Google fait briller un Nexus One sans grande innovation

Google sort officiellement, dans un vaste tintamarre médiatique, son Nexus One, lui conférant le statut de vendeur de téléphone portable. A l’exception de quelques ajustements mineurs de l'OS maison Android, le terminal ne se distingue guère des autres smartphones haut de gamme du marché. Même concept, même modèle économique.

nexusjpgAprès des semaines de buzz sur lnternet, Google fait enfin atterir son Nexus One sur le marché de la téléphonie mobile. Un terminal fabriqué par HTC et co-brandé Google, à mi-chemin entre l’iPhone dont chacun dit qu’il est le concurrent principal et le Palm Pre, très en vogue actuellement outre-Atlantique. Sans surprise, c’est Android dans sa version 2.1 qui a la charge de piloter le Nexus One.

Stratégie avancée par la firme de Mountain View : “pousser l’industrie à s’ouvrir en tentant de reproduire sur les téléphones portables l’environnement qui a permis au Web depuis les PC de progresser à des taux détonants", explique Vic Gundotra, vice-président de l’ingénierie chez Google, à nos confrères du New York Times. Sans oublier bien sûr d'associer systématiquement le tout à la publicité contextualisée, centrale dans le modèle économique du groupe et qui, grâce au Nexus One, s’offre un énième canal - celui-ci maison - de diffusion.

La VoIP maison en natif

Si Android était pour Google un premier pas vers un Web mobile plus ergonomique, plus accessible et répondant plus aux canons maison, le Nexus One vient renforcer cette idée. Mais côté hardware cette fois : la firme de Mountain View muscle physiquement le terminal qui abritera l’OS déjà sous-stéroides, tout en respectant lui-même ses propres spécifications. Un peu à l’image de Chrome OS qui doit fournir un accès optimisé aux applications Saas - notamment celles de Mountain View- , comme nous l’écrivions fin novembre.

Ainsi, l’OS Android embarqué dans le Nexus One subit quelques ajustements mineurs par rapport à la version intégrée au dernier Droid de Motorola. On remarque notamment l’apparition d’une fonction de réduction de bruit, la personnalisation de l’écran d’accueil (via des widgets ou par l’ajout de raccourcis supplémentaires) ou un outil de gestion de photos et de vidéos. Plus utile, les ajouts d’un module de reconnaissance vocale qui permet notamment de “taper” à la voix ses mails sur Gmail et bien sûr de Google Voice qui amène la VoIP en natif sur l’appareil.
Le Nexus One est également équipé d'un puissant processeur SnapDragon de Qualcomm cadencé à 1 Ghz, une puce qui équipe aujourd’hui que très peu d’appareils (le HD2 de HTC). Mais ça s’arrête là.

Beaucoup de buzz pour pas grand chose

Comme l’indique un analyste Forrester sur son blog, ce lancement, brillamment orchestré par Google, n’est ni plus ni moins qu’une affaire de communication. Car, finalement, Google propose avec le Nexus One un terminal en ligne avec ce qui se vend aujourd’hui sur le marché, avec une stratégie identique sur le plan commercial : vente directe ou via un opérateur. Ni plus, ni moins.

Google pourra toutefois compter sur les revenus supplémentaires générés par la vente de son appareil qu’il compte effectuer lui-même pour un prix fixé à 529 dollars (179 $ avec un abonnement de 2 ans via l’opérateur T-Mobile aux US). La commercialisation débute par les Etats-Unis, mais le terminal pourra être acheté depuis la Grande-Bretagne, Singapour et Hong-Kong. Pour l'instant, rien n'est donc précisé concernant la France, même si la rumeur prétend que SFR serait sur les rangs (l'opérateur pourrait proposer le Nexus One pour 200 euros). Plus tard, la boutique en ligne Google ouverte pour l’occasion devrait également proposer davantage de produits de la marque, confirme le groupe, sans toutefois préciser la nature même de ces produits.

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Pour Google, ce lancement est donc avant tout une façon de profiter un peu plus de l'inérêt croissant pour son OS mobile Android, dont la demande devrait exploser en 2010 selon le cabinet d’étude ChangeWave (voir ci-dessus le sondage effectué en décembre par le cabinet auprès des décideurs IT américains). Selon lui, 21 % d’un panel de plus de 4 000 utilisateurs comptaient en décembre investir dans un terminal Android d’ici 90 jours. Un formidable bond pour l’OS Open Source en terme de popularité dû notamment à l’arrivée du Droid de Motorola. La tendance devrait se poursuivre en 2010 et menacer un peu plus les positions de l’iPhone.

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