A Marseille, la DSI mise sur Windows par prudence  

Le 02 novembre 2010 (19:03) - par Valery Marchive

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Rubriques : Poste de travail - Systèmes d'exploitation - Windows Tags : linux - april - mac-osx - windows-7 - windows-xp - marseille

La Mairie de Marseille ne migrera pas ses postes de travail sous Linux. Du moins pas tout de suite. Elle entend également remplacer progressivement son parc de Mac par des PC sous Windows. Un choix que l’April dénonce, fustigeant des «choix personnels» de la nouvelle direction du système d’information. Interrogé par LeMagIT, Jean-Marie Angi, DSI de la ville, assure quant à lui jouer la prudence et la rationalisation alors que ses équipes vont être mobilisées sur plusieurs projets lourds.
A Marseille, la DSI mise sur Windows par prudence

Le projet de la ville de Marseille de migrer ses postes de travail son Linux a fait long feu. C’est l’April qui a révélé cette décision, avec un communiqué diffusé mi-octobre. En réalité, l’affaire est plus ancienne comme en atteste un mémo interne distribué via Google Docs. Daté de juillet dernier et signé de la main de Jean-Marie Angi, DSI de la ville, ce mémo fait état d’une stratégie de «convergence de tous les postes à terme sous l’OS “Seven de Microsoft“». Une convergence qui doit passer par la suppression progressive des postes Mac, «le déploiement des Mac étant d’ores et déjà arrêté.» Plus loin, Arnold Bareyan, directeur adjoint de l’exploitation, insiste sur un «l’objectif de rationalisation». En outre, il fait état d’une étude «d’opportunité sur l’OS Linux pour les postes de travail [qui] a été revue en s’orientant vers une étude comparative des OS Linux et Windows Seven.» Etude dont les résultats ont été présentés début juillet 2010. Trois jours plus tard, «le comité de direction a acté que Windows Seven serait l’OS déployé dorénavant sur les postes de travail.» 

«Tous les indicateurs étaient au vert»

Pour l’April, «aucune raison technique valable n’explique une telle décision.» La migration étudiée depuis 2009 vers Linux avait «fait l’objet d’un travail préparatoire minutieux» et «tous les indicateurs étaient au vert.» L’association critique les arguments développés par la DSI de la ville de Marseille dans son mémo interne et juge que «ces éléments laissent évidemment à penser que, contrairement à ce qu’il affirme, ce n’est pas réellement un “objectif de rationalisation“ qui gouverne les choix du DSI de Marseille.» Un sous-entendu suffisamment lourd pour faire bondir l’intéressé, joint par téléphone dans la journée par la rédaction du MagIT.

Jean-Marie Angi ne comprend pas pourquoi «l’April se déchaîne; cela en devient calomnieux. C’est pour cela que j’ai mis le service juridique de la Ville dans la boucle», explique-t-il en préambule à l’entretien. Pour lui, la situation est simple; l’agenda est chargé : «nous devons travailler sur les SI RG et et Finances en 2012 et 2014; ce sont des projets énormes à plusieurs millions d’euros.» En clair, selon lui, les ressources nécessaires pour une migration des postes de travail sous Linux ne seraient pas disponibles. Et puis, «ça marche bien sous Windows; le coût n’est pas exorbitant et le gain, à passer sous Linux, n’est pas si grand.» 

La difficulté de la conduite du changement

Directeur de l’informatique de la Mairie de Marseille en 1997, puis du développement logiciel, avant de prendre les rennes de la DSI en début d’année, Jean-Marie Angi développe «mes services ont testé Linux sur le poste de travail. Honnêtement, ce n’est pas encore très simple. Nous avons 7000 utilisateurs; il faut prévoir la conduite du changement; ce n’est pas possible d’un coup de baguette magique.» Et d’indiquer avoir agi «avec mes convictions.» Mais pas seulement : «dans le meilleur des scénarios, avec Linux, nous serions arrivés à l’équilibre dans 2 ou 3 ans. Franchement, dans mes équipes, personne ne se sentait prêt à accompagner un tel changement.»

Plus loin, le DSI explique le choix relatif aux Mac : «nous avons 2500 Mac et environ 4000 PC. Cela a toujours été difficile; cette situation a tiré vers le bas nos choix pour trouver des logiciels multi-plateformes. Aujourd’hui, j’essaie de faire simple au maximum. Mais gérer un double parc demande une double compétence.»

Le libre est-il pour autant totalement laissé de côté ? Non. «Nous gardons OpenOffice. Nous venons tout juste de migrer. A mon arrivée à ce poste, j’ai même accéléré le processus; ils est hors de question de faire marche arrière. Sur nos postes de travail, j’essaie juste de rationaliser.»

Une porte reste ouverte

Mais le choix est-il est définitif pour autant ? «Les licences Windows 7 n’ont pas encore été négociées. En fait, j’achète des postes de travail équipés à un prestataire. Je lui demanderai simplement de les préparer en Windows 7 plutôt qu’en Windows XP. Cela ne coûtera pas un centime de plus.» Mais puisque que Windows XP doit bénéficier d’un certain support jusqu’en avril 2014, pourquoi ne pas y rester ? «Pourquoi pas. Je m’interroge. Rien, clairement, ne nous impose de passer à Windows 7. Ce sont mes équipes techniques qui me guideront.» Et pourquoi pas passer à Linux d’ici quelques années ? «Peut-être. Plus ça va, plus l’on augmente le parc applicatif Web.» Même si, pour l’heure, la Ville exploite encore «pas mal d’applications 4D client/serveur», dont bon nombre développées directement par les métiers.

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Par Danslbrouillard
 Le 04/11/2010 à 17:59
Toutes les entreprises, administrations, collectivités se plaignent : l'informatique est trop chère et plombe les budgets, les budgets IT explosent et les éditeurs américains se gavent (et ne payent pas d'impôts) ! Alors si les entreprises doivent considérer que réduire les coûts est leur seule motivation, les administrations et collectivités ont un réel plus politique à  jouer. Le Logiciel Libre est une informatique locale et l'argent investit localement est dépensé localement !
Un DSI est un type qui sait faire marcher la boutique mais la majorité des DSI ne prennent pas de risques et utilisent ce que 95 % des autres DSI utilisent : "On a jamais viré un DSI qui choisit IBM (ou Microsoft Oracle SAP maintenant).
Un BON DSI est un DSI qui sait fait marcher la boutique en divisant les coûts, en choisissant des matériaux écologiques, en proposant des achats éthiques, en recyclant PC, Imprimantes et en permettant l'enrichissement intellectuel de ses équipes !
Il est urgent que les élus engagent des "BONS" DSI si ils veulent se faire ré-élir car l'informatique et la High Tech sont des sujets très politisés à  l'heure ou il y a 20 Millions de français connectés sur le Net !
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Par torp
 Le 05/11/2010 à 03:12
Une fois de plus on justifie un gaspillage conséquent d'argent public, (vers une société étrangère, en plus) au bénéfice de la gestion a court terme.
En clair, les propos de M.Angie peuvent s'interpréter comme: "nos objectifs a court terme nous forcent a gaspiller nos ressources et a ignorer toute vue a moyen et long terme".
On se doutait déjà un peu de la façon dont la Mairie de Marseille fonctionnait, maintenant on est fixé.

Au fait M. Angie, vous estimez a 3 ans le basculage de windows vers linux, (déjà, il faudra m'expliquer ça) mais a combien estimez vous, en temps, et en argent, la formation a seven pour des postes existant et formés sous Xp ?
Et, au fait, M. Angie, dans 2 ans windows passe a "eight", vous avez chiffré cela aussi ?

Ah, ben non, ch'uis bête: 2 ans, c'est du long terme, donc on ignore, pardon.
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Par torp
 Le 05/11/2010 à 03:23
J'aime beaucoup aussi: "En fait, j’achète des postes de travail équipés à un prestataire. Je lui demanderai simplement de les préparer en Windows 7 plutôt qu’en Windows XP. Cela ne coûtera pas un centime de plus."

Ni un de moins.

Mettons la licence a 40 euros en OEM, on a dis 7000 postes, donc on est a 28000 euros
Et je ne compte pas les antivirus, firewall, etc, qui seront certainement achetés a part...
Je ne compte pas non plus le cout indirect des plantages, redémarrages après mise a jour quotidienne, défragmentation, attaques...
Sans compter aussi que linux aurait fonctionné sur les anciens matos...

Allez, mettons 150000 euros d'impôts locaux foutus a la poubelle.

Tout ça pour s'emprisonner soit même dans des formats privateurs et des logiciels qui ne respectent pas les normes POSIX.

Bien joué.
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Par Lennart
 Le 06/11/2010 à 18:09
L'important est que le salarié ou l'utilisateur final ait un outil performant et qu'il maitrise afin de mieux pouvoir répondre aux demandes de ses clients ou se consacrer à 100 % à son coeur de métier.
Et qu'en cas de problèmes il puisse compter sur des professionnels maitrisant le système et pouvant y répondre rapidement.

Donc le tout libre ou le tout windows ou un mixage c'est selon si c'est un artisan avec une dizaine de salariés ou une PME/PMI de 300 à 600 personnes ou un grand compte de plusieurs milliers de postes répartis sur différents continents.

Moi je veux bien que ma mairie choisisse du Linux pour piloter les systèmes de signalisation routière sous prétexte que c'est moins cher, mais si les pannes sont fréquentes et que le système sous linux n'est pas maitrisé, je préfère un système sous Windows peut plus cher mais fonctionnant et maitrisé.

le libre à du bon mais quand on voit qu'Oracle va multiplier par 4 le support de MySQL on a à intérêt à bien chiffrer les couts directs et indirects avant de se décider car c'est pour plusieurs années.
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Par torp
 Le 07/11/2010 à 01:10
@Lennart:
L'erreur grossière est de croire que comme linux est gratuit, c'est un OS de seconde zone, au rabais.
Linux équipe tous les grands systemes, qu'ils s'agisse des serveurs internet publics, privés (google, wikipedia, entre autre), toutes les "box" que nous avons chez nous, tous les supercalculateurs...
C'est un OS bien plus professionnel que windows, ce dernier ne devant sa popularité qu'aux contrats que microsoft passe avec les fabricants de PC pour qu'il soit inclus dans la vente.
De plus (et c'est la raison de son emploi sur les systemes pro et les réseaux) il est insensible aux virus et a toute forme d'attaques, nativement, et est moins bien bugué que windows.
La seule chose qui pêchait, jusqu'à a peu prés 2004, c'est sa facilité d'utilisation, justement parce que c'était un OS de pro qui se passaient très bien d'interface graphiques.
Cela a bien changé et vous pouvez essayer chez vous gratuitement une distrib ubuntu ou mint, sans rien installer ou en dual boot avec votre windows.

Pour finir, tous les systèmes de gestion du trafic routier en Europe sont a base de logiciels libres, et heureusement.
Windows n'est bon qu'a des applications bureautiques ou reseau de base (office, mail, internet) et encore, il vaut mieux utiliser open office qui est bien plus compatible, ou firefox, issu lui aussi de linux.

Il faut un quart d'heure pour apprendre a se servir de open office, de thunderbird ou de firefox quand on sait se servir de ms office, de windows mail ou outlook, et de IE.
Quant aux logiciels spécialisés ou sur mesure, ils ont tous un équivalent sous linux, qui souvent offre plus de possibilité et est toujours compatible avec les anciennes et futures versions.
Sinon, a condition que le fabricant mette a disposition ses sources, il y aura toujours moyen de l'adapter au nouveau systeme, a moindre cout.

En résumé, choisir linux pour un établissement public est un investissement qui se retrouvera a moyen terme, et encore plus a long terme, quand Microsoft changera encore de version.
Choisir windows est un choix timoré et a courte vue, pour ne pas déranger les habitudes, ne pas faire de vague, et ne surtout surtout pas paraitre original.
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Par Lennart
 Le 07/11/2010 à 16:53
Je ne cherche pas à prêcher pour tel ou tel système, c'est pour cela que je suis très sceptique quand il est affirmé "il est insensible aux virus et a toute forme d'attaques", pour les virus c'est à ma connaissance exact, mais à pour toute forme d'attaque que j'aurais aimé que cela soit vrai.
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Par torp
 Le 07/11/2010 à 20:27
Il ne faut pas mélanger les aspects usuels (convivialité), les qualités propre a tel ou tel OS, et l'éthique.
L'éthique de microsoft est inadmissible en tant que citoyen, et il y a suffisamment d'articles a ce sujet sur internet pour que je n'ai pas besoin de développer ici les effets de la vente liée ou de l'enfermement propriétaire.
Bon, alors, on peut dire qu'on se fout de l'éthique quand on est une entreprise because l'efficacité toussa.
Soit.
C'est déjà plus difficile a défendre quand on est responsable d'une collectivité territoriale censé être au service des citoyens et qui dépense l'argent de nos impôts.

Mais soit. Admettons que l'éthique n'a pas d'importance.

Parlons des qualités du systeme. Par exemple, la compatibilité avec les normes (POSIX, W3C,...) que windows ne respecte volontairement pas pour imposer "ses" standards, la non compatibilité avec une version plus ancienne (la aussi pour vous obliger a racheter une suite MS office pour lire vos anciens documents), la gestion anarchique des mises a jour, l'obligation d'avoir un antivirus séparé, d'avoir un firewall séparé, de defragmenter, de nettoyer le registre, d'acheter de nouveaux pilotes et parfois du nouveau matériel, etc etc Et ça sur chaque poste !

Reste la convivialité.
Et la, pour installer plusieurs systèmes libres par mois, il y a 20% d'habitude et 80 % de mauvaise foi.

Me dire qu'il faut 2 ans, ou même 2 mois pour passer de MS office a Ooo ou de outlook a thunderbird, est du mensonge pur et simple, et, oserai-je le dire, de la propagande.
L'installation / désinstallation d'un programme sous linux se fait par une interface unique, déconcertante quand on a l'habitude de ses .exe, mais infiniment plus conviviale quand on vous a montré le truc une fois (ce qui prend 5 mn, 10 si le client est un peu attardé).
Et je peux vous donner plusieurs pages d'exemples comme celui-là.

A l'heure actuelle, il n'y a aucune bonne raison pour garder du windows dans une collectivité territoriale, un organisme d'état, ou une association.

Enfin si, il y en a une: linux ne fait pas de pub, n'est pas une entreprise, ne cherche pas a gagner du fric mais a répandre les connaissances, et ne pratique pas de politique marketing agressive, ni de relations commerciales "rapprochées", je ne sais pas si je me fais bien comprendre, mais, de toute façon, ce n'est pas le cas ici, n'est-ce pas ?
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Par Lennart
 Le 08/11/2010 à 07:05
Malheureusement ce n'est pas tout blanc ou tout noir et pour une collectivité locale quelques milliers d'euros économisés sur ses systèmes de traitement de données peut lui couter plusieurs millions indirectement.

D'ailleurs j'en profite pour poser une question à "Le mag IT" à savoir si une étude sérieuse existe sur le nombre d'emplois directs et indirects générés par l'informatique "propriétaire" et l'informatique "libre" pour l'Europe et la France.
Que ce soit pour des emplois dans des centres de R&D installés sur nos territoires, de production, de maintenance et d'intervention sur site, plus naturellement tous les emplois indirects, sous traitant, prestataires et intérim.
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Par Lennart
 Le 08/11/2010 à 07:21
petit ajout suite à un copié/collé incomplet.

Et pour la R&D de l'informatique "libre" quels sont les principaux bailleurs de fonds permettant d'assurer les salaires des permanents des différentes fondations (Firefox, OpenOffice etc..).
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