Entretien avec Dennis Quan, IBM, SmartCloud Enterprise

Nos confrères de SearchCloudComputing se sont entretenus avec Dennis Quan, vice-président Smartcloud Enterprise d'IBM au sujet des éventuelles passerelles entre SoftLayer et OpenStack.

IBM a fait une avancée remarquée sur le marché du Cloud Computing en rachetant SoftLayer pour 2 milliards de dollars début juin. Trois mois après, les phases d’intégration étant en cours, SearchCloudComputing s’est entretenu avec Dennis Quan, vice-président Smartcloud Enterprise chez IBM pour évoquer les intentions du groupe en la matière.

Quan est responsable de la plate-forme technologique sur laquelle reposent tous les services Cloud d’IBM. Son intérêt pour le Cloud a émergé en 2007, lorsque son équipe a développé le premier Cloud d’IBM avec Google et la National Science Foundation. Il a depuis occupé plusieurs postes à responsabilité ces 14 dernières années.

Pouvez-vous nous détailler comment IBM envisage de différentier SoftLayer et Smartcloud face à la concurrence d'Amazon Web Services ?
Dennis Quan : SoftLayer est représentatif du mouvement «né sur le Web». Ils disposent de 100 000 serveurs dans le monde ainsi qu’un portefeuille de produits très vaste. Ils proposent le modèle de machine virtuelle pour le cloud public qu’ont de nombreuses entreprises, mais je pense que ce qui les différencie des autres fournisseurs de cloud est leur capacité à proposer un service de machine physiques à la demande, ce que nous appelons «Bare Metal as a Service».

Lorsque vous pouvez proposer ce modèle, vous avez également la capacité de proposer plus de puissance et bien plus de bande passante pour moins de latence. De nombreux clients ont choisi de migrer vers SoftLayer car ils ont pu bénéficier de davantage de puissance et d'une latence plus faible, grâce à cette combinaison bare-metal - machine virtuelle.
Un bon exemple est le projet remporté auprès de la Darpa. A l’origine, ils avaient placé des workloads liées à la simulation robotique sur AWS, et ils ont décidé de migrer vers SoftLayer car ils n’ont pas trouvé d’autres fournisseurs capables de répondre à leurs exigences de performances.

Rackspace n’offre-t-il pas également des services bare-metal ? Comment vous situez-vous ?
D.Q : Il existe d’autres fournisseurs de services cloud qui proposent ce type de fonctions, ce qu’il appelle les instances dédiées. Ou encore que l’on retrouve chez les hébergeurs plus traditionnels. Ce qui est unique en revanche est la combinaison des capacités de bare-metal et du modèle cloud qui l’entoure. Ainsi, avec les API et l’ensemble des fonctions, vous pouvez accéder avec quelques programmes à ces machines bare-metal, les provisioner comme vous le souhaitez, les déprovisioner une fois terminé, ce qui contraste avec les modèles d’hébergement plus traditionnels.

Lors du rachat de SoftLayer, la question de l’usage de CloudStack, sur laquelle s’adosse la société, s’est posée, alors que IBM a rallié Openstack. SoftLayer a certes une implémentation d’OpenStack Swift, mais je me demande quelles seront les répercutions chez les clients.
D.Q : SoftLayer disposent de trois offres différentes de Cloud. Nous avons mentionné le service de machine virtuelle sur cloud public, ce qu’on associe normalement à du Iaas public - cela repose sur Xen et n’exploite pas Cloudstack. Ils utilisent une implémentation maison pour atteindre un niveau élevé de performances. Le second modèle sont les possibilité bare-metal. Le troisième est l’hébergement de cloud privé. ClousStack est l’offre la plus populaire, mais ils supportent également VMware, Microsoft Hyper-V, notamment.

Des portages vers OpenStack, ou encore une intégration de briques OpenStack dans SoftLayer, sont-ils prévus ?
D.Q : Une des étapes sera en effet de proposer une offre de Cloud privé OpenStack, en parallèle  des autres offres. Une autre sera de mettre à disposition une API OpenStack afin de donner accès aux fonctions de SoftLayer via les interfaces standards OpenStack.
Des centaines d’ingénieurs IBM travaillent sur OpenStack. Nous faisons parti des plus importants committers d’OpenStack et notre division R&D est très occupée avec la prochaine génération de Cloud, ce que nous appelons les environnements programmables (software-defined). Durant les 6 à 12 prochains mois, de plus en plus de fonctions de SoftLayer exploiteront le modèle OpenStack.

IBM continuera-il de supporter les autres implémentations que SoftLayer a mis en place, que ce soit celle de Xen, l’implémentation maison ou encore CloudStack ?
D.Q : Nous pensons qu’il y a un important marché. Offrir cette diversité est selon nous un vrai avantage. Ceci dit, nous avons investi considérablement dans OpenStack et nous pensons que cette technologie est essentielle dans notre stratégie liée aux standards ouverts. Les clients, qui souhaitent favoriser la portabilité et éviter le verrou-vendeur, seront très intéressés par OpenStack car la technologie est Open Source et que le projet a reçu le support de l’industrie. Avec OpenStack, nous sommes capables de proposer des options de clouds public, privé et hybride, à la fois sur site ou hébergées sur SoftLayer.

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