Les professionnels de l’IT appellent à l’ouverture de Mac OS X à VDI

Apple n’autorise pas la virtualisation de postes de travail Mac OS X. Mais les professionnels des systèmes d’information ont trouvé de nouvelles raisons pour justifier le support d’une telle possibilité. Et ils apprécieraient d’être entendus par Apple.

L’information récente du support du système d’exploitation serveur d’Apple par vSphere 5 [sur matériel Apple exclusivement, NDLR] a suscité la curiosité : Apple étendra-t-il le support de la virtualisation à son OS client  ?

«Il y a désormais un pont entre VMware et Apple qui n’existait pas précédemment. Et une fois que la circulation sera ouverte sur ce pont, cela ouvrira la voie à d’autres possibilités », estime Eugene Alfaro, architecte VDI et directeur de l’ingénierie SI de Cornerstone Technologies, à San Jose, en Californie.

La possibilité de virtualiser des Mac serait bien pratique pour les DSI, et tout particulièrement pour ceux qui pratiquent le «bring-you-own-PC» et permettent donc à leurs utilisateurs de choisir leur équipement : dans ces entreprises, de nombreux employés préfèrent les Mac aux PC. «Même s’il n’y a qu’une petite population d’utilisateurs de Mac et une forte population d’utilisateurs de clients légers, portables et ordinateurs de bureau Windows, le parc de Mac nécessite de la maintenance. Et cette maintenance doit se faire séparément », explique-t-il.

Mais si Mac OS X pouvait être virtualisé avec des outils de VDI, les DSI pourraient administrer leurs parcs Windows et Mac OS de la même manière. Et l’on peut présumer que la demande pour un tel support grandisse parallèlement à l’adoption des Mac en entreprise. D’ailleurs, selon l’analyste d’IDC Ian Song, les terminaux Apple font progressivement leur chemin dans les entreprises - en particulier les MacBook - grâce à leurs dirigeants qui choisissent des matériels Apple pour leurs usages personnels.

Au cours de premier trimestre 2011, aux États-Unis, Apple s’est octroyé 9,3 % de part du marché des ordinateurs personnels, contre 7,3 % un an plus tôt, selon le rapport Gartner des livraisons trimestrielles d’ordinateurs personnels. Une croissance de l’ordre de 19 % alors que HP (26 %) a enregistré un recul de 2,5 % de ses ventes en volume - contre 12 % pour Dell (à 22 %). Dans cette étude, Gartner ne distingue pas le marché professionnel du marché grand public. Il est donc difficile de dire si les machines Apple entrent effectivement dans les entreprises. Mais, pour les DSI, il est généralement sûr que la présence de la firme à la pomme se renforce.

«Le Mac est en train de devenir un citoyen de premier ordre », assure Michael Oh, fondateur du cabinet de conseil IT Tech Superpowers de Boston, un spécialiste des produits Apple. «La part des Mac en entreprise reste clairement faible. Et lorsque vous vous promenez au milieu des cubicles d’une grande entreprise, vous voyez principalement des machines Windows. Mais nous voyons des personnes apporter des Mac dans l’entreprise », assure-t-il, «les DSI et les Pdg; les personnes qui prennent les décisions d’achat ».

La licence Apple interdit la virtualisation

Bien que, techniquement, les solutions VDI peuvent abstraire Mac OS des matériels Apple, les conditions de licence d’Apple interdisent sa virtualisation. Apple n’a pas répondu à une demande de commentaire poar téléphone et, dans un email, nous a renvoyé à sa politique de licence.

Selon les conditions de licence de Mac OS X, tous les composants des logiciels Apple sont fournis sous la forme d’un ensemble dont ils ne peuvent pas être séparés pour être distribués sous la forme d’applications autonomes.

Certains pensent que ces règles ne sont pas prêtes de changer, parce que le volet logiciel de l’activité d’Apple facilite son volet matériel et qu’Apple est une entreprise de matériel. En outre, Apple s’est déjà engagé sur cette voie par le passé, à son détriment.

De fait, avant que Steve Jobs ne revienne chez Apple en 1996, le groupe a licencié Mac OS à des constructeurs tiers : «Mac OS est devenu une commodité et sa valeur a décru », estime Song. «Et si Apple perd l’avantage sur le matériel, il ne peut plus garantir l’expérience utilisateur. Il ne fera pas cette erreur une seconde fois.»

La seule façon pour une entreprise de garantir l’expérience utilisateur est de conserver la propriété sur son logiciel et son matériel. Et puisque les postes de travail virtualisés n’apportent pas une expérience utilisateur «native», en particulier en ce qui concerne l’accélération graphique, il est très peu probable qu’Apple autorise l’utilisation de ses systèmes d’exploitation dans une infrastructure VDI, avant longtemps, selon Song.

Mais bien qu’il n’existe pas de moyen légal pour faire fonctionner un OS client d’Apple sur des terminaux Windows, il existe de nombreuses façon de faire l’inverse. Citrix a récemment lancé son client Mac, Citrix Receiver, et VMware a présenté un client View pour iPad. Quest Software propose en outre un client Mac supportant ses solutions VDI et Terminal Server. 

Les professionnels de l’informatique peuvent également utiliser un hyperviseur de type 2 tel que VMware View Local Mode ou Moka Five sur des Mac pour faire fonctionner des environnements Windows. Des produits qui peuvent être intégrés à des suites d’administration.

Citrix avance en parallèle pour supporter les machines Apple pour XenClient, son hyperviseur de type 1. Mais cela ne sera pas effectivement le cas avant 2012, selon Song. Si jamais cela survient.

VMware Fusion, Parallels Workstation et VirtualBox ont également des versions Mac de leurs produits Windows. 

Par Bridget Botelho, chef de rubrique chez SearchVirtualDesktop. Adapté de l’anglais par la rédaction.

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