Linux sur le poste de travail : un impératif en période de vache maigre ?

Oui, Linux arrive sur le poste de travail. Comme alternative à Windows. Mais il ne le fait, majoritairement, que sous la pression financière et, encore, à petite échelle, selon une étude Freedom Dynamics commandée par IBM. Pas de quoi se réjouir pour la communauté du libre. Mais peut-être un indicateur sur la voie à suivre et, pour Microsoft, sur la pente contre laquelle il doit lutter.

Freeform Dynamics a sondé 1 275 professionnels des SI. Des sondés majoritairement familiers de la question de Linux comme système d’exploitation pour le poste de travail (à 90 %). De quoi constituer un panel particulièrement biaisé, comme le soulignent d'ailleurs les auteurs de l’étude. Mais les résultats de celle-ci n’en sont pas instructifs. Tout d’abord sur les motivations. A 70 %, les sondés attribuent leur intérêt pour Linux sur le poste de travail à des impératifs de maîtrise des coûts. La sécurité n’arrive qu’en seconde motivation (à plus de 30 %), suivie par la fiabilité. L’indépendance vis-à-vis d’un éditeur de logiciels propriétaires n’arrive que plus loin, à un peu plus de 15 %.

La lutte en faveur du logiciel libre serait-elle, dans les entreprises, une simple diversion, masquant des questions plus prosaïques ? La question peut interpeler les défenseurs de l’Open Source. Mais c’en est une autre qui peut retenir l’attention de Microsoft : Windows est-il tout simplement trop cher ? Et celle-ci semble d’autant plus pertinente que le géant de Redmond travaille actuellement à la tarification de Windows 7, son prochain système d’exploitation pour le poste de travail. Une tarification que Dell anticipe comme trop élevée.

Coût : avantage à Linux

Et il ne s’agit pas uniquement de coût de licence. Selon plus de 80 % des sondés, Linux est plus facile à sécuriser. Ils sont encore plus de 60 % à le juger plus souple à provisionner et à déployer ou même à supporter et à exploiter. Comme le souligne Freeform Dynamics, la question est désormais posée : Linux est-il mûr pour remplacer Windows sur tous les postes de travail ? Les déploiements concrets ne semblent pas plaider en faveur d’une réponse positive : pour une majorité de sondés, Linux se contente au maximum de 20 % des postes de travail. Et tant pis si, théoriquement, près de 40 % des sondés estiment pouvoir déployer Linux sur plus de 81 % de leurs postes de travail : la réalité des déploiements semble très éloignée de la théorie. De quoi pousser les auteurs de l’étude à indiquer qu’ils prévoient d’approfondir la question des besoins des utilisateurs.

L’humain, principal défenseur de Windows

Dans une certaine mesure, au-delà d’éléments rationnels bruts, le maintien de Windows dans les entreprises semble, au moins en partie, dû à des éléments humains. Ce que Freedom Dynamics traduit par « la politique et la réticence de l’organisation » : un frein à l’adoption de Linux sur le poste de travail pour plus de 60 % des sondés, suivi de la résistance des utilisateurs à 60 %. La disponibilité et la compatibilité des applications n’arrivent qu’en troisième position, à environ 50 %. Au final, pour les auteurs de l’étude, tout cela relève du très célèbre : « si ça marche, autant ne pas y toucher. » Mais pas uniquement : « il y a aussi la question de la cohérence entre l’environnement de travail et les logiciels utilisés à la maison. » Et là, Windows domine aussi. L’usage personnel du PC serait-il une forme déguisée de formation professionnelle ?

A qui s’adresse Linux ?

Mais Freeform Dynamics a poussé son questionnaire plus loin en s’intéressant aux populations concernées par les déploiements en production de Linux sur le poste de travail. Et là, un constat s’impose : Linux ne « parle » pas à tout le monde. A plus de 70 %, les sondés estiment que l’OS libre est bien adapté aux personnels de la DSI. Ce pourcentage tombe à un peu plus de 40 % pour les techniciens en général et les personnels affectés à des opérations transactionnelles. La part chute à environ 30 % pour les personnels non techniques ; à moins de 20 % dès que l’on touche aux experts de Microsoft Office ou aux nomades ; et à moins de 10 % pour les créatifs. Ce qui n’empêche pas, pour autant, 29 % des sondés d’indiquer que Linux a été déployé auprès de populations que l’on pourrait qualifier de hors cible.

Forts de leur expérience, les sondés expriment deux conseils – qui peuvent sembler de bon sens : prendre en compte les aspirations des utilisateurs finaux d’une part, et valider la compatibilité applicative d’autre part. Et, pour ce dernier point, les solutions ne manquent pas, de l’application native à la virtualisation applicative.

Pour aller plus loin:

L'étude complète de Freeform Dynamics

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