissance Rmax de 478,2 Tflops et le second une puissance de 450,3 Tflops.

Le cluster Ranger, assemblé par Sun pour l'université du Texas, pointe à la quatrième position avec ses 15 744 processeurs Opteron quadri-coeurs et affiche une puissance Rmax de 326 Tflops, une puissance qui devrait encore progresser dans les mois à venir. Enfin, le numéro cinq sur la liste est encore un cluster gouvernemental américain, celui des laboratoires d'Oak Ridge avec un cluster Cray XT4 d'une puissance de 205 Gflops.

Etats-Unis : 60% de la puissance mondiale

Globalement, les Etats-Unis écrasent le reste de la planète en matière de supercalcul avec près de 60% de la puissance du Top 500, loin devant l'Allemagne (8,23 %) et le Royaume-Uni (7,03 %). La France, désormais quatrième puissance mondiale avec 6,08 % de la puissance du Top500, loge deux clusters à plus de 100 Tflops dans le Top 10 (celui de l'Idriss, 9ème, et un cluster de Total au 10e rang). Au 13e rang vient un cluster d'EDF, suivi au 32e et 42e rang par les deux clusters Itanium du CEA. Le Japon poursuit son recul sur la scène mondiale et n'est plus qu'au cinquième rang avec 4,71% de la puissance du Top 500.

pib gflops

La puissance de calcul reste dans tous les cas un luxe de pays développés. Et les dix premiers pays mondiaux en terme de PIB concentrent 90 % des systèmes et de la puissance installée du Top500 (voir tableau ci-dessus).

L'Europe : trois ans de retard

Si la puissance installée est un indicateur de l'avancement scientifique et technique d'un pays et de sa puissance de recherche, l'Europe et l'Asie peuvent avoir du souci à se faire face aux Américains qui, avec quelque 27,5 % de la richesse mondiale, contrôlent près de 60 % de la puissance de calcul.

Plus grave, si l'on s'en tient aux performances pures, les Etats-Unis ont aujourd'hui près de trois ans d'avance sur les Européens en matière de performance. Le plus rapide des calculateurs européens, celui du Forschungszentrum Juelich, affiche ainsi une puissance de 180 Tflops, soit moins que le score du premier supercalculateur américain il y a deux ans et demi. Autant dire une éternité à l'échelle de l'informatique.

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