Forum Economique Mondial : la rupture de confiance avec l'IT semble consommée

Un rapport pointe du doigt la crise de confiance que traversent les entreprises américaines de l’IT, accusées d'être cupides. Leurs réponses mitigées portent uniquement sur la "connectivité".

Un rapport pointe du doigt la crise de confiance que traversent les entreprises américaines de l’IT, accusées d'être cupides. Leurs réponses mitigées portent uniquement sur la "connectivité".

Richard Edelman, spécialiste en communications, présentait à Davos son baromètre annuel de la confiance (Trust Barometer). Selon lui, les entreprises technologiques, un secteur généralement réputé le plus digne de confiance depuis des années, ont perdu en 2014 une grosse partie de leur capital confiance.

World Economic Forum Davos

Un rapport accablant de Richard Edelman 

Sans mâcher ses mots, Richard Edelman explique : « de nombreuses entreprises de la high-tech pensent disposer d’un droit divin pour vendre de nouveaux produits, explique-t-il. Ce n’est plus tellement le cas. » Rappelant que 67% des personnes ayant répondu à son étude internationale pensent que l’innovation est aujourd’hui dirigée par la cupidité.

C'est ce que pense également Gillian Tett, éditorialiste au Financial Times, connue pour faire partie des très rares journalistes à avoir décelé la crise économique en 2007.

Elle décrit le rapport d’Edelman comme « accablant » et pense que le secteur de l’IT pourrait bien connaître un retour de flamme. « Cette chute de la confiance auquel nous assistons dans le secteur bancaire pourrait également se montrer chez les entreprises high-tech », soutient-elle.

« Une mentalité de requins de la finance »

Une des pratiques qui a fortement contribué à cette érosion de la confiance repose sur le contournement de l’impôt. Il s’agit d’un sujet brûlant en Europe. Un article de Gillian Tett a notamment mis le feu aux poudres, pointant du doigt les pratiques de géants de l’Internet comme Microsoft, Facebook et Apple, par exemple.

Diane Francis, journaliste à l’US National Post, accuse de son côté les entreprises de la High-Tech  d’être des « fraudeurs fiscaux » tout en générant une richesse stupéfiante, avec une « mentalité de requins de la finance ».

« La conclusion générale du public est que le monde est hors de contrôle. La réalité est que la capacité des gouvernements à faire exercer de façon efficace les régulations s’est amenuisée », commente de son côté, Kevin Rudd, ancien premier ministre australien.

Haut débit à bas coût ?

Et du côté de ces géants de la High-Tech ? Comment ont-ils réagi face à cette soi-disant baisse de confiance ?

Pour Eric Schmidt, président exécutif de Google, il s’agit d’un problème de connectivité : « Presque tous les problèmes qui ont été débattus peuvent être résolus avec une connectivité à haut débit supérieure. »

Un point que rejoint Satya Nadella, le CEO de Microsoft, qui affirme que pour accroître la connectivité – ce qu’il pense être le souci premier – il est nécessaire de réfléchir à un « haut débit à bas coût ».

Vittorio Colao, CEO de Vodafone Group, pense de son côté que le manque d’harmonisation est le principal problème : « Le manque d’harmonisation des lois est un obstacle à un accès plus étendu. »

De son côté, Sheryl Sandberg, CEO de Facebook, a une autre vision. « Actuellement, plus de la moitié du contenu publié sur Internet est en anglais et les femmes ont accès généralement plus tard aux smartphones que les hommes ». 

Davos est certes un événement qui réunit plusieurs milliers de personnes, mais en dépit de l’esprit fédérateur, des déconnexions persistent au sommet de l’IT.

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