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Feuilles de calcul et gouvernance : Databricks met la main sur Row Zero
Databricks acquiert ce concurrent d’Excel pour simplifier la gouvernance des feuilles de calcul et en faire des documents fiables pour les agents IA.
Le 24 septembre 2026, Databricks a annoncé l’acquisition Row Zero, une start-up spécialisée dans les tableurs basés sur le cloud. Ce rachat devra permettre aux utilisateurs d’exécuter nativement des feuilles de calcul intégrées à la gouvernance des données de Databricks et de son environnement d’IA agentique Genie.
Row Zero se connecte actuellement à Databricks et à d’autres plateformes de données, notamment Snowflake, Amazon Redshift et BigQuery de Google. Databricks assure toutefois que l’intégration directe du logiciel à sa plateforme et à Genie donnera aux équipes chargées des données davantage de contrôle sur les feuilles de calcul.
« Databricks s’attaque à une tension fondamentale dans la gestion des données d’entreprise : les feuilles de calcul sont omniprésentes et irremplaçables pour les métiers, mais elles constituent l’une des plus importantes sources de données non maîtrisées au sein de toute organisation », considère Stephen Catanzano, analyste au sein de la division de recherche et de conseil Omdia d’Informa TechTarget [également propriétaire du MagIT].
« Il existe d’innombrables fichiers Excel non maîtrisés contenant des données obsolètes, dont la provenance est incertaine et qui présentent des risques de sécurité », ajoute-t-il.
L’analyste ajoute que l’association de Databricks et de Row Zero, qui fonctionne comme Excel et Google Sheets, pourrait combler les lacunes en matière de gouvernance pour les responsables des données sans obliger les utilisateurs finaux à renoncer aux outils de tableur auxquels ils sont habitués. Par ailleurs, cela garantirait que les agents Genie accédant aux feuilles de calcul agissent sur des données fiables et auditables.
Les contrôles intégrés à Row Zero comprennent une sécurité au niveau des lignes et un contrôle d’accès basé sur les rôles, tous deux hérités d’un entrepôt de données ou d’un lakehouse. Il est également possible de restreindre les exportations de données et le partage externe. À cela s’ajoutent des mécanismes permettant de faire respecter les règles de résidence et le cycle de vie des données. De plus, chaque classeur s’exécute dans un environnement isolé afin d’éviter tout mélange des données consultées par différents utilisateurs.
D’abord utilisateur, Databricks est désormais acquéreur
Les deux sociétés non cotées en bourse n’ont pas divulgué le montant de l’acquisition de Row Zero. Fondée en 2021, cette start-up basée à Seattle est sortie de l’anonymat début 2024 et a levé 13 millions de dollars lors de deux tours de table d’amorçage. Selon Row Zero, son logiciel de tableur est capable de traiter des jeux de données comportant des milliards de lignes, contre une limite d’environ 1 million de lignes pour Excel et de 10 millions de cellules pour Google Sheets.
Row Zero revendique des utilisateurs dans plus de 15 000 entreprises. Databricks en fait partie. Son équipe financière dédiée aux ventes a commencé à utiliser ce tableur pour la planification et l’analyse financières au début de cette année. C’est ainsi que les dirigeants de Databricks auraient découvert Row Zero. AWS, concurrent et partenaire, utilise également cet outil en interne dans diverses applications d’analytique, selon une étude de cas publiée sur le site web de Row Zero.
En juin, Row Zero a lancé une première intégration avec Genie qui permet à ses utilisateurs d’effectuer des requêtes en langage naturel sur les données des systèmes Databricks. Ken Wong, directeur senior de la gestion des produits chez Databricks, assure auprès de TechTarget que la société a déjà commencé à travailler à l’intégration complète de la technologie Row Zero dans Genie et dans l’ensemble de sa plateforme. Il précise que Databricks prévoit de lancer ces capacités d’intégration natives « dans un avenir proche », sans toutefois donner de date précise.
Databricks continuera également à proposer une version indépendante de Row Zero. D’autres sources de données et agents IA seront pris en compte, promet Ken Wong. Les sources auxquelles le tableur se connecte incluent également PostgreSQL, Oracle, Microsoft SQL Server, Teradata, ainsi qu’Amazon Athena et Amazon S3. En juin, Row Zero a également intégré son système de requêtes en langage naturel au service d’IA agentique Snowflake Cortex Analyst.
Ken Wong souligne toutefois que Row Zero sera d’abord « optimisée pour tirer parti des capacités propres à Databricks ». Les tarifs des fonctionnalités intégrées ne sont pas divulgués pour l’instant. La structure tarifaire actuelle de la version indépendante de toute plateforme – téléchargement gratuit pour commencer, avec des forfaits Pro, Business et Enterprise payants – ne changera pas.
Row Zero continuera d’exister en dehors de Databricks
Databricks a lancé ce mois-ci un module complémentaire pour Excel, après une préversion publique lancée en avril. Il permet aux utilisateurs finaux d’importer des données depuis la plateforme de l’entreprise vers des tableurs locaux. Ce module propose également un connecteur pour l’importation de données dans Google Sheets.
Ken Wong affirme que Databricks continuera à proposer et à développer ces compléments à Row Zero. Permettre aux utilisateurs d’accéder aux données Databricks et à l’environnement Genie depuis Excel ou Google Sheets peut s’avérer utile dans certains cas, argumente-t-il.
« Mais pour les organisations préoccupées par l’évolutivité, la gouvernance et l’auditabilité de leurs outils de tableur existants, Row Zero offre une option évolutive connectée à des données en temps réel et gouvernées, dans laquelle chaque action d’un agent reste entièrement interprétable et traçable », vante-t-il.
Donald Farmer, directeur du cabinet de conseil TreeHive Strategy, considère que les outils complémentaires tels que ceux proposés par Databricks sont pratiques pour les utilisateurs de tableurs, mais ils sont régis « que jusqu’à l’importation des données ». Par conséquent, ils peuvent perpétuer les problèmes de gouvernance de données.
Databricks indique d’ores et déjà que Row Zero s’appuiera sur une infrastructure de gouvernance reposant sur ses technologies Genie Ontology, Unity Catalog et Unity Gateway. Celles-ci fournissent respectivement une couche contextuelle automatisée pour les utilisateurs finaux et les agents IA, un catalogue unifié pour la gouvernance des données, ainsi qu’un environnement de gouvernance IA pour la gestion des Genie Agents – ou « collègues de travail », comme les appelle Databricks.
Stephen Catanzano estime que le niveau de gouvernance offert par l’intégration native de Row Zero et de Genie est supérieur à ce que proposent les concurrents de Databricks. « Dans l’ensemble, j’apprécie la façon dont ils [les dirigeants de Databricks] identifient des problèmes apparemment mineurs et résolvent les défis liés aux données et à la gouvernance », avance-t-il.
Donald Farmer, lui, convient que l’intégration de Row Zero permettrait à Databricks de devancer son rival de toujours, Snowflake, dans ce domaine. Et de rappeler que Snowflake s’appuie actuellement sur un partenariat avec le fournisseur d’outils d’analyse Sigma Computing, qui propose une interface de type tableur. D’autres acteurs tentent de résoudre ce manque de visibilité et de contrôle sur les feuilles de calcul. L’année dernière, Oracle a officialisé l’intégration d’Autonomous AI Database avec Excel et Google Sheets afin d’y pousser des données vérifiées. Il a commencé avec 10 000 lignes et prévoit d’étendre la fonctionnalité.
Cette publication est une adaptation d’un article écrit en anglais par Craig Stedman, initialement paru sur Techtarget.com.
