VMworld Europe : l'hyperviseur embarqué, nouvelle religion des constructeurs de serveurs

Dell, Fujitsu-Siemens, HP et IBM ont entamé joyeusement une danse de la virtualisation avec VMware en dévoilant hier, à l'occasion de VMworld Europe (qui se tient à Cannes), une liste impressionnante de serveurs pré-équipés de la version embarquée de l'hyperviseur ESX Server 3i.

Dell, Fujitsu-Siemens, HP et IBM ont entamé joyeusement une danse de la virtualisation avec VMware en dévoilant hier, à l'occasion de VMworld Europe (qui se tient à Cannes), une liste impressionnante de serveurs pré-équipés de la version embarquée de l'hyperviseur ESX Server 3i. Les annonces d'hier ne sont en fait qu'une réplique d'une première secousse datant de septembre dernier qui avait vu HP et Dell promettre l'arrivée de systèmes prêts à la virtualisation. L'idée d'embarquer un hyperviseur dans un serveur n'est pas nouvelle (IBM le fait depuis 40 ans dans ses mainframes). Elle a l'avantage de simplifier le déploiement de la technologie mais l'inconvénient de créer un risque de dépendance. Lorsqu'un serveur est vendu sans coût supplémentaire avec VMWare ESX Server 3i, la tentation devient grande d'utiliser l'outil, au risque de recréer une dépendance similaire à celle exercée par Microsoft avec la préinstallation de ses OS au cours des dix dernières années…

Ironiquement, les constructeurs espèrent vendre plus de machines en encapsulant un logiciel qui, à terme, devrait décimer leurs ventes. Chaque serveur virtualisé hébergeant en moyenne l'équivalent de 5 serveurs physiques, l'adoption des hyperviseurs devrait se traduire par une rapide érosion des ventes, à la manière de ce que l'on a connu dans le monde Unix. C'est en tout cas ce que prédisent de concert IDC et Gartner.

ESX Server 3i : 32 Mo de Flash font la différence

Quelle est la différence entre un serveur prêt à la virtualisation et un serveur classique ? En fait 32 Mo de Flash, l'espace nécessaire pour contenir l'hyperviseur embarqué de VMware, ESX Server 3i. Ce dernier est une version "allégée" d'ESX Server 3.5 dépourvue de la partition Linux habituellement utilisée pour administrer l'hyperviseur. Une console externe est donc nécessaire pour effectuer l'administration à distance de l'hyperviseur embarqué. Il est à noter que les fonctions avancées d'ESX Server, comme la migration dynamique de machines virtuelles, ne sont pas activées dans ESX Server 3i et qu'il faut acquérir une coûteuse clé de licence pour faire de l'hyperviseur embarqué l'égal de la version complète d'ESX Server. Pour l'utilisateur avancé, l'embarqué ne devrait donc pas changer grand chose à la facture finale.

Concrètement, chez HP, la différence entre les dix modèles prêts à la virtualisation et un serveur Proliant standard tient à la présence, dans le connecteur USB interne, d'une clé de mémoire Flash contenant ESX Server 3i. Les cyniques auront rapidement compris qu'avec un tel dispositif technologique, l'accord avec VMware ne restera pas exclusif très longtemps. En fait, HP prévoit de proposer plusieurs versions de sa clé USB miracle, dont une contenant l'hyperviseur XenServer de Citrix et une autre le futur Hyper-V de Microsoft. HP n'a pour l'instant pas précisé si ses serveurs virtualisés seront facturés plus chers que ses serveurs traditionnels. Un indicateur toutefois : avec la promesse de Microsoft de facturer Hyper-V à 50 $ par machine lors de sa sortie, il sera difficile à la firme de Palo Alto d'ajouter plus que ces 50 $ à son tarif catalogue. Et ce, même si le prix officiel de VMware ESX Server 3i au catalogue de VMware s'élève à 366 €...

Pas de surcoût pour l'hyperviseur embarqué chez Dell

Chez Dell, pas de clé USB, mais un module Flash interne, qui permet à son serveur dédié à la virtualisation, l'appliance Veso, de démarrer directement sous ESX Server 3i. Particularité de Veso, le serveur est motorisé par un couple de processeurs Opteron quadri cœur et dispose de deux fois plus d'emplacements pour barettes de mémoire Dimm qu'un serveur Dell traditionnel. Cette "innovation" devrait permettre aux entreprises de gaver leurs serveurs virtualisés en mémoire, en utilisant des barettes de moindre capacité (par exemple des 4 Go en lieu et place des très coûteuses barettes 8 Go). Autre avantage par rapport aux serveurs Intel concurrents, la mémoire DDR reste sensiblement moins coûteuse et moins gourmande en énergie que les barettes FB-Dimm utilisées par les serveurs Xeon. Des petits détails, mais qui au sein d'une ferme de serveurs, devraient amener de sensibles économies. Pour ne rien gâter, Dell indique que l'inclusion d'ESX Server 3i se fera sans surcoût. Gageons que la firme étendra cette gratuité aux autres hyperviseurs.

Parmi les autres constructeurs de serveurs, IBM promet pour "bientôt" (en principe dans les deux prochains mois) des serveurs lames incorporant la version embarquée d'ESX Server (rappelons que Big Blue a été l'un des premiers à supporter de façon industrielle l'hyperviseur classique de VMware), tandis que Fujitsu Siemens annonce la disponibilité immédiate des Primergy RX330 S1 et RX300 S4 incorporant l'hyperviseur "allégé". Notable absent, Sun annonce de son côté avoir enfin noué un accord OEM avec VMware (jusqu'alors la firme était un simple revendeur), ce qui devrait lui permettre de rivaliser en matière de tarifs et de support avec ses concurrents. Reste que la firme de Mountain View est le seul constructeur de serveurs à développer son propre hyperviseur, xVM Server (en fait une version de Solaris incorporant l'hyperviseur Xen et capable d'accueillir des systèmes clients Windows, Linux et Solaris). xVM server est attendu en version finale pour le mois de juin. Il est donc peu probable que Sun cède à la mode de l'hyperviseur embarqué tiers, tout au moins avant d'avoir donné sa chance à son propre produit.

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