Évaluer l’empreinte de l’IA : l’outil open source de Publicis Sapient séduit (et il n’est pas seul)

Dans un marché de la mesure de l’impact du numérique qui se développe, e-footprint a été déployé chez Schneider Electric cette année, et chez une dizaine de grands groupes. Signe que les temps changent et que les émissions du numérique s’imposent comme un critère de conception à part entière.

e-footprint séduit de plus en plus à l’air de l’IA. L’outil de modélisation des empreintes numériques, développé par Publicis Sapient (la branche IT de Publicis), a été versé à l’open source en 2023. Et depuis, son utilisation ne cesse de grandir.

Dernier exemple en date, Schneider Electric vient de l’appliquer à ses services numériques. Chez Schneider Electric, l’outil a servi à comparer plusieurs architectures de systèmes de gestion de l’énergie. L’équipementier remplace de plus en plus des équipements dédiés à une fonction unique par des ordinateurs industriels génériques, pilotés par logiciel. Une des configurations évaluées a réduit les émissions de CO2 de plus de 40 % par rapport à la conception initiale.

« Avec les architectures software-defined, les décisions en matière de conception deviennent nettement plus complexes. »
Roland Bohrer System Architect chez Schneider Electric

e-footprint est hébergé au sein de Boavizta, collectif français de plus de 200 membres, dédié à la mesure d’impact environnemental du numérique. Diffusé sous licence AGPL v3.0, le code de e-footprint est disponible sur GitHub. Une interface graphique complète la librairie Python, pour un usage par des non-développeurs.

Contrairement aux analyses classiques de cycle de vie (dites ACV) qui sont centrées sur un seul produit, e-footprint a pour vocation d’évaluer un service numérique de bout en bout. Terminaux, réseaux, infrastructures cloud et data centers sont ainsi pris en compte.

L’outil permet ensuite de comparer différentes architectures pour des workloads IA avant leur mise en œuvre : en cloud, en edge ou en configuration hybride.

En juin 2026, e-footprint a été intégré à l’Alliance GenAI footprint. AXA, Engie, La Poste, La Banque Postale, Accor, FDJ United, Orange, L’Oréal et Renault Group s’en servent pour estimer l’impact environnemental des contenus générés par IA.

Un marché qui se développe

« Jusqu’à présent, nous disposions de très peu de référentiels pour évaluer l’impact environnemental de nos architectures numériques », souligne Roland Bohrer, System Architect chez Schneider Electric. « À mesure que les architectures définies par logiciel évoluent, les décisions en matière de conception technologique deviennent nettement plus complexes, tout comme l’évaluation de leurs implications environnementales. »

e-footprint n’est qu’une brique de l’écosystème de Boavizta parmi d’autres aux côtés, par exemple de BoAgent, pour évaluer les impacts environnementaux d’un serveur, ou de BoAmps (AI Measurement Power Sharing) pour documenter la consommation électrique des systèmes d’IA.

L’État a lui aussi sorti un outil open source, en 2023, NumÉcoEval. Tout comme l’association CodeCarbon qui a développé EcoLogits pour évaluer l’empreinte des modèles de GenAI.

Bref, les référentiels – liste non exhaustive – se multiplient sur un marché du green IT en pleine expansion.

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