Silicon Photonics : Intel dévoile ses premières interfaces, Juniper rachète Aurrion

Avec ses premiers transcrives à technologie "Silicon Photonics", Intel espère abaisser considérablement le coût des interfaces optiques dans les datacenters. Juniper entend faire de même avec le rachat d'Aurrion, un spécialiste de la discipline.

Treize ans après les premières présentations de Sean Maloney, à l’époque vice-président exécutif d’Intel, sur les premiers travaux d’Intel en matière de « Silicon Photonics » - Intel avait à l’époque parlé de ses travaux sur un modulateur optique en technologie CMOS, Intel a enfin concrétisé ses promesses en matière de dispositifs photonique à base de silicium.

Profitant de sa conférence technique annuelle à San Francisco, l’Intel Developer Forum, le fondeur a dévoilé deux modules transceiver QSFP28 à 100Gbit/s. Le premier, l'Intel 100G PSM4, est conforme à la spécification PSM4  (Parallel Single Mode Fibre 4-Lane) et peut transmettre à 100Gbit/s sur 2 Km. Le second, l'Intel 100G CDWM4 (Coarse Wavelength Division Multiplexing 4-lane) est un transceiver à multiplexage de longueurs d’ondes capable de transmettre à un débit de 100Gbit/s sur une distance maximale de 10km dans sa version la plus performante.

Ces modules étaient à l’origine attendus l’an passé, mais un problème de production a repoussé leur disponibilité à cette année. En fait, la route d’Intel vers la photonique à base de Silicium aura été bien plus longue que ne l’imaginait le fondeur lorsqu’il s’est lancé dans cette aventure. En 2003, Sean Maloney espérait que le fondeur puisse proposer ses premiers modules Silicon Photonics à l’horizon 2008/2009. Il aura tout juste fallu 7 à 8 ans de plus que prévu pour en arriver aux deux transceivers dévoilés hier. Mais Intel n’entend pas s’arrêter en si bon chemin et sa feuille de route prévoit déjà des modules à 400Gbit/s pour l’avenir.

Réduire le  coût des interfaces optiques et donc du réseau dans les datacenters

La promesse du fondeur avec ses nouveaux transceivers est d’abaisser considérablement le coût des interfaces optiques dans les équipements réseaux. Aujourd’hui, ce coût peut facilement dépasser celui de l’électronique dans les routeurs et commutateurs modernes, surtout lorsque l’on met en œuvre les interfaces les plus rapides à 40, 50 et 100Gbit/s. Le problème est que la demande de débit dans les grands datacenters ne cesse de progresser.

Microsoft, qui était présent sur scène lors de l’annonce d’Intel a ainsi expliqué que le trafic moyen sur une interface dans ses datacenter était de 1 Gbit/s en 2009. Cette année, il va passer la barre des 15 Gbit/s. Le problème est que au-delà de 25 Gbit/s, le coût prohibitif des transceivers optiques met en péril l’économie des grands datacenters. La nouvelle technologie selon Kushagra Vaid, le directeur général  en charge de l’infrastructure au sein de la division Cloud et entreprise de Microsoft, est donc nécessaire pour permettre au cloud de continuer à se développer.

Juniper s’intéresse lui aussi à la photonique à base de Silicium

Intel n’est pas le seul à s’intéresser de près à la photonique à base de silicium. Au début du mois d’août, Juniper Networks a fait l’acquisition d’Aurrion un pionnier du secteur dans l’espoir  de développer ses propres interfaces optiques à un tarif bien inférieur à ceux de la concurrence. En mettant la main sur Aurrion et en prévoyant d’intégrer verticalement la production de se interfaces optiques, de ses interfaces espère abaisser considérablement le coût de ses systèmes.

En cela, Juniper suit la stratégie esquissée par Pradeep Sindhu, dans une interview avec LeMagIT en mars 2015. Le dirigeant et cofondateur de Juniper expliquait alors : « Je pense que vous avez raison de dire que le coût des interfaces actuelles est élevé. L’industrie des composants optoélectroniques doit produire des innovations plus vite et doit faire baisser les prix plus vite. C’est un problème que nous étudions de près car pour l’instant les semi-conducteurs dans l’industrie réseau ont entre deux et trois ans d’avance sur les composants optoélectroniques. Éventuellement nous aurons peut-être à faire quelque chose dans ce domaine pour aller plus vite plutôt que de dépendre de quelqu’un d’autre».

Contrairement à Arista Networks, qui a choisi de s'aligner sur la stratégie technologique d’Intel, il semble que Juniper ait décidé de « faire quelque chose » à sa façon en matière de Silicon Photonics.

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