Teradata, prêt pour le déploiement multi-environnement (cloud compris)

A l’occasion de Teradata Univers 2017, l’éditeur a adapté son modèle de licence à sa stratégie de déploiement multi-environnement mis en place en 2016, avec un mode uniquement à l’abonnement et une autre unité de calcul. Une façon d’intégrer le Cloud dans un tout cohérent. LeMagIT fait le point

« L’année dernière a été plus riche en changement que les 10 dernières années. » Impossible de passer à côté de ces propos de Peter Mikkelsen, Executive vice-président de Teradata, lors Teradata Universe 2017, qui se tient cette semaine à Nice. Ce bilan,  c’est celui d’un groupe de 30 ans, cadre historique de l’entrepôt de données haute performance et de l’analytique, qui a ajusté sa stratégie  dans un contexte où l’analytique et, plus globalement, le monde de la donnée a connu un profond bouleversement. Multiplication des technologies, Cloud, Big Data, Open Source, IoT….le marché a explosé.

Pour Teradata, qui a dû amorcer une transition, 2016 a ainsi été une année charnière, rapporte d’ailleurs Victor Lund, CEO à la barre du groupe depuis moins d’un an. « Nous avons passé 2016 à nous concentrer sur ce que veulent les clients », a-t-il indiqué lors de l’événement, rappelant  que le groupe avait quelque peu tardé sur certains points.

Parmi les transformations évoquées, Teradata est devenu un acteur de l’Open Source, avec l’ouverture de Presto (SQL-On-Hadoop) ou plus récemment Kylo (mise en place de datalakes), a multiplié ses investissements en R&D par 2, commente encore Peter Mikkelsen….Et a avancé ses pions dans le Cloud.

Le Cloud a souvent été pointé du doigt par les experts, comme un point faible de Teradata. Gartner rappelait dans son Magic Quadrant que Teradata était en pleine transition de son modèle économique, défié sur son terrain par des pure-players du Cloud par exemple.

Mais, comme a pu le montrer l’édition 2017 de Teradata Universe, le groupe a enfin déployé son arsenal Cloud et agite désormais l’argument de la « Flexibilité », un mot souvent entendu chez les responsables du groupe. Toutefois, le groupe écarte d’emblée le fait d’avoir pris du retard sur la question. Car finalement, si Teradata est venu tardivement au Cloud, c’est que le Cloud n’a rien de magique en matière d’entrepôt de données et d’analytique. Pour proposer une expérience avancée, des ajustements étaient nécessaires, semble dire à demi-mot Marc Clark, directeur de la stratégie Cloud et des déploiements de Teradata.

Aujourd’hui, en matière de déploiement, « notre stratégie est de donner le choix au client. Il ne peut y avoir une seule réponse en matière de Cloud », affirme le responsable, ajoutant que « les entreprises n’ont pas le même niveau d’avancement dans leur projet de migration vers le Cloud ». Surtout, tous n’ont pas les mêmes exigences. « Pour répondre à la demande de certains clients qui ne voulaient pas gérer leur infrastructure en interne, Teradata a lancé des services de Cloud managées il y a 2 ans et demi aux US et depuis 6 mois en Allemagne. D’autres ont exprimé le besoin d’avoir leurs données dans le Cloud public », lance-t-il. Teradata est ainsi présent sur AWS, et depuis la semaine dernière, sur Azure.

Partant, Teradata a formalisé cela en préparant sa base de données à une approche multi-environnement, via ce qu’il baptise « Teradata EveryWhere » - présenté en septembre 2016. L’idée : pouvoir déployer la même plateforme Teradata (le même code) aussi bien sur le Cloud public (AWS et Azure), via des services managés,  que sur site, que ce soit dans un Cloud privé VMware, que dans les appliances IntelliFlex. « Teradata veut ainsi encourager les clients à choisir le bon Cloud, en fonction de leurs exigences métiers et business, mais aussi en fonction des spécificités de chaque plateforme, que ce soit AWS, Azure, VMware ou encore Teradata », lance Marc Clark.

MAPS et IntelliCloud

Mais pour supporter les promesses de flexibilité du Cloud, Teradata a aussi ajusté sa technologie. A clé, une architecture baptisée MAPS. « Les systèmes MPP ne sont pas réputés pour leur flexibilité en matière de dimensionnement, notamment à cause des lourdes procédures de redistribution des données. Et le Cloud n’a pas fait disparaître cette dimension », commente encore le responsable de Teradata.

En fait, MAPS donne la possibilité aux entreprises de réduire leur downtime lorsqu’ils souhaitent redimensionner leur base (Scale -up ou Scale-out), sans reconstruire une nouvelle instance.  Il ajoute que le Cloud seul, en dépit de sa nature « élastique » ne permet pas cela dans un contexte d’entrepôt de données.

Teradata a donc inclus cette dimension à l’architecture de la base de données pour la doter de possibilités de dimensionnement, comme le Cloud le laisse penser. Il s’agit de rendre la technologie de Teradata plus « Cloudy »,  en somme. Cette approche peut également être adoptée lors de déploiement sur site.

Mais ce n’est pas tout. Autre option de déploiement Cloud proposé par Teradata, la possibilité de consommer la base en mode Saas. Nom du service : IntelliCloud, présenté début mars 2017. IntelliCloud est en fait une offre qui permet de consommer l’entrepôt de données, IntelliFlex, Aster Analytics et Hadoop (selon la configuration) selon le modèle as-a-service. Mais Teradata se charge de l’implémentation. Comme une évolution des services managés, en somme. « Cela peut par exemple convenir à des utilisateurs de Series 2000 et dont les capacités ne peuvent plus être étendues, illustre Marc Clark.  Depuis la semaine dernière, cela est également disponible sur AWS. Une présence dans la market place d’Azure est prévu pour le 3e ou 4e trimestre, assure-t-il.

Portabilité de licences à l’abonnement

Mais il manquait une pierre à cet édifice : traduire cet aspect multi-environnement dans le modèle de licence. En clair, laisser de côté le modèle de licence perpétuelle. A l’occasion de cette édition de Teradata Universe, le groupe a ainsi présenté un modèle de licence, uniquement à l’abonnement, qui puisse être porté d’une plateforme sur site vers le Cloud et vice-versa. En clair, s’aligner sur cette approche multi-environnement et hybride (Teradata EveryWhere).

Avant cela, les services managés de Teradata reposaient un Cloud Compute Unit (CCU), avec une kyrielle de possibilités de configuration. Teradata a dû modifier son unité de calcul pour que celui-ci ne prenne pas en compte uniquement le nombre de nœuds, de CPU ou la quantité de stockage. Cet indice, nommé TCore, s’appuie sur une combinaison de deux facteurs : le nombre de cœur CPU et la bande passante de chacun de ces coeurs.

Avec ce modèle, un utilisateur peut donc acheter des licences de la base Teradata pour un déploiement sur site, puis, si ses exigences évoluent, placer la solution sur AWS ou dans un Cloud privé VMware. La licence suit, la tarification s’ajuste aux performances potentielles souhaitées sur la plateforme cible.

Teradata a décliné ce modèle sur 4 niveaux : Developer, Base, Advanced et Enterprise, chacun adapté à des degrés de concurrence et de portabilité différents.

Si certes ce modèle de licence s’inscrit pleinement dans la stratégie de flexibilité souhaitée par Teradata, il correspond aussi à une réponse défensive face à l’agressivité des tarifs pratiqués par AWS. En effet, le ténor du Cloud s’est frayé un chemin parmi les acteurs historiques de la donnée et de l’analytique en multipliant ses offres de services – y compris dans l’entrepôt de données avec RedShift. En permettant de jongler avec les plateformes, Teradata permet aux entreprises de placer leurs données dans le Cloud sur une plateforme moins chère, mais sur une base Teradata, lance enfin Mark Clark.

Teradata, fin prêt pour les déploiements multi-plateforme (Cloud compris).

 

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