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Hewlett-Packard, Serial Splitter, se sépare de ses services

Le géant californien de l'IT solde les comptes de sa division services, héritée du rachat d'EDS en 2008. Il a choisit de s'en séparer, avant de la marier à CSC. La fusion donnera naissant au n°2 mondial des services IT, derrière IBM.

Hewlett Packard Enterprise, la société née de la séparation d’HP en deux entités distinctes, vient elle aussi d’annoncer son intention de se séparer en deux. Plus précisément, HPE entend filialiser sa division services d’entreprises avant de la marier à CSC, l’une des grandes sociétés de services informatiques mondiales. Au terme de la fusion, le nouveau CSC sera contrôlé à 50 % par les actionnaires d’HPE et à 50 % par ceux de CSC. 

Le moins que l’on puisse dire est que son aventure dans les services aura coûté cher à HP. En 2008, Mark Hurd, alors CEO de la société de Palo Alto, accomplit ce que Carlton Fiorina n’avait su réussir, l’acquisition d’un géant des services avec le rachat d’EDS, pour 13,9 Md$. L’idée était alors de croître dans les services pour venir concurrencer le numéro un du secteur IBM. Le scénario, malheureusement pour HPE et pour les employés de l’ex-EDS, ne se déroulera pas comme prévu. En quelque 8 ans, HP va réussir le petit miracle de détruire la quasi-totalité de la valeur d’EDS, tout en accumulant les pertes dans les services. Lors du rachat d’EDS, les activités services combinées d’HP et EDS réalisaient un CA de 38 milliards de dollars (dont un peu plus de 21 Md$ pour EDS) et employaient 210 000 salariés. L’an passé (année fiscale 2015), le CA services d’HPE (HPE Enterprise Services + Technology Services) n’a pas franchi la barre des 27,5 Md$ (dont environ 19,8 Md$ pour le seul périmètre HP enterprise Services).

CSC s’est lui aussi coupé en deux en 2015 

Ironiquement CSC est lui aussi passé par une séparation en fin d’année passée. La firme a filialisé sa division services aux comptes publics nord américains (près de 4 Md$ de CA) et l’a rebaptisée CSRA, avant d’en céder les actions à ses actionnaires. Au passage, CSC a considérablement maigri. Son chiffre d’affaires a ainsi reculé d’un tiers, à un peu plus de 8 Md$ lors du split-off d’avec CSRA. Depuis, la SSII a certes amélioré les marges des activités survivantes, mais elle a vu son chiffre d’affaires s’étioler. Lors de son exercice fiscal 2016, achevé le 1er avril, CSC a ainsi réalisé un revenu de 7,1 Md$ contre 8,1 Md$ l’année antérieure (à périmètre égal).

Ce sont donc au mieux deux sociétés convalescentes qui vont donc fusionner en espérant donner naissance à un tout plus rentable (ce qui augure sans doute de lendemains douloureux pour les salariés, puisque les deux sociétés promettent 1 Md$ de « synergies » dans la première année suivant la fusion). Le nouvel ensemble devrait peser environ 26 Md$ de chiffre d’affaires cette année, un montant en ligne avec le recul des CA des activités services des deux entreprises. Il sera sans doute n° 2 mondial des services derrière IBM mais devant Accenture et loin devant des acteurs comme TCS, Cognizant, Cap Gemini ou Atos.

HPE ressort amaigri de l'opération

Selon HPE, le « split-merger » (ou « séparation-fusion ») avec CSC valorise son activité services à environ 8,5 Md$. CSC jusqu’à hier était valorisé 4,8 Md$. Depuis le cours de l’action s’est envolé, passant de 35 $ à 48 $ (dopant la valorisation de la firme à 6,75 Md$). Un signe peut-être que les actionnaires de CSC considèrent que la firme fait une bonne affaire. Ironiquement le même enthousiasme est de mise chez les actionnaires d’HPE. L’action du géant US a bondi de près de 10 % depuis hier, passant de 16,25 $ à 17,75 $ aujourd’hui.

Un bémol toutefois, HPE, désormais dépourvu de ses services, ne pèsera plus que 33 Md$ de CA annuel, à comparer aux 82 Md$ qu’affichera le futur couple Dell-EMC, lui aussi concentré sur l’infrastructure et dépourvu de services. Le nouveau CSC sera, comme l’ancien, dirigé par Mike Lawrie, et devrait être en ordre de marche avant la fin mars 2017. L’accord prévoit une collaboration entre les deux groupes en matière de commercialisation et de technologies, dont les détails n’ont pas été présentés.

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