Encore un référentiel : Togaf vise à apprivoiser l'architecture des SI

Arismore et l'Open Group, fondateurs de l'Architecture Forum France, sont venus présenter aux architectes français la version 9 du référentiel Togaf. Et dévoiler leur stratégie visant à en faciliter l'accès par les entreprises : traductions, kit de démarrage, guide en français et formation.

Sensibiliser les entreprises françaises à l'architecture d'entreprise. C'est la mission que se sont fixés Arismore (société spécialisée dans l'accompagnement des entreprises à la transformation de leur SI) et l'Open Group (consortium d'industriels définissant des standards dans l'ingénierie logicielle), au sein l'Architecture Forum France, un groupe d'architectes français fondé par les deux organisations. Lors de la conférence des praticiens de l'architecture d'entreprise, organisée hier à la Maison de la Recherche par ledit groupe, Arismore et l'Open Group mettaient en avant la version 9 de Togaf (The Open Group Architecture Framework), un cadre standard qui définit des procédures, des concepts et des démarches de gouvernance d'architectures d'entreprise. La particularité de ce référentiel ? Il fait collaborer étroitement le monde de l'informatique et le monde du métier et les place au coeur de cette démarche d'architecture, dans le but de piloter la transformation du SI. Pour au final, gagner ainsi en agilité.

« Togaf offre deux éléments, explique Eric Boulay, Pdg d'Arismore et représentant de l'Architecture Forum France. D'abord un référentiel de tout ce qui est utile pour valoriser la transformation d'une entreprise, comme des principes d'architecture, des modèles en couche, puis des règles de management et de gouvernance. » En clair, un ensemble de bonnes pratiques qui doivent faciliter l'accès aux principes de l'architecture d'entreprise ainsi que sa mise en place.

Cette version 9 correspond « à la maturité de Togaf. On passe d'un mode de description à un mode tourné vers l'usage », explique-t-il. En ce sens, cette dernière mouture désormais plus mature est, par voie de conséquence, devenue plus lisible.

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La roue du Togaf qui correspond aux phases de transformation du SI (Source Open Group)

Sensibiliser les entreprises

Tout à leur stratégie de pousser l'architecture d'entreprise et le référentiel Togaf dans les entreprises françaises – « et surtout d'en faciliter l'accès » -, Arismore et l'Open Group ont accompagné la version 9 d'un ensemble d'outils entièrement dédiés à la démocratisation de Togaf.

Au programme : un guide de poche en français, une offre packagée permettant de faire une évaluation de la maturité des pratiques d'architecture d'entreprises dans une organisation et - pierre angulaire de cette stratégie d'ouverture - un kit de démarrage permettant de définir son projet à partir de Togaf. Le tout est accompagné d'une offre de formation adéquate.

« Nous sommes bien dans une phase d'appropriation », confirme Eric Boulay, tout en rappelant que de grands entreprises commencent à utiliser Togaf. Optimiste, il explique également que la structure du marché pousse à adopter les principes d'architecture et à transformer les SI. « En France, les très grandes entreprises [celles à qui adoptent en premier Togaf, ndlr] ont une double nécessité : devenir internationale, et par conséquent se transformer. » Ce qui fait de Togaf et des architectures d'entreprise les compagnons de la mutualisation ou de la rationalisation, tant des ressources que des coûts. Ainsi que des accélérateurs du time-to-market.

Un usage embryonnaire dans l'Hexagone

Steve Nunn, vice-président et directeur opérationel de l'Open Group, souligne quant à lui, que si Togaf est un principe mondial, il est principalement adopté aux Etats-Unis et en Afrique du Sud « où le marché est plus mature ». Et cite la Chine comme le pays où l'intérêt des entreprises pour le référentiel progresse le plus vite. En revanche, « le concept d'architecture d'entreprise est moins mature en France où il est freiné par un problème de dénomination [dans l'Hexagone, c'est essentiellement une thématique IT, et non de management et de gouvernance, ndlr]. Parmi les pays les plus actifs dans les contributions en Europe, on retrouve la Grande-Bretagne et la Hollande. Vient ensuite la France ». Et Steve Nunn de rappeller que quelque 2000 outils et modules Togaf ont été téléchargés par les entreprises françaises. Mais seulement 99 personnes auraient obtenu une certification au référentiel en France. Autant dire que l'usage de Togaf reste embryonnaire dans l'Hexagone.

La formation, un enjeu majeur

Reste donc une grosse difficulté : identifier les personnes capables de faire le pont entre l'IT et le métier, commente Eric Boulay, qui pense qu'un des enjeu de l'adoption de Togaf se situe dans les écoles. Là où sont formés les urbanistes, les architectes et les ingénieurs. Et là où finalement, on pourrait trouver les profils qui allient à la fois des compétences de manager et de modélisation.

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