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L’archivage sur ADN de Biomemory franchit l’étape commerciale
Suite au rachat en mars dernier de Catalog Technologies, la technique d’encodage des données sur ADN synthétique de la startup s’est considérablement améliorée, au point de venir un véritable service commercial : DNA Shield.
Et une innovation des plus futuristes qui passe du laboratoire et au vrai service achetable en ligne. Biomemory, la startup française qui a mis au point un procédé pour stocker des données sur de l’ADN, vient de lancer son premier service commercial : DNA Shield. Il s’agit d’envoyer à la startup des données critiques et celle-ci les stocke sur un support capable de perdurer des centaines d’années, dans un coffre non connecté à Internet.
« DNA Shield marque le moment où Biomemory passe de la validation scientifique à la mise sur le marché d’un produit commercial. Il permet aux entreprises de conserver leurs actifs critiques dans un endroit inaccessible à tout fournisseur, cloud ou serveur et cela pour toujours », s’enthousiasme Laurent Guengant, le nouveau PDG de la startup et ex-manager des investissements en capital-risque d’Hitachi, dans un communiqué.
Un procédé qui s’est considérablement modernisé en quelques mois
Biomemory avait déjà lancé des cartes ADN en 2023, mais celles-ci étaient limitées à une capacité d'un kilo-octet et servaient surtout de preuve de concept. Vincent Franceschini, le patron des produits chez Biomemory - et coprésident d’une toute récente DNA Data Storage Alliance – se félicite de l'évolution de son entreprise : « ce qui a changé cette année, ce n'est pas seulement notre gamme de produits. C'est le passage de briques technologiques à une solution commercialisée, que les clients peuvent véritablement mettre en œuvre », dit-il, dans le même communiqué.
La technologie de Biomemory consiste à encoder des données sous forme d’ADN, puis à injecter par chimie ce dernier dans une cellule qui se reproduit. L’ensemble des cellules est ensuite séché – le mélange devient de la poudre – et stocké dans un petit récipient. Pour récupérer les données, il suffit d’ouvrir le récipient, de collecter quelques grains, de les hydrater et de lire leur ADN. Ce procédé ne permet de lire un grain qu’une fois, mais les données archivées existent tant qu’il reste des grains de poudre dans le récipient.
Jusqu’ici, la création de la poudre nécessitait un laboratoire entier. Mais la startup a racheté en mars dernier l’entreprise américaine Catalog Technologies, laquelle avait développé un système d’écriture sur ADN et de relecture beaucoup plus rapide. Qui plus est, Catalog Technologies a enrichi Biomemory d’un centre de développement secondaire à Boston.
L’appareillage de Catalog Memory, conjugué au système de stockage objet du Français Scality, aurait permet de développer un véritable service prêt à être commercialisé.
Une protection de l’information à toute épreuve
Dans le principe, DNA Shield permet à ses clients de chiffrer leurs données avant de les convertir en ADN, pour que Biomemory ne puisse même pas accéder à leur con tenu. Puis Biomemey encode ces données chiffrées sur un ADN synthétique qui est conservé dans un endroit hors-ligne. La récupération des données n’est par conséquent pas possible en mode libre-service, comme cela se pratique sur les services d’archivage du cloud. Ici, l’entreprise cliente doit contacter Biomemory pour lui demander de réhydrater l’ADN synthétique afin de pouvoir enfin rapatrier ses contenus.
Biomemory imagine quatre cas d'usage : la conservation de clés cryptographiques, la conservation de preuves, la conservation d’une copie indestructible d’un enregistrement historique et la mise sous scellés d’une propriété intellectuelle.
DNA Shield est actuellement disponible via un programme d'accès anticipé qui ne concerne que les cas d’usage liés à la souveraineté des données. La startup espère construire un lecteur/enregistreur de série d’ici à 2029 pour que des prestataires puissent eux-mêmes héberger et commercialiser l’archivage sur ADN. Une fois cette étape franchie, Biomemory imagine développer d’autres produits liés à la recherche et au calcul moléculaires, ce sur quoi planchait initialement Catalog Technologies.
