Cloudwatt, choisi par Renater pour le projet de messagerie collaborative Partage

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Cloudwatt, choisi par Renater pour le projet de messagerie collaborative Partage

Mi-octobre, le projet de messagerie collaborative en mode cloud baptisé Partage, initié par Renater, le Réseau National de télécommunications pour la technologie, l’Enseignement et le Recherche en France, a pris un nouveau tournant : l’attribution à Cloudwatt, acteur du cloud à la Française (une co-entreprise entre Orange et Thalès, en partenariat avec la Caisse de dépôts) du lot n°2 de l’appel d’offres portant sur l’hébergement de l’infrastructure globale de ce programme.

Validé il y a deux ans par le GIP Renater, ce vaste projet Partage vise à proposer à l’ensemble des enseignants, chercheurs, personnels administratifs de l’enseignement et de la recherche et étudiants en France un outil collaboratif capable d’offrir des fonctions classiques d’une telle plate-forme : d’abord une messagerie email, mais également la synchronisation et le partage d’agenda pour mettre en place des outils de type Doodle (planification), le partage de fichiers et de calendriers. Bref, « pouvoir tirer profit du numérique dans la vie des étudiants », résument ainsi de concert Robert Ferret et Ludovic Ishiomin, tous deux en charge du service Partage pour Renater, dans un entretien avec la rédaction. Globalement, nous précisent-t-il, Partage a pour vocation d’offrir des comptes de messagerie à potentiellement 250 000 enseignants et chercheurs en France et quelque 2 millions d’étudiants.

Mais au-delà de cet aspect fonctionnel, cet ambitieux projet d’échange et de partage pour le secteur académique a également pour objectif de décloisonner l’infrastructure collaborative en place et qui reste encore aujourd’hui l’apanage de chaque établissement. En clair, aujourd’hui , chaque établissement dispose, ou pas, de son propre outil de messagerie, contribuant ainsi à créer un parc hétérogène, dont les solutions ne sont pas intéropérables, expliquent les deux responsables. Quand les solutions utilisées ne sont pas tout bonnement obsolètes. Partage vient proposer un socle unifié pour mutualiser « les efforts de développement et bâtir une plate-forme complète pour, à terme, proposer d’autres services numériques aux établissements ». En clair, mettre fin à cette approche en silo et éviter les actions isolées des établissements.

Et là est tout l’enjeu du projet. Car l’infrastructure, poursuivent-il, se doit d’être ouverte afin de s’interfacer aux SI des établissements qui feront le choix de se connecter à la plate-forme (les établissements ont en effet le choix), mais doit aussi offrir des services automatisés de provisioning de comptes, à partir d’un annuaire interne par exemple. L'IaaS de Cloudwatt servira ainsi de moteur cloud à cet édifice. Et la messagerie Zimbra de socle fonctionnel. Lors d’un premier lot de cet appel d’offres, les sociétés SCC et Netexia ont été retenues pour le déploiement de la plate-forme Zimbra, expliquent Robert Ferret et Ludovic Ishiomin. « Deux lots distincts pour ne pas être lié aux mêmes prestataires hébergement et métiers opérationnels et pouvoir changer ». Chaque lot est attribué pour 3 ans.

Si Zimbra a notamment été choisi pour sa capacité à être déployé à grande échelle et son champ fonctionnel, c’est également son ouverture et ses possibilités d’intégration au SI des établissements (notamment par le biais de ses « zimlets » ou ses API) qui ont séduit le groupe de réflexion - composé d’une dizaine de personnes -, en charge de sélectionner le socle collaboratif. « Tous paramètres pondérés, Zimbra était la meilleure solution », nous expliquent les deux responsables, mettant en avant le coût moins élevé de la plate-forme par rapport à Microsoft Exchange, par exemple. Avec Zimbra, Renater peut également ré-internaliser la prestation s’il le souhaite, commentent-ils.

L’ouverture est également l'un des critères qui ont motivé le choix de Cloudwatt, apprenons-nous, et notamment de sa fondation OpenStack, qui favorise la réversibilité des données. « Nous sommes capables d’exporter les données vers un autre fournisseurs IaaS », racontent-il, ajoutant avoir également la garantie que les données sont hébergées en France. Notons également que le datacenter de Cloudwatt, situé à Val-de-Reuil, en Normandie, hébergera la plate-forme Partage et qu’il est raccordé en direct au réseau Renater par fibre optique. Dans le cadre de ce lot, une dizaine de réponses ont été soumises, rapportent Robert Ferret et Ludovic Ishiomin (OVH n’y pas participé, par exemple). Le choix ne s’est également pas porté sur le cloud inter-universitaire UnivCloud dont les phases de déploiements viennent seulement de débuter. « Si UnivCloud avait existé au niveau opérationnel, nous aurions regardé », commentent-ils, rappelant que Renater participe aux démonstrateurs de ce projet en proposant les liaisons réseaux. « On continue à travailler pour le mettre en place en production », mais la production n’est pas encore à l’ordre du jour, lancent-ils.

Un lancement définitif début 2014

Une première mouture de Partage devrait être présentée lors des Journées Réseaux qui se dérouleront du 10 au 13 décembre à Montpellier. Cela marquera le lancement de la plate-forme. « Toutes les fonctions ne seront pas opérationnelles, mais la base le sera », résument Robert Ferret et Ludovic Ishiomin. Actuellement, huit établissements participent à un pilote et en décembre, un ou deux auront migré. L’objectif étant d’avoir une plate-forme définitive au premier trimestre 2014, date à laquelle les établissements pourront faire le choix de s’y connecter.

Une vingtaine seraient intéressés, nous confie-t-on, attirés par la mutualisation d’un composant messagerie. Pour l’heure, des petits établissements (un millier de boîtes aux lettres) souhaitent se raccorder très vite, car les coûts sont supportables et évitent notamment d’avoir à supporter la maintenance, concluent-ils. 

Ce contenu a été publié pour la première fois en novembre 2013

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