Déploiements en entreprise : Android rattrape laborieusement son retard sur l’iPhone

Alors qu’Apple a mis l’accent sur les usages professionnels avec la version 3.0 du système d’exploitation de son iPhone, Google s'intéresse lui aussi au sujet avec la version 2.1 d'Android 2.1 qui équipe son smartphone Nexus One. Cette mouture comble un peu le retard du géant de l'Internet sur le terrain des usages professionnels. Mais le compte n'y est toujours pas.

L’entreprise est un terrain à priori inattendu pour l’iPhone. Mais le succès est bien là : réunions, salons… Les iPhone se multiplient dans les mains des professionnels. Apple a, semble-t-il, bien compris l'enjeu et la dernière version en date du système d’exploitation de son iPhone, a veillé à répondre à nombre des attentes de ce public : compatibilité avec les serveurs Exchange (avec le support du mode Push mais aussi et surtout avec le support des politiques de sécurité et du carnet d’adresses global), support des VPN Cisco (en plus de PPTP et de L2TP/IPSec, et avec authentification par plusieurs moyens dont RSA SecurID), support des comptes et abonnements CalDAV (avec prise en compte des délégations, etc.). Ajoutons à cela le copier/coller, la saisie en disposition paysage ou encore le support de WPA2 Entreprise et de 802.1X ou encore le chiffrement intégral de la mémoire dans l’iPhone 3GS et la boucle est bouclée.

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Les profils de configuration permettent d'industrialiser le déploiement des iPhone.

La firme à la pomme  a même dédié une page Web à la question du déploiement des iPhone en entreprise, le tout accompagné d’un outil de gestion des profils de configuration plutôt efficace. Bref, la liste est longue, même si Apple conserve une longueur de retard sur RIM en matière de sécurité

Un train de retard

En face, Google a également fait des efforts. Mais le brouhaha entourant le lancement de son Nexus One – avec Android 2.1 – ne suffit pas à cacher les lacunes d’une plateforme qui semble loin d’être prête pour le monde de l’entreprise. Par exemple, le support d’ActiveSync est tout à fait partiel : s’il fonctionne parfaitement avec les Google Apps, il ne supporte pas les politiques de sécurité d’un serveur Exchange. Un manque signalé à Google par un bon millier d’utilisateurs. Et c’est loin d’être le seul. Toujours avec Exchange, il convient d’ajouter l’absence d’intégration automatique de signatures professionnelles, de commandes Accepter/Refuser dans les e-mails pour les invitations à des réunions ou encore de support du carnet d’adresses global.

Sur le terrain du collaboratif et de la communication, la possibilité de déplacer des messages d’un dossier IMAP à un autre fait partie des requêtes des utilisateurs, de même que l’intégration avec Google Docs ou encore le support des comptes et abonnements CalDAV.

Mais ce n’est pas tout. Sur le terrain des fonctionnalités réseau, la liste des lacunes est également longue : pas de connexion possible à des réseaux WiFi dont le nom (SSID) est caché, ou encore à des VPN Cisco (même si L2TP et PPTP sont désormais supportés). Le support de WPA2 Entreprise semble partiel et il est n’est pas possible, pour l’heure, de configurer de proxy pour l’interface WiFi.

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Configuration d'un VPN avec Android 2.0.

Pour finir, ajoutons encore l’impossibilité d’utiliser un terminal Android comme modem 3G via son interface Bluetooth – ce n’est possible, nativement, qu’en USB.

Android, le paradis des bidouilleurs ?

Certes, Android est encore une plate-forme relativement jeune. Et elle progresse : avec la version 2.0 (version dont les sources sont aujourd'hui disponibles), il est possible de consulter dans une seule fenêtre les messages reçus via différents comptes de courrier électronique ; une chose impossible avec l’iPhone. Mais, avec une version de test d’Android 2.01 développée à partir des sources actuellement disponibles, nous n’avons par exemple pas réussi à accéder à un compte IMAP pour lequel seules les authentifications MD5 et Kerberos sont supportées.

Au final, au-délà du buzz généré par le moindre mouvement de Google – légitimement, compte tenu de sa place sur Internet –, sa plate-forme Android semble encore loin de pouvoir concurrencer des Blackberry de RIM ou encore même les iPhone d’Apple. Pour le moment, du moins. Car Google peut compter sur une communauté très active, au moins dans son effort de remontée de bogues et de demandes de fonctionnalités. Sans compter tout un écosystème de bidouilleurs pour lesquels Android semble constituer un terrain de jeu sans égal… et surtout sans le chemin de croix de l’AppStore.

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